Mardi 28 septembre 2021
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L’accord de cession des Chantiers navals à Fincantieri prêt à capoter

Par Lepetitjournal Milan | Publié le 29/12/2020 à 21:30 | Mis à jour le 29/12/2020 à 21:30
Photo : Port-St Nazaire - @Ph. Saget | Commons wikimedia
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Le projet de rachat des Chantiers navals de l’Atlantique par le groupe italien Fincantieri est bloqué à quai depuis plusieurs mois, et risque de tomber à l’eau.

Le projet de cession des Chantiers de l’Atlantique à Fincantieri prévoit que l’opération soit finalisée avant le 31 décembre. Or, sauf surprise, la vente risque de chavirer. Avant cette date, le groupe public italien doit en effet fournir à la Commission européenne les réponses aux questions posées dans le cadre de son enquête sur l’impact de la vente pour la concurrence dans le secteur de la construction navale. Le délai a déjà été repoussé à quatre reprises, si une nouvelle prorogation n’est pas octroyée avant jeudi, l’accord de cession capotera.

Du côté italien, « Nous estimons avoir fait tout ce que nous devions et pouvions faire », a expliqué un porte-parole de Fincantieri.
Le constructeur naval de Saint-Nazaire (ex-STF France), spécialisé dans les paquebots et navires militaires géants, avait été détenu pendant des années par des Coréens. Aujourd’hui l’entreprise est détenue par l’État français (84,3% du capital), Naval Group (11,7%), les salariés (2,4%) et des sociétés locales (1,6%). Depuis 2017, le projet de cession prévoit la vente par l'Etat français de 50 % du capital des Chantiers de l'Atlantique à son concurrent italien.

Le dossier est stratégique dès lors que trois chantiers se partagent le marché européen - les Chantiers de l’Atlantique, Fincantieri et l’allemand Meyer Werft – face à la concurrence asiatique. Pour autant, l'italien a scellé une alliance avec le géant chinois de la construction navale CSCC, dans la perspective de faire construire des paquebots destinés spécifiquement au marché de la croisière en Asie, dans ses propres chantiers.

Soulagement des salariés

Le naufrage de l’accord devrait réjouir les salariés (3.100employés) et certains élus de Loire-Atlantique opposés à cette vente qui feraient passer les Chantiers de l'Atlantique sous pavillon italien.  Ces derniers craignent que Fincantieri partage le savoir-faire français avec son allié chinois, dans ce secteur stratégique de la construction navale civile et militaire.

Selon un rapport d'information publié fin octobre, les sénateurs français de la commission des Affaires économiques estimaient que « le silence de Fincantieri semblait témoigner de l'hésitation du groupe italien à poursuivre » le projet de rachat. Le directeur général des Chantiers, Laurent Castaing, avait en outre déclaré devant ces mêmes sénateurs qu'« il est impensable d'évoquer la moindre solution de remplacement compte tenu de nos relations avec l'Italie ».

Sur le plan militaire, la collaboration de Fincantieri avec le français Naval Groupe est en revanche opérationnelle depuis janvier 2020, avec la création de la coentreprise franco-italienne Naviris destinée à renforcer la défense navale européenne.

 

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