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Séminaire ville durable: "quelle ville voulons-nous pour le futur?"

Par Mathilde Dumur | Publié le 06/03/2019 à 07:45 | Mis à jour le 06/03/2019 à 18:43
Photo : Institut français de Madrid
ville durable madrid

Mardi 5 mars, un séminaire sur la ville durable a été organisé par l'Ambassade de France en Espagne, au sein du théâtre de l’Institut français.

 

Des conférences ont accueilli des représentants de Madrid et de la ville de Bordeaux, mais aussi des directeurs de grandes entreprises privées et des représentants nationaux. Ils ont chacun abordés leur vision de la ville durable et les défis à relever pour continuer en s’améliorant.

 


Réfléchir à quelle ville nous voulons pour le futur

À l’occasion du séminaire "Ville durable : un engagement partagé par la France et l’Espagne", l’Institut français accueillait dans son théâtre des professionnels du sujet de la ville durable. En premier lieu, Luis Cueto, coordinateur général de la mairie de Madrid, et Michèle Laruë-Charlus, cheffe de la mission "Bordeaux Métropole 2050" ont chacun pris la parole pour expliquer les projets, les méthodes et les visions propres à chaque ville dans le cadre de rendre la ville durable. En partant du principe que "rien ne peut se concevoir sans prendre en compte les habitants", Michèle Laruë-Charlus a expliqué comment se présentait sa mission "Bordeaux Métropole 2050". "L’idée c’était de réfléchir à quelle ville nous voulons pour le futur. Bordeaux a connu un développement urbain énorme, l’immobilier a augmenté de 400% en 18 ans, on a des problèmes de logements car les propriétaires préfèrent faire du Airbnb pour les touristes que loger les étudiants, et la périphérie est extrêmement embouteillée. C’est dans ce contexte que le maire de Bordeaux Alain Juppé m’a chargé de trouver une solution". 

 


Organiser des débats pour que les gens proposent de nouvelles idées

Alors le défi est lancé. Mais pour cela, il faut concerter les habitants et comprendre ce qu’ils attendent. "On voulait vraiment que ce soit un projet participatif, alors on est allés rencontrer les gens, les mairies et on s’est rendus compte que les gens voulaient agir, mais, et c’est normal, que beaucoup ne maîtrisaient pas toutes les contraintes et les informations à connaître, alors on a décidé dans un second temps d’informer, de faire une campagne de sensibilisation, on est allés dans les universités etc, et après ça, on a pu organiser des débats pour que les gens proposent de nouvelles idées". De cette manière les projets ont vraiment pu se construire de manière participative. Et ce modèle de projet participatif, Madrid l’a fait à sa manière avec Decide Madrid, qui est une plateforme qui permet aux citoyens de déposer leur proposition et idées de développement de la ville. Du côté plus pratique, Luis Cueto, coordinateur général de la mairie de Madrid a rappelé les difféerents efforts déjà menés, notamment avec la politique sur le diesel, les voitures écologiques en libre-service ou encore les nombreuses patinettes électriques aussi en libre-service. 

 

Objectif : améliorer la qualité sociale et environnementale pour les citoyens

Dans la foulée, José María de Lapuerta, professeur d’université à l’École Technique Supérieur de l’Architecture de Madrid, a tenu une conférence sur la ville intelligente, en présentant son utilisation à travers les pays et les continents et comment elle sert à se projeter dans la durabilité. Inés Leal, directrice du congrès Ciudades Inteligentes, et Hervé Boisguillaume, directeur du projet "Vivapolis" du Ministère de la transition écologique et solidaire, ont ensuite expliqué le rôle et les actions conjointes des autorités publiques nationales et locales, des entreprises et des ONG dans l’élaboration de projets urbains innovants. Selon Inés Leal, la technologie apporte de nouvelles opportunités dans la problématique énergétique. Ciudades Inteligentes, qu’elle représentait, est un congrès regroupant les grandes villes qui utilisent les TICs, (Technologies d’Information et de Communication) pour gérer différents services comme la gouvernance, l’économie mais aussi l’énergie ou de l’environnement. Ils permettent une meilleure accessibilité, une administration plus efficace etc. Tout cela, dans l'objectif d’améliorer la qualité sociale et environnementale pour les citoyens. 

 

En France on compte 570 éco-quartiers

Hervé Boisguillaume a quant à lui donner des exemples français. "La ville durable, c’est une ville qui sait s’adapter, qui est intelligente, qui dure et qui agit, en incluant les habitants dans son développement". "En France, on a développé plusieurs outils. Notamment les éco-quartiers ou le Plan National « Action Cœur de Ville »" pour les villes moyennes qui consistent en la réhabilitation et restructurations des cœurs de villes, l'incitation à un développement économique et commercial équilibré, le développement de l’accessibilité, la mobilité et les connexions, la mise en valeur des formes urbaines, de l’espace public et du patrimoine et la fourniture d’accès aux équipements et services publics. En tout en France on compte 570 éco-quartiers et 222 villes bénéficiaires du plan d’action Cœur de ville.


Le secteur privé s’engage aussi dans la cause de la ville durable

Enfin, ce séminaire s’est terminé avec la présentation de directeurs de grands groupes, Ana Gil Nuño, directrice générale de EDF pour la péninsule Ibérique, Agustín Muñoa Anas, Directeur Véhicule Électrique, Mobilité et Connectivité Ibéria chez Renault et Paz López Conde, Responsable de produit Open Innovation chez Barrabés.biz. Chacun des invités a pris la parole pour présenter des projets à venir ou déjà réalisés de son entreprise dans le cadre de l’amélioration de la durabilité de la ville, afin de voir que le secteur privé s’engage aussi dans la cause de la ville durable. Agustín Muñoa Anas, représentant de Renault est intervenu sur les efforts de Renault dans la ville de Madrid, notamment avec les 3.000 voitures électriques en carsharing disponibles dans la ville. "Ces voitures totalement libres puisqu’elles peuvent être garées n’importe où et pas seulement sur des aires de recharge. Elles permettent de résoudre trois gros problèmes : les embouteillages, la pollution et les accidents, puisque nos voitures ont des régulateurs de vitesse, des capteurs de proximités et la caméra arrière". Quant à Paz López Conde, de chez Barrabés.biz, elle a présenté "Madrid in Motion", une plateforme qui accueille des startups espagnoles qui travaillent sur les défis de la ville durable. "Ces startups cherchent des solutions face aux défis. Certaines travaillent sur des paiements bancaires avec reconnaissance faciale, pour accélérer les paiements dans des parkings chargés par exemple".

 

Les municipalités ont un rôle central dans le développement durable

Avec 70% de la population qui habite dans les villes, les municipalités ont un rôle central dans le développement durable et il ne faut pas négliger leur importance. De ce séminaire ressort que différents acteurs ont compris l’importance d’une ville durable et que chacun à sa manière travaille à l'améliorer et à contrer les défis rencontrés. "Entreprises privées ou publiques, autorités des municipalités ou autorités à l’échelle nationale, toutes ont une vraie conception de la ville durable, et on se rend compte qu’on a besoin de tous ces acteurs pour concevoir la ville durable de demain", a conclu Yasser Abdoulhoussen, Conseiller en développement durable à l'Ambassade.

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Mathilde Dumur

Mathilde Dumur est une étudiante en 2e année de journalisme. Grande passionnée de voyages et notamment intéressée par la culture et l'histoire.
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