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Villa Arconati, le « petit Versailles de Milan », rouvre au public

Avec l'arrivée du printemps, la Fondation Augusto Rancilio rouvre la Villa Arconati au public, célébrant le dixième anniversaire de l'ouverture de la « villa royale » de Castellazzo.

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Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 2 avril 2026

Le « petit Versailles » de Milan ouvre les portes de la Villa ce lundi de Pâques. Située au cœur verdoyant du parc Groane, à seulement 10 km du centre de Milan, la Villa Arconati a miraculeusement conservé son identité intacte sans être intégrée au tissu urbain, grâce à sa situation au cœur verdoyant du parc Groane. Parmi les exemples les plus illustres de « villa des délices » du patriciat milanais, elle jouit d'un charme qui n'a cessé de s'enrichir du XVIIe siècle à nos jours.

Le projet d'agrandissement et d'aménagement du site, initié par le « visionnaire » Galeazzo Arconati en 1610, a permis au Castellazzo de se transformer d'une simple maison de campagne en l'une des résidences nobles les plus riches et les plus imposantes du patriciat, lui valant le surnom de « petit Versailles de Milan » dans les guides touristiques du XVIIIe siècle, à l'apogée de sa splendeur.

Une nouvelle pièce restaurée : la « chambre céleste »

Au rez-de-chaussée de la villa, plusieurs appartements conçus pour accueillir au mieux les hôtes de passage offrent des salons et des chambres privatifs. L'un d'eux, restauré l'hiver dernier, est prêt à dévoiler son élégance raffinée.
La « chambre céleste », donnant sur la Cour Noble et permettant d'admirer le lever du soleil, se situe derrière le Théâtre de Diane.
Construite au XVIIIe siècle, à l'apogée de la villa, cette pièce devait, au moins jusqu'en 1772, être réservée aux hôtes les plus illustres, car elle abritait un véritable trésor : un lit à baldaquin en velours bleu brodé d'or, réalisé par Giovanni da Udine d'après un dessin de Raphaël.
La pièce, qui tire son nom des nuances de bleu clair de ses murs et de sa voûte, est ornée d'élégants stucs et dorures, caractéristiques du style baroque lombard typique de la Villa Arconati.

 

salle de chasse villa arconati

 

Les autres merveilles du Palais

Une villa de dix mille mètres carrés sur deux étages, avec soixante-dix pièces dans la seule partie « noble », peut être qualifiée de véritable « palais ». Parmi ses trésors, on trouve la salle de Phaéton. Entièrement ornée de fresques, elle abrite l’une des très rares œuvres subsistantes des frères Galliari, les décorateurs qui ont inauguré le Teatro alla Scala de Milan. Quant  à la salle de bal, avec ses stucs et ses dorures dans le plus pur style baroque lombard, arbore dix miroirs anciens aux murs, créant une atmosphère vraiment unique au coucher du soleil.

On admire aussi l'appartement des Saisons, où la salle du Zodiaque et la salle de chasse se distinguent par leur décor raffiné, abrite encore douze tableaux de 1705 du maître Angelo Maria Crivelli, dit Crivellone. Et « l'aile des femmes » avec sa chapelle privée – réservée aux familles les plus importantes et les plus fortunées – et la mystérieuse alcôve.

Au rez-de-chaussée, la bibliothèque Arconati, qui abrite deux mille volumes anciens, est le fruit de quatre siècles de collection par trois grandes familles aristocratiques milanaises.

La chambre funéraire de Gaston de Foix a été reconstituée en 2023 à partir de copies du XIXe siècle de fragments du monument, un projet réalisé en collaboration avec le Castello Sforzesco de Milan. Un ouvrage dont Canova lui-même, visitant la collection Castellazzo au début du XIXe siècle, avait dit : « Des travaux de cette nature sont presque impossibles aujourd’hui. »

Les écuries ont été construites en se basant sur l'étude du codex de Léonard de Vinci sur « l'écurie idéale », l'un des douze codex achetés par Galeazzo Arconati et donnés à la bibliothèque Ambrosienne en 1637.

Un jardin unique en son genre

La Villa Arconati possède un parc monumental de douze hectares, qui constitue aujourd'hui l'un des rares exemples subsistants de jardins à l'italienne et à la française en Lombardie, n'ayant pas subi de modernisation « anglaise » au XIXe siècle, contrairement à de nombreux autres parcs de la région.

Ce lieu enchanteur est orné de statues classiques, de berceaux et de fontaines dont les jeux d'eau ont été conçus d'après l'étude directe du Codex Atlanticus de Léonard de Vinci.

Parmi ses trésors, le Théâtre de Diane est le plus grand et le plus imposant des théâtres de la villa, lieu de divertissement, de spectacle et de conversation, où l'on pouvait s'entretenir ou jouer un rôle (non seulement par plaisir, mais aussi par ruse). Il est dédié à la déesse de la chasse, passe-temps favori de l'aristocratie, même à Castellazzo.

Le Teatro Grande, situé au cœur du jardin italien représente le plus complexe des théâtres, avec une grande fontaine centrale en marbre, l'Escalier du Dragon et deux théâtres entrelacés : le Théâtre des Saisons et la Plaine des Huit Statues, dédié aux sens.

Le jardin abrite également un labyrinthe, reconstitué d'après des gravures historiques du XVIIIe siècle. Une Volière, récemment restaurée, est l'un des plus beaux exemples de pavillon pour oiseaux exotiques, abritant aujourd’hui les paons de la villa.

Enfin, le parterre, qui s'étend sur deux hectares, reste l'un des rares exemples de jardin à la française en Lombardie. Il est l'expression suprême du faste et du goût du XVIIIe siècle pour l'élégance et le raffinement.


Infos pratiques :
La Villa Arconati restera ouverte au public du 6 avril au 13 décembre 2026, de 11h à 19.
Adresse :  Via Fametta, Castellazzo di Bollate

 

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