Le parlement italien a définitivement adopté la loi-cadre autorisant le gouvernement à relancer la production d'énergie nucléaire dans le pays. Le projet de loi soutenu par le gouvernement de Giorgia Meloni, et plébiscité par les industriels, vise à répondre aux impératifs de décarbonation, à la flambée des coûts énergétiques et à renforcer la souveraineté énergétique de l’Italie.


Près de quarante ans après le référendum qui a éteint définitivement les centrales nucléaires en Italie suite à la catastrophe de Tchernobyl, le parlement a adopté le projet de loi porté par le gouvernement Meloni pour relancer l’atome dans le pays.
L’exécutif salue un « jour historique ». Mais la route vers le retour du nucléaire made in Italy reste encore longue. En effet, la loi votée le 23 septembre donne au gouvernement un an pour définir un cadre légal permettant le retour de l’atome : construction et mise en exercice des centrales, gestion des déchets radioactifs et sécurité, institution des organes de contrôles, promotion de la recherche et production d’hydrogène grâce à l’atome.
Le gouvernement italien table sur un calendrier ambitieux avec une mise en service des premiers réacteurs en 2033. Côté technologie, Rome déclare sans surprise sa préférence pour les petits réacteurs modulaires (SMR) ou de quatrième génération (AMR), et non les grandes centrales nucléaires du passé. Une technologie de pointe sur laquelle se concentre la recherche de la startup franco-italienne Newcleo fondée en 2021 par le physicien italien Stefano Buono. Aujourd’hui, la pépite du nucléaire met le cap sur Wall Street à la recherche de financements en vue de la construction d’une usine de fabrication de combustible et celle d’un premier réacteur.
Renforcer la souveraineté énergétique de l’Italie par le nucléaire
Sur les réseaux sociaux, la première Ministre Giorgia Meloni salue « un choix courageux et de bon sens » qui doit garantir « une plus grande sécurité énergétique », mais aussi « une réponse concrète à la demande d’électricité » destinée à augmenter « avec les data center et l’intelligence artificielle ». Aujourd’hui, l’Italie est encore fortement dépendante de ses voisins européens en important de l’électricité produite par les centrales françaises et suisses. Une dépendance qui pèse lourd sur les factures des ménages en période de crises internationales.
Associé aux énergies renouvelables, le retour de l’atome vise aussi à répondre aux objectifs climatiques européens de décarbonation à horizon 2050.
Une technologie encore incertaine
Cette loi n’alloue cependant pas d’argent pour la construction. Or, selon des estimations de l'industrie citées par l'agence de presse américaine AP, un seul réacteur de 300 mégawatts pourrait coûter entre 3 et 6 milliards d'euros, hors infrastructures et raccordement au réseau. Les investissements s’annoncent donc urgents et conséquents.
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