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L’Italie, vers la suppression du changement d’heure ?

Le Parlement italien examine la possibilité d'instaurer l'heure d'été permanente. La question revient sur le devant de la scène à l'approche du prochain changement d'heure, prévu le 29 mars.

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Photo de Kristijan Arsovsur Unsplash
Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 26 mars 2026

La proposition d'instaurer l'heure d'été permanente fait désormais l'objet d'une procédure parlementaire formelle. La commission des activités productives de la Chambre des députés a donné son feu vert à une enquête qui était jusqu'alors restée lettre morte, noyée sous les pétitions, les études et les initiatives européennes restées sans suite.

L'enquête, intitulée « Impact de l'heure d'été permanente sur le territoire national : effets et implications pour les différents secteurs », a pour objectif d'évaluer les conséquences de la suppression du changement d'heure saisonnier et de l'adoption d'une heure unique à l'année.

La proposition, présentée en novembre dernier à l'initiative de la Société italienne de médecine environnementale (SIMA), de Consumerismo No Profit et du député Andrea Barabotti (Lega), devrait être finalisée d'ici le 30 juin.

Son champ d'application est vaste et englobe des variables souvent traitées séparément dans le débat public : consommation d'énergie, impact économique, effets sur la santé, organisation sociale et productivité.

Dans les prochains mois, la Commission consultera les institutions, les autorités indépendantes, les représentants européens, les organisations internationales, les associations professionnelles et le monde universitaire. L'enquête s'achèvera le 30 juin, avec pour objectif de fournir au Parlement et au gouvernement un bilan actualisé des avantages et des points critiques de la mesure, et d'évaluer la possibilité d'une phase pilote.

Un débat lancé par la Commission européenne

Le débat fait suite à une consultation publique lancée en 2018 par la Commission européenne, à laquelle ont participé 4,6 millions de citoyens européens, dont 84 % se sont prononcés en faveur de la suppression du changement d'heure. En 2019, le Parlement européen a approuvé une proposition de directive laissant aux États membres la liberté de choisir entre l'heure d'hiver permanente et l'heure d'été. Depuis lors, le processus est au point mort, ralenti d'abord par la pandémie, puis par des désaccords entre pays, notamment concernant les conséquences sur les transports, le marché intérieur et la coordination des fuseaux horaires.

Les positions continuent également de varier, selon les situations géographiques des pays. En Europe du Nord, la nécessité de préserver la lumière du matin prévaut, tandis qu'en Europe du Sud, la valeur économique et sociale de la lumière du soir plaide en faveur de l'instauration permanente de l'heure d'été. Dans cet équilibre encore instable, l'Italie a jusqu'à présent adopté une position prudente, évitant les initiatives unilatérales et reportant toute décision à une éventuelle coordination européenne.

C’est la première fois que la question est abordée dans le cadre d'un processus structuré. Cette nouvelle étape ne garantit pas un résultat, mais elle marque un pas concret en avant.

L'heure d'été en Italie

L'heure d'été (ou heure légale) a été instaurée en Italie en 1916, pendant la Première Guerre mondiale, afin de pallier la pénurie d'énergie. Abolie en 1920, elle a été réintroduite pendant la Seconde Guerre mondiale et appliquée systématiquement depuis 1966. Selon les données officielles de Terna, entre 2004 et 2025, l'heure d'été a permis d'économiser plus de 12 milliards de kWh, soit environ 2,3 milliards d'euros sur les factures d’énergie.

Sur le plan environnemental, la Société italienne de médecine environnementale estime une réduction annuelle des émissions de CO₂ comprise entre 160 000 et 200 000 tonnes.

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