

Après Salgado et Bonatti, le pôle de la photo, récemment aménagé au Palazzo della Ragione, accueille 42 photographes italiens qui racontent à leur façon une facette de l'Italie. Un Grand Tour qui s'encadre bien dans les manifestations d'"Expo in Città", jusqu'au 21 juillet.
L'Italie en 42 tonalités
Nino Migliori, Da ?Gente dell'Emilia?, 1957
L'Italie est le pays le plus photographié au monde. C'est pourquoi l'exposition Italia Inside Out est présentée en deux volets de 250 photos chacun. Un premier jusqu'en juillet sur l'Italie vue par les photographes italiens et, à suivre, ce sera au tour des grands noms étrangers de relever le défi.
Une invitation au voyage, aménagée dans la merveilleuse salle gothique du Palazzo della Ragione, situé Piazza Mercanti. Un parcours le long d'une caravane de wagons noirs à l'arrêt qui "transportent" les vues de chaque auteur. 42 visions de l'Italie, parfois nostalgiques, parfois visionnaires, en jeux de contrastes noir et blanc ou en couleurs insolites, du passé ou du présent, immortalisant un moment unique ou établissant un pont avec l'infini, mais aucune ne se ressemblant.
Certains photographes ont choisi d'illustrer leur terre d'origine, d'autres celle d'adoption. D'autres encore des villes ou des portraits. L'expo s'ouvre et se referme sur Milan : on commence l'itinéraire avec les Navigli des années 1950 que nous présente Paolo Monti, au temps où "on entendait les sabots des chevaux qui tiraient les bateaux le long des canaux", et quand les femmes venaient y laver leur linge. Milan c'est aussi la modernité exaltée par les panoramas de Vincenzo Castella et critiquée par les immeubles abandonnés recensés par Giovanni Hänninen, comme le Teatro Lirico de la via Larga ou le gratte-ciel Galfa.

Visions intérieures
Letizia Battaglia, Palermo, quartiere La Cala. La bambina col pallone, 1980

Inside est un titre qui tombe à pic, c'est à la fois l'Italie vue de l'intérieur et les photographes qui s'expriment de l'intérieur. Marco Giacomelli n'obéit qu'à son âme, au moment du déclic. Ses sillons dans les champs de la région des Marches, en noir et blanc, sont de vrais tableaux abstraits ! Francesco Jodice à Capri, Domingo Milella dans les Pouilles et Luca Campigotto dans les Dolomites cherchent de leur côté l'essence primordiale des lieux et de la nature immuable. Giovanni Chiaromonte nourrit de jaune ses clichés lunaires de la Sicile au "réalisme infini". Gabriele Basilico exploite la Grande Beauté de Rome dans les journées d'automne unissant la grisaille du ciel et du Tibre avec les tons roux des feuilles et des monuments. Massimo Siragusa, celle de Turin. Sans oublier la magie de Venise qui a ensorcelé plus d'un photographe dont l'exceptionnel Gianni Berengo Gardin.
Les femmes présentes à Inside Out sont en nette minorité mais révèlent pourtant une extrême sensibilité. Parmi celles-ci, Letizia Battaglia est à la recherche d'elle-même à travers ses portraits de petites filles à Palerme, proches de l'adolescence où tout rêve est encore permis, "à un âge où quelque chose s'est brisé en moi" déclare-t-elle. Shobba de son côté, grande observatrice des femmes de la Sicile qui échappent à la tradition et à l'"omerta", nous dépeint ici la société des dernières femmes de "gattopardi", nobles des grandes familles siciliennes, qui posent figées comme des statues dans leurs palazzi cossus. Dans un tout autre registre le projet personnel de Marina Ballo Charmet sur l'utilisation des parcs par les habitants, suivant un point de vue bas, rappelle le sien quand elle était enfant.
Monica La Rivière (Lepetitjournal.com de Milan) ? jeudi 2 avril 2015
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Informations : Italia Inside Out, Inside ? I fotografi italiani Palazzo della Ragione Jusqu'au 21 juin 2015 Du mardi au dimanche, de 9h30 à 20h30 (jusqu'à 22h30 le jeudi et le samedi). Entrée : 12 ? (18 ? pour les deux parties). |
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