Le film suit Pierre, ancien agent secret français qui a participé pendant des années à des opérations internationales délicates. Après des années passées dans l'ombre, il décide de se réfugier en Italie et de construire une nouvelle vie.


Pour son premier long-métrage, la photographe et réalisatrice italienne Anna Antonelli retrace l’histoire d’un ancien 007 français, qui aujourd’hui, a changé de vie en Italie, avec sa famille.
Pierre, interprété par l’acteur Stefano Cassetti (connu pour son rôle principal dans le film Roberto Succo (2001), réalisé par Cédric Kahn), est un ancien agent secret français qui a participé à plusieurs opérations à l'étranger. Mais aujourd’hui, il mène une vie normale, en Italie : il est pilote, il est marié, il a des enfants. Un jour comme les autres, après un vol de ligne, il commence à se sentir mal, et son état s’aggrave.
Pierre cache un secret qui met en danger plusieurs gouvernements, et lorsqu'un visiteur étrange se présente dans sa famille, son passé revient le hanter.
L'intrigue se déroule au rythme de son rétablissement d'abord, et de sa rééducation ensuite. Mais maintenant qu'il est revenu « à la vie de manière inattendue », ces informations doivent être récupérées par tous les moyens.
L’histoire vraie de Pierre, ancien agent secret
Pierre est un ancien agent secret français qui a participé à de nombreuses opérations délicates, notamment en Algérie, au Mali et au Niger. Après la fin de la guerre du Kosovo, en 1999, à l'âge de 36 ans, il a reçu la médaille du mérite par un décret spécial du président de la République pour services exceptionnels. Il a ensuite été promu et nommé chef de cabinet du directeur général des services secrets extérieurs français.
À la fin de sa carrière officielle en 2003, il a travaillé comme consultant international auprès d'investisseurs en Afrique et au Moyen-Orient, mais a continué à agir en coulisses pour le compte du gouvernement français.
C'est ainsi qu'à la fin des années 2000, le ministre de la Défense lui a demandé de prendre contact avec les terroristes de l'État islamique au Sahel (AQMI) et de négocier avec eux la libération d'otages français. Au cours d'une mission qui a duré quatre ans, l'un d'entre eux a été tué lors d'une opération des forces spéciales, mais huit ont été libérés à l'issue de négociations longues, complexes et périlleuses.
Une question reste toutefois en suspens : qu'est-ce que Pierre a réellement négocié avec les terroristes, et quelles garanties certains gouvernements ont-ils accepté d'accorder à l'État islamique, à titre confidentiel ? Des informations dont Pierre est le seul à avoir connaissance.
Après de nombreuses spéculations, accusations et menaces de mort, et sans véritable soutien politique, Pierre a décidé de changer de vie. Il s'est réfugié en Italie où, pendant des années, il a travaillé comme pilote de ligne et commandant de bord sur des jets privés. Mais en 2020, il a soudainement été frappé par une mystérieuse bactérie qui, après plusieurs semaines en soins intensifs, l'a laissé totalement paralysé et sans grand espoir de survie.
Certains parlent d'un coup du sort en pleine pandémie de Covid, tandis que d'autres évoquent un acte criminel. C'est là qu'a commencé un combat, d'abord pour survivre, puis pour remarcher.
Aujourd'hui, grâce aux soins des médecins italiens qui le suivent depuis le début, Pierre a retrouvé son physique, a repris une vie sociale normale, est devenu entrepreneur et vit entre Rome et Milan.
Un thriller à la dimension sociale
« Spyne n’est pas seulement un thriller : c’est une histoire sur le contrôle qui échappe à toute maîtrise », explique Anna Antonelli. « Pierre est un homme qui, autrefois, contrôlait tout : les informations, les événements, la vie et la mort. Mais la maladie le prive, petit à petit, de ce contrôle. En même temps, le passé qu’il croyait avoir enterré refait surface, le contraignant à une dernière confrontation — non plus en tant qu’homme qu’il était, mais en tant qu’homme qu’il est en train de devenir », ajoute la réalisatrice.
Le film explore ainsi le contraste entre le déclin physique et la lucidité mentale : alors que le corps s'affaiblit, l'esprit du protagoniste reste vif, rendant chaque décision plus urgente et plus dangereuse.
Outre son aspect thriller, le film aborde également le thème de la rééducation et des lésions médullaires grâce à la collaboration de l’Unité de soins de la moelle épinière ASL 2 de Pietra Ligure (Ligurie), dirigée par le docteur Antonino Massone, qui a accueilli une partie du tournage. Un thème qui lui a valu d'être récompensé du Golden Spike Award décerné par l'Observatoire du cinéma social au Pavillon italien du 79e Festival de Cannes.
« Le fait que notre service ait été choisi comme lieu de tournage a envoyé un message fort aux patients : leur réalité mérite d’être racontée. La présence du cinéma a jeté un pont entre leur expérience et le monde extérieur », explique Antonio Massone, lors de l’avant-première du film à Milan le 21 mai dernier.
Un coming-out douloureux
« Spyne est histoire vraie – pour mon passé de 007 – et pour ma nouvelle vie de commandant de bord, une nouvelle vie construite ici, à Milan, pour fuir de mon passé, me protéger et protéger ma famille », confirme Pierre au public à l’Anteo Palazzo del cinema à Milan.
Accepter qu’un film raconte son histoire n’a pas été une décision facile. « D’abord car cela me ramène dans un passé difficile, quand il y a dix ans, mon identité a été révélée comme négociateur du gouvernement français pour négocier avec terroristes de l’état islamique pour la libération d’une dizaine d’otages.Personne ne sait ce que j’ai donné aux terroristes – et c’est là la trame du film – au nom du gouvernement pour obtenir leur libération », ajoute l’ancien 007, autrefois surnommé « la bête noire de la DGSE ».

Le combat d’un homme pour sa survie
Une décision également difficile car elle le replonge dans les onze mois enfermés à l’hôpital Niguarda, à lutter pour sa survie. « La chose la plus terrible, n’a pas été ma santé, mais de savoir que ma femme était seule, en pleine période de Covid, dans un pays où à l’époque elle connaissait peu de personnes, avec un mari devenu du jour au lendemain tétraplégique et un enfant de trois ans », raconte-t-il avec émotion, en remerciant tous les médecins qui l’ont accompagné dans ce combat pour le remettre sur pied. La plupart d’entre eux étaient présents dans la salle.
J’ai finalement accepté, car cette histoire m’a fait voir la vie d’une façon différente, et apprendre à profiter de chaque instant.
Si Spyne est une histoire vraie, seules certaines scènes de crimes et fusillades ont été portées dans le long-métrage sans être arrivées.
Mais la vie de 007 est-elle comme dans le film ? « Non, c’est pire », conclue-t-il avec humour.
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