TRANSPORTS – Artesia : fin de l’alliance entre la SNCF et Trenitalia

Par Lepetitjournal Milan | Publié le 03/03/2011 à 00:00 | Mis à jour le 14/11/2012 à 11:30

La persistance des difficultés dans les liaisons ferroviaires entre la France et l'Italie avait déjà prouvé l'existence d'un malaise profond entre la SNCF et Trenitalia : le divorce est désormais prononcé, Artesia cessera d'exister à la fin de l'année 2011

Voilà les passagers des trains qui assurent la liaison entre la France et l'Italie confrontés à un autre épisode de la bataille du rail. Car dernièrement, les signes de tension n'avaient pas manqué, allant de l'interruption des réservations TGV entre Paris, Turin et Milan au cours de l'été 2010 à la limitation plus récente de la circulation de certains TGV au seul parcours français pour des raisons techniques (suite à l'introduction en Italie d'un nouveau système de signalisation, certaines rames des TGV français ne sont plus conformes et la mise aux normes est longue et coûteuse). Les transbordements par bus avaient suscité un mécontentement général des usagers et les autorités locales avaient exprimé leur inquiétude face aux risques possibles d'un divorce entre la SNCF et Trenitalia. Inquiétudes fondées, puisque les deux opérateurs nationaux ont décidé d'un commun accord de mettre fin à leur partenariat au sein d'Artesia, la société qui gère depuis 1995 les liaisons ferroviaires France-Italie et exploite actuellement les lignes Paris-Florence-Rome, Paris-Milan-Venise et les TGV Paris-Turin-Milan. L'annonce officielle a été faite mi-février.

(photo lepetitjournal.com)

Vers une multiplication de l'offre ?
Cette rupture du partenariat entre la SNCF et Trenitalia s'explique par l'entrée en vigueur de la directive européenne ouvrant le marché des liaisons ferroviaires à la concurrence. La SNCF est donc arrivée sur le marché italien en acquérant 20 % des parts de Nuovo Trasporto Viaggiatori (NTV), le premier opérateur privé en Italie, qui devrait desservir neuf villes italiennes le long de deux lignes, Turin-Salerne et Venise-Rome, dès septembre 2011, concurrençant  ainsi le groupe Ferrovie dello Stato sur les lignes nationales à grande vitesse. Pour sa part, la société Trenitalia Spa n'a pas manqué de réagir en s'associant avec Veolia Transport et annonce la mise en service de trains de nuit reliant Paris-Florence-Rome et Paris-Milan-Venise à partir de l'automne 2011, ainsi que des liaisons de jour entre Lyon, Chambéry et Turin. Et comme la SNCF annonce sa décision d'exploiter toute seule la ligne TGV entre Paris, Turin et Milan à partir de janvier 2012 en mettant fin aux irrégularités du service, les grands gagnants de cette concurrence devraient être les usagers? Seule ombre au tableau, le trafic local : les quatre trains (dans un deuxième temps, en fonction du trafic, leur nombre devrait passer à six) qui effectueront la liaison à grande vitesse entre Milan et Turin ne s'arrêteront plus à Novara, Vercelli, Sauze d'Oulx et Bardonecchia. Les travailleurs pendolari devront donc trouver une autre solution?
Christine Correale (www.lepetitjournal.com/Turin) mardi 15 mars 2011

Pour en savoir plus, lire nos articles TRANSPORTS ? Inquiétudes pour la liaison TGV Paris-Turin-Milan et ECONOMIE ? L'accord SNCF - NTV pourrait remettre le transport ferroviaire italien sur les rails

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