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Lyon-Turin : le premier tunnelier pour le creusement du tunnel en Italie dévoilé

Avec ses 13 moteurs, une roue de coupe de plus de 10 mètres de diamètre et ses 200 mètres de long, le premier tunnelier du chantier de la future liaison ferroviaire Lyon-Turin va commencer à creuser côté italien. L’impressionnante machine a été réceptionnée et présentée mercredi en Allemagne.

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Écrit par Marie-Astrid Roy
Publié le 16 mars 2026

Le premier des deux tunneliers qui doivent forer les Alpes côté italien, sur le chantier de la future liaison ferroviaire Lyon-Turin, a été réceptionné mercredi en Allemagne, où il a été construit pour le compte du groupement d’entreprises UXT (Itinera, Ghella et Spie Batignolles), a indiqué dans un communiqué l'entreprise franco-italienne Telt, chargée de la réalisation et de la gestion de la section transfrontalière du projet.

Une étape cruciale pour le projet qui entre désormais dans une nouvelle phase opérationnelle également du côté italien, alors que le gigantesque tunnel franco-italien est attendu pour la fin 2033.

La cérémonie de réception, symbolisée par la mise en rotation de la roue de coupe du tunnelier, s’est déroulée en présence de Daniel Bursaux et Maurizio Bufalini, respectivement président et directeur général de TELT. Le ministre français des Transports, Philippe Tabarot, et le vice-président du Conseil des ministres et ministre italien des Transports et des Infrastructures, Matteo Salvini, sont intervenus à distance.

 

Une méga-machine qui construit le tunnel en le creusant

Il s’agit d’une machine aux dimensions exceptionnelles : la tête de coupe est haute comme un immeuble de trois étages (10 mètres de diamètre), sa longueur est équivalente à deux terrains de football alignés (235 mètres) et elle pèse plusieurs milliers de tonne, soit autant qu’une dizaine de Boeing 747.

Le tunnelier sera transféré vers le chantier de Chiomonte, dans la vallée de Suse, où il commencera à creuser la partie italienne du tunnel de base du Mont-Cenis, au cœur du chantier. Pour cela, il devra être démonté, transporté pièce par pièce, et remonté sur les lieux avant d'entamer sa descente dans la montagne en 2027.

10 mètres par jour

Outre la roue de coupe, le tunnelier est équipé d’un bouclier extérieur qui protège à la fois le personnel et la machine pendant l’excavation. Ce bouclier permet également d’installer en toute sécurité les voussoirs préfabriqués qui formeront progressivement le revêtement du tunnel.

La méga-machine a été conçue en version bimode – un système permettant un creusement régulier et continu - de manière à creuser dans des conditions géologiques variées sous des couvertures pouvant atteindre 2 000 mètres de roche, soit tant dans la roche dure que dans des terrains meubles plus complexes et sous nappe.

Entraînée par 13 moteurs, elle devrait progresser d'environ 10 mètres par jour. De quoi permettre « d'accélérer le creusement du tube sud du tunnel de base, rejoignant le travail déjà réalisé du côté français », selon le communiqué.

À terme, sept tunneliers seront mobilisés pour réaliser simultanément environ 75 % des excavations du tunnel de base : cinq en France où 145 kilomètres de montagne doivent être percés et deux du côté italien où 12,5 kilomètres de tunnel sont à creuser.

Fin février, plus de 47 km de galeries ont été excavés au total, dont plus de 20 km du tunnel de base, soit environ 29 % des 164 km de galeries prévus pour l’ouvrage : une infrastructure complexe composée de deux tunnels ferroviaires parallèles, de 4 descenderies et de 204 rameaux de communication de sécurité.

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