En Italie, près d’une mère sur deux ne travaille pas. Le rapport “Les équilibristes 2026” élaboré par Save The Children observe le poids d’une maternité toujours plus complexe en Italie, alors que le taux de fécondité est au plus bas.


En Italie, la natalité est en baisse, mais la charge d'avoir un enfant repose presque exclusivement sur les femmes. C'est ce qu’observe le rapport de Save the Children, « Les équilibristes 2026 – la maternité en Italie », qui s'ouvre sur les chiffres de la natalité de 2025. Quelque 355 000 naissances ont été recensées l’année dernière, soit une diminution de 3,9 % par rapport à l'année précédente. Quant au taux de fécondité, il a chuté à 1,14 enfant par femme, un niveau historiquement bas. Alors que la crise démographique s'aggrave depuis des décennies, la maternité devient de plus en plus difficile, notamment pour celles qui doivent concilier maternité, travail et indépendance.
Taux d’emploi en baisse
En témoigne les chiffres sur le taux d’emploi des femmes, avec et sans enfants. Parmi les femmes âgées de 25 à 54 ans, 68,7 % occupent un emploi. Ce taux chute à 63,2 % chez celles qui ont au moins un enfant mineur et à 58,8 % chez celles qui ont deux enfants mineurs ou plus. A contrario, chez les hommes, le taux d’emploi passe de 78,1 % pour ceux sans enfant à 92,8 % pour ceux qui en ont.
Et la situation se complexifie pour les parents de jeunes enfants : parmi les mères d’au moins un enfant d’âge préscolaire, le taux d’emploi s’établit à 58,2 %, soit un peu plus d’une femme sur deux.
Si la naissance d'un enfant marque souvent un tournant important dans le parcours professionnel des femmes, le rapport souligne une « pénalité familiale » de 33% en Italie, taux qui mesure l'impact sur le taux d'activité, les salaires et les perspectives de carrière.
La situation empire dans toutes les régions de la Botte mais reste diffère malgré tout selon les territoires. Parmi les mères ayant au moins un enfant mineur, le taux d'emploi est de 73,1 % dans le Nord, de 71 % dans le Centre et tombe à 45,7 % dans le Sud.
Parmi les mères qui travaillent, le temps partiel reste une réalité structurelle : 32,6 % des femmes âgées de 25 à 54 ans ayant des enfants mineurs travaillent à temps partiel, et dans plus d’un cas sur dix, ce mi-temps est involontaire (11,7 %). Chez les pères, ce pourcentage est nettement inférieur (3,5 %).
Résultat, les salaires des mères diminuent, surtout dans le secteur privé, selon le rapport. Après la naissance d’un enfant, elles peuvent subir une baisse de salaire allant jusqu’à 30 %. Cette pénalité existe également dans le secteur public, bien que dans une moindre mesure (environ 5 %), mais reste significative.
Report de la maternité
Dans ce contexte, la maternité est non seulement difficile à atteindre, mais aussi reportée. En 2025, en Italie, l'âge moyen à la maternité était de 32,7 ans (contre 31 ans en France), et l'âge moyen à la première grossesse approche les 32 ans (29,1 ans en France), soit environ sept ans de plus qu'au milieu des années 1970.
Outre les effets de l'évolution culturelle, cet écart d'âge reflète des changements sociaux : près d'une femme sur quatre âgée de 25 à 34 ans déclare ne pas être en mesure de concilier vie professionnelle et vie familiale. L'indépendance en matière de logement, principalement pour des raisons économiques, joue également un rôle important. En Italie, les femmes quittent le domicile familial en moyenne à 30,1 ans, contre 26,2 ans en moyenne dans l'UE. Et 81 % des jeunes de 20 à 29 ans vivent encore chez leurs parents dans la Péninsule, contre 54 % en Europe.
Des futures mères qui quittent l’Italie
Parallèlement, la mobilité s'accroît, notamment chez les jeunes femmes. Chez les moins de 35 ans, les migrations internationales et internes sont en hausse : en dix ans, entre 2014 et 2024, l'émigration a augmenté de 125 %, représentant près d'une jeune femme sur dix.
L’Italie compte 750.000 jeunes de moins qu’il y a 10 ans, surtout au Sud
Plus inquiétante encore est la mobilité interne : plus de 200 000 personnes de moins de 35 ans originaires du sud de l'Italie ont quitté le pays pour le centre-nord au cours de la dernière décennie, accentuant le déclin démographique du sud, où la natalité a diminué de 5 % en 2025.
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