La 33e édition du rapport Ecosistema Urbano met en évidence de lentes avancées en matière de durabilité urbaine. Le bilan reste néanmoins contrasté entre villes moyennes et grandes agglomérations.


On ne peut pas encore parler d'un véritable tournant environnemental, mais la 33e édition d'Ecosistema Urbano, rapport réalisé par Legambiente et Ambiente Italia, en collaboration avec Il Sole 24 Ore, dresse un bilan légèrement plus positif de la situation des villes italiennes.
Chaque année, l’étude approfondie dresse un état des lieux des performances environnementales de 106 villes italiennes chefs-lieux de province, qui regroupent près d'un tiers de la population du pays. Quelque 20 indicateurs sont passés à la loupe, répartis en cinq grandes catégories : qualité de l'air, gestion de l'eau, déchets, mobilité et environnement urbain.
Durabilité urbaine : les progrès de l’Italie
En 2026, le taux moyen de performance environnementale des villes étudiées atteint 55,72 %, soit une hausse de près de deux points par rapport à la précédente édition. Parmi les évolutions positives figure la collecte sélective des déchets, dont la moyenne atteint 66,15 % dans les 106 chefs-lieux, contre 65,14 % l'année précédente. L'utilisation des transports publics progresse également : le nombre de voyages annuels par habitant passe de 86 à 103.
Des améliorations sont aussi enregistrées dans la réduction des pertes d'eau potable des réseaux de distribution. Leur taux moyen diminue à 34,7 %, contre 36,1 % en 2024.
Pollution, consommation des sols et circulation automobile : les principales difficultés
La pollution atmosphérique, l'artificialisation des sols et le nombre de voitures en circulation restent les principales difficultés auxquelles sont confrontés les 106 chefs-lieux étudiés. Les pics d'ozone (O3), révélateurs de la pollution atmosphérique en milieu urbain, suscitent notamment des inquiétudes. Autre sujet de préoccupation : l'augmentation de l'artificialisation des sols, qui a atteint 4 726 hectares supplémentaires sur la période 2019-2024. Cela équivaut à la création, à partir de rien, d'une ville de la taille de Bologne, alors même que la population a diminué de 322 000 habitants sur la période. Le taux de motorisation poursuit également sa hausse, passant à 70 voitures pour 100 habitants, contre 68 lors de la précédente édition. L'Italie reste l'un des pays européens où la place de l'automobile individuelle est particulièrement importante.
Mantoue en tête des villes vertes italiennes
La première place du classement général revient cette année à Mantoue, avec un indice de performance environnementale de 81,29 %. La ville lombarde retrouve la tête du classement, après ses précédentes victoires en 2017 et 2018. Elle devance Trente (76,53 %) et Bolzano (75,47 %), les seules autres villes à dépasser le seuil des 75 %.
Mantoue se distingue notamment par ses résultats en matière de limitation de la circulation automobile privée, où elle occupe la deuxième place nationale, de développement des infrastructures cyclables (troisième place, avec 33,4 mètres équivalents pour 100 habitants) et de nombre d'arbres par habitant (96 pour 100 habitants).
Les villes moyennes et petites du Nord-Est dominent largement le haut du classement. Cremone arrive en quatrième position avec 74,77 %, devant Reggio Emilia (72,40 %), Bergame (71,45 %), Parme (71,03 %) et Pordenone (70,79 %).
À l'autre extrémité du classement, on trouve principalement les villes du Sud de la Botte. Naples occupe la dernière position, à la 106e place, avec un score de 30,80 %. Elle est précédée par Crotone (101e, avec 39,09 %), Caserte (38,57 %), Catane (37,45 %), Palerme (36,74 %) et Reggio de Calabre (36,74 %).
Les grandes villes en difficulté
Les grandes villes italiennes enregistrent quelques améliorations, mais restent globalement en retrait.
Les difficultés concernent notamment la pollution atmosphérique, qui touche des villes comme Bologne, Gênes, Milan, Naples, Padoue, Palerme, Rome, Turin et Venise, ainsi que le nombre élevé de voitures en circulation, particulièrement à Rome, Turin et Catane.
La collecte sélective des déchets reste également insuffisante dans plusieurs grandes agglomérations, notamment Bari, Rome, Naples et Catane. Palerme dépasse à peine les 20 % de collecte sélective et occupe la dernière place parmi les chefs-lieux pour lesquels les données sont disponibles.
La gestion de l'eau constitue une autre difficulté. Naples, Bari, Gênes, Venise, Catane, Palerme et Messine perdent encore plus d'un tiers de l'eau potable introduite dans leurs réseaux de distribution.
D'autres problèmes concernent la consommation des sols, notamment à Venise, le manque d'espaces piétonniers à Gênes et le développement insuffisant des infrastructures cyclables à Naples, Gênes, Messine, Catane, Rome et Palerme.
Enfin, plusieurs villes doivent encore renforcer leurs efforts en matière d'énergies renouvelables, notamment Palerme, Naples, Turin, Rome, Venise et Florence.
Des évolutions contrastées selon les villes de la Botte
Milan en progression
Avec une progression de sept places, Milan se positionne au 50e rang du classement national. La métropole lombarde conserve son premier rang national pour l'offre de transports publics, qui continue de progresser. Elle obtient également de bons résultats concernant les zones piétonnes et le taux de motorisation. La ville se distingue également par une utilisation efficace des sols.
La qualité de l'air reste toutefois un problème persistant, marqué par des dépassements récurrents des seuils journaliers de pollution prévus par la réglementation européenne.
La congestion automobile reste l'un des principaux facteurs de cette situation, malgré les restrictions mises en place dans le cadre de la zone à faibles émissions Area B, dont l'efficacité apparaît encore limitée au regard des résultats observés.
La consommation d'eau potable par habitant constitue également un point de vigilance pour la ville, qui enregistre des niveaux élevés.
Rome, une réponse lente aux urgences environnementales
Rome occupe la 67e place du classement général, avec un score de 50,91 %. Elle perd ainsi une position par rapport à 2025.
La capitale reste en difficulté en matière de collecte sélective des déchets et de production annuelle de déchets par habitant. Le développement des pistes cyclables constitue également un point faible.
En revanche, Rome se distingue par son offre de transports publics, qui figure parmi les cinq premières du classement national.
Turin : une place importante accordée aux espaces verts
La capitale du Piémont se classe à la 64e place du classement national. La ville piémontaise se distingue dans le top 10 pour le nombre d'arbres appartenant au domaine public, les espaces piétonniers et l'offre de transports publics.
Des résultats qui témoignent de la place accordée aux espaces verts et aux mobilités alternatives à la voiture individuelle.
« Il est temps d'inverser la tendance en mettant en place des politiques environnementales structurelles et de long terme, plutôt que de recourir à des mesures provisoires », conclut Stefano Ciafani, président de Legambiente.
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