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Biennale de Venise 2026 : les grandes expositions à voir

Au-delà de la Biennale, Venise se transforme en un véritable labyrinthe d'art international. Voici notre guide pour vous guider à travers les expositions incontournables qui animent la Sérénissime, de Marina Abramović à Georg Baselitz.

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Écrit par Marie-Astrid Roy
Publié le 6 mai 2026

Venise, véritable labyrinthe de ruelles et de canaux, se transforme en musée à ciel ouvert pendant la Biennale. Musées, palais, fondations et espaces indépendants : l'art envahit chaque recoin de la ville. Notre sélection des expositions et artistes du monde entier.
Cette sélection n'inclut ni l'exposition permanente ni les pavillons nationaux, aux Giardini et à l'Arsenale.

 

Gallerie dell’Accademia – Marina Abramović 

L'artiste performeuse Marina Abramović célèbre son quatre-vingtième anniversaire avec une importante rétrospective. L'exposition, intitulée « Transformer l'énergie », établit un dialogue entre les œuvres historiques de l'artiste serbe et les pièces de la Renaissance conservées au musée vénitien. Le point d'orgue de cette démarche juxtapose deux Pietà : l'une du Titien (1576-1577) et l'autre d'Abramović et Ulay (1983). L'exposition présente également plusieurs installations explorant le pouvoir énergétique des cristaux, l’un des thèmes de prédilection actuels de l'artiste.
Jusqu’au 19 octobre 2026 - Calle della Carità, Dorsoduro 1050 


Collection Peggy Guggenheim – Peggy Guggenheim à Londres, naissance d’une collectionneuse

L'exposition présentée au Palazzo Venier dei Leoni, demeure historique de la collectionneuse américaine et aujourd'hui siège de la Collection Peggy Guggenheim, retrace les dix-huit mois d'existence de sa galerie londonienne, Guggenheim Jeune. Inaugurée en janvier 1938 par une exposition consacrée à Jean Cocteau, Guggenheim Jeune s'inscrit dans un contexte de profond renouveau de l'art britannique. L'exposition vénitienne réunit des œuvres d'artistes de renom tels que Kandinsky, Tanguy et Henry Moore. 
Jusqu’au 19 octobre 2026 - Palazzo Venier dei Leoni, Dorsoduro 701 

 

installations art
Amar Kanwar, The Torn First Pages, 2004-2008, Collection of the artist. Installation view Amar Kanwar. Co-travellers, 2026 Ph. Marco Cappelletti Studio © Palazzo Grassi, Pinault Collection

Palazzo Grassi, Collection Pinault – Michael Armitage & Amar Kanwar 

La Collection Pinault a choisi de présenter deux expositions au Palazzo Grassi en 2026 : une grande exposition monographique consacrée au peintre kenyan Michael Armitage (Nairobi, 1984) et une section plus petite présentant les œuvres du réalisateur indien Amar Kanwar (New Delhi, 1964).

Armitage présente au Palazzo Grassi un ensemble de quarante-cinq toiles, comprenant des œuvres anciennes et récentes, ainsi qu’une centaine d’études. Celles-ci révèlent la richesse et la sensibilité de son langage pictural, où figures et compositions complexes se déploient avec une remarquable intensité chromatique, unissant divers canons esthétiques. Le peintre n’hésite pas à aborder des thèmes violents et difficiles, convaincu que l’art ne peut ignorer la réalité mais doit au contraire l’embrasser : les conséquences de la guerre, la corruption et l’instabilité dans les régions équatoriales, la crise migratoire, le poids des regards et les abus de pouvoir constituent la toile de fond de certaines de ses œuvres les plus émouvantes.

Dans une exposition conçue par Jean-Marie Gallais, Amar Kanwar présente deux installations multimédias majeures - The Torn First Pages (2004-2008) et The Peacock’s Graveyard (2023) , au deuxième étage du Palazzo Grassi. Caractérisé par une approche poétique et philosophique des enjeux individuels, sociaux et politiques, cet artiste indien crée un espace à la croisée de l'art, du documentaire et de l'activisme. Ses installations invitent à une expérience méditative de la nature humaine, alliant intensité visuelle, engagement et profondeur narrative.
Jusqu’au 10 janvier 2027 - Campo San Samuele, San Marco 3231 

 

installation Lorna Simpson
(floor) Lorna Simpson, Vibrating cycles, 2026, Courtesy of the artist and Hauser & Wirth. (wall, from left to right) Lorna Simpson, Night Fall, 2023, Private Collection; Thin Bands, 2019, Courtesy of the artist and Hauser & Wirth; Time, 2021, Private Collection; Howling, 2020, Gina and Stuart Peterson Collection. Installation views, Lorna Simpson. Third Person, 2026, Punta della Dogana, Venezia. Ph. James Wang © Palazzo Grassi, Pinault Collection

Punta della Dogana – Lorna Simpson & Paulo Nazareth 

Punta della Dogana accueille également une double exposition : celle de Lorna Simpson (Brooklyn, 1960) au rez-de-chaussée et de Paulo Nazareth (GovernadorValadares, 1977) au premier étage.

L’exposition personnelle de Lorna Simpson constitue la présentation la plus importante de l’œuvre de l’artiste en Europe depuis plus d’une décennie, avec un accent particulier sur sa pratique picturale.

S'étant déjà révélée au milieu des années 1980 par son approche novatrice de la photographie conceptuelle, Lorna Simpson n'a jamais cessé d'explorer de manière critique les mécanismes de la construction de l'image.
L'exposition s'articule autour de trois thèmes principaux. Elle s'ouvre sur un premier ensemble de compositions imprégnées de figures énigmatiques, d'échos historiques et de tensions politiques évoquant les soulèvements et leur répression. Elle se poursuit avec une série de panoramas arctiques, recréés à partir d'archives d'expéditions, qui se déploient dans des palettes de bleus nocturnes et de gris glacés, conférant à ces paysages sombres une dimension suspendue, irréelle. Depuis près de quinze ans, le collage occupe une place centrale dans le processus créatif de Simpson, et l'exposition en témoigne par une installation réunissant quarante collages.
L'exposition met en lumière la richesse d'un langage conceptuel et visuel aux multiples facettes, qui accorde une grande importance à l'intuition. L'artiste explore la mémoire collective, le poids des stéréotypes et les mécanismes d'effacement, offrant des prismes critiques pour réinterpréter plus d'un demi-siècle d'histoire.

À l'étage, la Collection Pinault présente la pratique de l'artiste brésilien d'origine africaine Paulo Nazareth, une pratique fondée sur le concept de précepte et qui se révèle extrêmement processuelle.
Le projet d'exposition s'appuie sur l'importante présence des œuvres de Nazareth dans la Collection Pinault et comprend un noyau d'œuvres inédites, réunissant plus de vingt ans de pratique artistique et transformant l'espace d'exposition de l'ancien bâtiment des douanes. L'exposition ne suit ni un ordre chronologique ni un ordre thématique, mais s'inscrit dans un continuum, une distillation d'une performance artistique et sociale en cours tout au long du parcours. Au cœur de cette performance se trouve Notícias de América, issue de la collection Pinault, qui retrace le périple de dix mois de Nazareth du Brésil à New York. Photographies, textes et Havaianas usées témoignent de moments où identités et frontières s'entrechoquent, offrant un récit direct de la migration, à la fois expérience vécue et fiction construite.
Jusqu’au 22 novembre 2026 - Dorsoduro 2 

 

Hleter Skelter Biennale Venise
Exhibition view of “Helter Skelter: Arthur Jafa and Richard Prince”Photo: Andrea Rossetti Courtesy Fondazione Prada Arthur Jafa Viriconium, 2026

Fondazione Prada – Arthur Jafa & Richard Prince 

Au siège vénitien de la Fondazione Prada, la splendide Ca’ Corner della Regina, est inaugurée la comparaison entre deux des plus grands artistes américains : Arthur Jafa (Tupelo, 1960) et Richard Prince (Zone du canal de Panama, 1949). Nés à dix ans d'intervalle, Jafa et Prince partagent une approche radicale de l'appropriation et de la manipulation d'images issues de films, de romans populaires, de bandes dessinées, de vidéos YouTube, de récits de science-fiction, de pochettes de disques, d'affiches de groupes de rock, de premières éditions d'ouvrages de la Beat Generation, de reportages, d'objets de collection de célébrités et de publications sur les réseaux sociaux.
S'inspirant largement de la culture populaire américaine, les deux artistes en exposent la vulgarité et les tromperies, tout en s'appropriant ses mythes et ses perversions. « Helter Skelter » se déploie au rez-de-chaussée et au premier étage du palais vénitien à travers 50 œuvres, exposées comme une série de juxtapositions thématiques et conceptuelles.
Jusqu’au 23 novembre 2026 - Calle Corner, Santa Croce 2215

 

Fondazione Giorgio Cini – Georg Baselitz, Eroi d’Oro

L'exposition à la Fondation Giorgio Cini, sur l'île de San Giorgio Maggiore, présente à Venise la dernière série de toiles grand format de l'artiste allemand Georg Baselitz, décédé il y a quelques jours à l’âge de 88 ans. Les aplats dorés qui forment les fonds des œuvres exposées ne créent aucune illusion de profondeur ; ils instaurent une planéité qui évoque les icônes médiévales ou les fonds dorés des œuvres du peintre de la Renaissance nordique Stefan Lochner. Les corps peints par Georg Baselitz, exécutés avec des lignes nettes, se détachent nus sur ces fonds, comme en suspension. Parmi les œuvres exposées figurent des autoportraits de dimensions impressionnantes, ainsi que de nombreuses représentations d'Elke, l'épouse de l'artiste, sa compagne de toujours et modèle récurrent dans son œuvre.
Jusqu’au 27 septembre 2026 - Isola di San Giorgio Maggiore 

 

Fondation Dries Venise
The Only True Protest Is Beauty, Fondazione Dries Van Noten, Venezia, 2026. Photo Matteo De Mayda

Fondazione Dries Van Noten – The Only True Protest Is Beauty 

A Palazzo Pisani Moretta, affacciato su Canal Grande, lo stilista belga Dries van Noten ha aperto la sua Fondazione fin avril. La prima mostra è una summa estetica: Distribuita in 20 sale del palazzo, riunisce oltre 200 opere tra moda, gioiello, arte contemporanea, fotografia, vetro e ceramica, esplorando il concetto di bellezza come strumento critico capace di mettere in discussione norme e convenzioni. Tra i lavori presentati figurano creazioni couture di Christian Lacroix e del marchio Comme des Garçons, fotografie di Steven Shearer e sculture di Joyce J. Scott e Peter Buggenhout. Saranno presenti anche i lavori dello stilista palestinese emergente Ayham Hassan, esposti accanto alle ceramiche di Rebecca Manson e Kaori Kurihara.
Jusqu’au 4 octobre 2026 - Palazzo Pisani Moretta, San Polo 2766 

 

Dunes de sable
Repatriates Collective, “From My Mother’s Country”, 2026. Vista della mostra “Tide of Returns”, Ocean Space, Venezia. Commissionata e prodotta da TBA21–Academy. Photo: Jacopo Salvi

Chiesa di San Lorenzo, Ocean Space – Tide of Returns 

L’église de San Lorenzo offre une vision unique. La nef ouest est occupé par des dunes de sable, agencées de manière à créer des îles habitées par ​​des milliers de petits coquillages décorés. Cette installation, accompagnée d'une vidéo et d'une installation sonore, constitue la première partie de l'exposition « Marée des Retours » présentée par Ocean Space en 2026. L’exposition est née du travail du collectif Repatriates, un groupe transnational d'artistes œuvrant à la restitution d'artefacts artistiques et culturels à leurs lieux d'origine.
L'exposition se poursuit dans le bas-côté est de l'église, où est présentée l'œuvre de Verena Melgarejo Weinandt, membre du collectif : une installation tripartite mêlant vidéo, textiles et tresses noires.
Jusqu’au 11 octobre 2026 - Campo San Lorenzo, Castello 5069

 

photographie Horst
Horst P. Horst. American Vogue Cover, May 15, 1941 © Horst P. Horst Estate

Le Stanze della Fotografia – Horst P. Horst 

Organisée par Anne Morin en collaboration avec Denis Curti, l'exposition consacrée à Horst P. Horst propose une lecture originale de l'œuvre du photographe américain d'origine allemande, allant au-delà de la célèbre photographie de mode qui l'a rendu célèbre dans les pages de Vogue. Présentant plus de 300 œuvres, dont des photographies couleur, des estampes anciennes, des dessins et des documents inédits, l'exposition invite à découvrir un artiste qui a transformé la photographie en un langage d'harmonie, de proportion et de beauté. Nombre de ces œuvres sont exposées en Italie pour la première fois, faisant de cette exposition un événement incontournable du calendrier de Venise 2026.
Jusqu’au 5 juillet 2026 - Isola di San Giorgio Maggiore 

 

sculptures biennale Anne de Carbuccia

Palazzo Querini - Sergeant S.N.A.F.U. by Anne de Carbuccia

À l’occasion de la Biennale de Venise 2026, en collaboration avec Brun Fine Art, l’artiste corse présente son projet sculptural SERGEANT S.N.A.F.U. – des œuvres de grand impact - dédié au pouvoir de l’information et à son utilisation comme instrument de guerre. Réalisés en chrome, ces soldats font office à la fois d'armure et de miroir ; leurs surfaces réfléchissantes captivent le regard. Désorientants, miroitants et séduisants, ils imitent les surfaces brillantes des systèmes médiatiques conçus pour capter et dominer l'attention. Ces soldats évoquent des figurines de jouets immédiatement reconnaissables. Cette familiarité amplifie la tension : ils sont simultanément jouets et instruments de contrôle, mêlant innocence et militarisation. Ils révèlent aussi une guerre invisible, alimentée par des algorithmes qui amplifient les divisions et exacerbent les contenus. Les soldats S.N.A.F.U. sont les sentinelles d'une nouvelle forme de guerre, sans lignes de front, où le terrain est la perception elle-même, et les victimes la vérité et la compréhension collective. Avec cette série, Anne de Carbuccia donne une forme physique à un conflit autrement intangible : la guerre des fake news, où l'information est officiellement devenue une arme.
Palazzo Querini - Campo della Carità , Dorsoduro 1051 (à côté du Ponte dell’Accademia)

 

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