Édition internationale

Les jeunes ont du mal à trouver un emploi en Espagne

Les explications fusent : générations X ou Y, changement de valeur, manque d’engagement, ou au contraire trop d’attentes, des projets professionnels irréalistes, de l’auto-analyse à outrance qui compliquent tout…

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Courtney Cook
Écrit par Vasis Conseil
Publié le 29 octobre 2026

Comment simplifier et résoudre tout ça ? C’est la faute des jeunes, des entreprises, de l’IA… ? Ou la faute des parents ? Mal éduqués ? Trop préparés… ?

Pour répondre à tout ça, nous avons réuni des experts, des parents, des orientateurs, des recruteurs et des jeunes. La dernière tertulia de Vasis Conseil (tous les premiers mardis du mois) nous a permis de regarder les chiffres et les jeunes, les statistiques et le cas par cas.

Au centre du débat :

  • Alex Constanzo, secrétaire général de l’ICER (Instituto de Ciencias del Empleo y las Relaciones Laborales), qui cherche à rapprocher le monde universitaire du monde de l’entreprise. Une étude récente sur le marché de l’emploi des jeunes d’août 2026 illustrait nos débats (« Empleo, Universidad y Capital Humano » : https://icer-institute.eu/category/descargable/).
  • Vasis Conseil, qui, à la demande de ses anciens candidats, accompagne aujourd’hui leurs enfants dans leurs premiers abords du monde du travail.

Voilà quelques points clés abordés durant la tertulia, entre les réalités collectives du marché du travail et les aspects plus personnels que les chiffres ne révèlent pas.

Le marché en Espagne : un résumé du « hard »

Commençons par ce que semblent dire les statistiques :

1. Le chômage des jeunes en Espagne :

Le chômage des jeunes est la tare de l’Espagne. Mais aujourd’hui, les choses s’améliorent, surtout pour les jeunes diplômés (FP ou universitaires). On serait passé de 60 % des jeunes sans emploi en 2007 à 23 % approximativement aujourd’hui. Un chiffre record… 😊

Pour résumer, si l’Espagne est leader aujourd’hui en Europe en création d’emplois, elle l’est aussi et toujours dans le chômage des jeunes.

2. La surqualification des jeunes en Espagne :

Trop de diplômés pour un marché qui n’en a pas besoin. Du coup, l’Espagne est un incubateur où le reste de l’Europe vient chercher des ressources pas chères. En Espagne, c’est dans les boulots de service peu qualifiés qu’on a besoin de jeunes.

Beaucoup de jeunes travaillent aujourd’hui, « ils ont du travail »… mais un travail collatéral, avec peu d’argent et où les compétences acquises ne sont pas celles qu’on souhaitait.

3. La mode des masters et le premier emploi :

Pour éviter de chercher du travail, on fait un master et on retarde de quelques années l’approche de la réalité. La surqualification grandit, et l’irréalité aussi. On rêve du premier emploi, au lieu de programmer le second qui est le bon…

4. Le paradoxe de l’alphabétisation digitale : « el joven aumentado »

Ils sont nés numériques, mais ils ne sont pas doués du tout sur l’utilisation de l’IA dans le business. Du coup, il semblerait que des seniors leur enlèvent certaines opportunités de premier boulot. Le mot à la mode : El joven aumentado. Celui qui sait gérer la productivité avec l’aide de l’IA. Ceux-là deviennent parfois millionnaires. Ils seraient le potentiel du développement économique de demain.

Les jeunes en Espagne : un résumé du « soft »

Notre expérience des candidats « jeunes » est surprenante : une matière première beaucoup plus agile que les autres candidats, et qui finalement paraît relativement simple en termes de diagnostic d’employabilité :

Leurs handicaps :

  • Ils n’ont pas d’expérience.
  • Ils veulent des horaires cool.
  • Ils ne connaissent pas les usages / comportements du monde du travail.
  • Ils se croient tout permis.
  • Ils veulent être promus patron au bout des trois premiers mois.
  • « Adanisme » : ils croient qu’on ne savait rien avant eux.
  • Ils croient que le marché du travail est numérique et que tout se joue sur le téléphone.

Leurs avantages :

  • Ils n’ont pas peur.
  • Ils ont un réseau en béton.
  • Le monde leur appartient.
  • Toute initiative est un divertissement.
  • Le travail est un terrain de jeu.
  • Ils n’ont pas encore été blessés par le monde du travail.
  • S’ils s’amusent, ils peuvent travailler jour et nuit.
  • Ils ont une idée plus claire de leurs intérêts et de leurs besoins que les générations précédentes.

Quelques recommandations aux parents :

1. Oublier le mythe du premier emploi.

Le premier emploi ne sert qu’à perdre la peur du monde du travail et permet d’avoir les infos nécessaires pour ajuster le tir pour le deuxième emploi où se joue le début de carrière.

2. L’orientation à l’âge de Néandertal :

L’orientation professionnelle est encore à l’âge de Néandertal en Espagne, et vu le monde du travail, ça vaut la peine d’y dédier un peu de temps.

3. Mettre de l’ordre dans la confusion :

L’orientation ne suffit pas. Entre les attentes des parents, les peurs, les envies et la vision du monde, il ne suffit pas d’être orienté. Il faut mettre de l’ordre dans la confusion qui n’aide pas à être prêt au changement.

4. Éviter les parents :

Les parents sont les pires orientateurs 😊 Ils mélangent leur vision du monde du travail aux projections qu’ils ont pour leurs enfants. Par contre, ils sont très impliqués et, s’ils ont une expérience de transition, ils peuvent être très utiles. S’ils sont cadrés…

5. Apprendre à chercher du travail :

Mieux vaut apprendre jeune. Ça permet d’économiser du temps, aujourd’hui et demain.

 

marion suffert vasis conseil
Marion Suffert (Vasis Conseil).
Conseil en gestion de Carrière.  

Vasis Conseil développe depuis plus de 20 ans des modèles innovants axés sur l'accompagnement des évolutions de la vie professionnelle, offrant une alternative aux services d’outplacement traditionnels. 
L'équipe de consultants de Vasis Conseil est reconnue pour la rigueur de ses méthodes et la bienveillance de son accompagnement.

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