Édition internationale

À San Sebastián, les films commencent parfois bien avant leur projection

À San Sebastián, il suffit parfois de s'éloigner de quelques rues du Kursaal pour changer complètement de festival. À Tabakalera, on ne parle pas seulement des films que l'on vient de voir. On discute d'un scénario encore fragile, d'un premier long métrage à la recherche d'un producteur, d'un film en postproduction ou d'une technologie susceptible de changer la manière de fabriquer ou de diffuser le cinéma.

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À San Sebastián, il suffit parfois de s'éloigner de quelques rues du Kursaal pour changer complètement de festival.
Écrit par Ana Sánchez Rodríguez
Publié le 24 septembre 2026

C'est l'autre visage du Zinemaldia. Celui que le public voit moins, mais qui a pris une place croissante dans le fonctionnement du festival.

En 2026, le programme professionnel réunit ainsi résidences de cinéastes, rencontres entre écoles et professionnels, forums de coproduction, films en cours de finition et même un concours consacré aux start-up technologiques. Avec Z365, le festival revendique désormais une activité qui dépasse largement les neuf jours de septembre.

Donner une chance à un film avant même qu'il existe

L'un des meilleurs exemples est Ikusmira Berriak, programme de résidences créé en 2015 avec Tabakalera et l'Elías Querejeta Zine Eskola.

Le principe est simple : accompagner des cinéastes alors que leur film est encore en développement. Ils disposent de temps pour travailler leur projet, de l'accompagnement de professionnels et de rencontres susceptibles de leur permettre de trouver les partenaires nécessaires à la suite de l'aventure.

Dix ans après sa création, le programme avait accompagné une cinquantaine de projets. Certains ont ensuite rejoint les grands festivals internationaux. O Corno, de Jaione Camborda, en est l'un des exemples les plus visibles : après son passage par Ikusmira Berriak, le film a remporté la Concha de Oro à San Sebastián en 2023. Le festival revient sur les dix ans du programme.

La logique est donc différente de celle d'un simple concours. Il ne s'agit pas encore de savoir quel film est le meilleur, mais de donner à un film les moyens de devenir un film.

Trouver les partenaires avant la première projection

Cette philosophie se poursuit avec les programmes professionnels.

Un film déjà tourné peut encore avoir besoin de financement, de postproduction ou de distribution. C'est le rôle des Works in Progress. Un projet encore au stade de la production peut, lui, chercher des coproducteurs internationaux. Le Forum de coproduction Europe-Amérique latine permet alors aux producteurs de multiplier les rendez-vous avec de potentiels partenaires.

En 2026, WIP Europa, WIP Latam et le Forum de coproduction occupent ainsi une place importante dans le calendrier professionnel du festival. Le Zinemaldia dispose également de son Industry Club, conçu pour faciliter les rencontres entre professionnels et l'accès aux projets et aux films. Le département Industrie du Festival de San Sebastián rassemble ces différents dispositifs.

Pour le spectateur, un festival commence avec une séance. Pour un producteur, il peut commencer plusieurs mois auparavant, avec un projet à présenter, des rendez-vous à décrocher et des partenaires à convaincre.

Repérer les talents avant qu'ils ne deviennent des noms

Le dispositif commence encore plus tôt avec Nest, consacré aux courts métrages réalisés par des étudiants d'écoles de cinéma du monde entier.

À Tabakalera, l'Elías Querejeta Zine Eskola complète cette chaîne en travaillant sur la formation, la recherche et l'expérimentation autour du cinéma.

L'ambition apparaît alors assez clairement : créer une continuité entre l'étudiant, le jeune cinéaste, le projet en développement et le film terminé.

C'est aussi ce qui explique la place prise progressivement par ces programmes depuis le milieu des années 2010. San Sebastián ne cherche plus seulement à repérer les films qui seront visibles demain. Il veut être présent au moment où leurs auteurs commencent à les imaginer.

Même les start-up ont désormais leur place

Cette évolution va jusqu'à la technologie.

En 2026, le Zinemaldia Startup Challenge en est à sa huitième édition. Le concours rapproche le monde du cinéma et celui des entreprises technologiques en recherchant des projets susceptibles d'être appliqués au secteur audiovisuel. Les questions liées à l'intelligence artificielle, aux nouveaux usages et à la transformation de l'industrie occupent également une place croissante dans les rencontres professionnelles du festival. Le Startup Challenge 2026 illustre cette volonté.

Le cinéma change. San Sebastián a donc choisi de ne pas attendre que ces changements arrivent dans les salles pour s'y intéresser.

Le sommet visible d'une activité qui dure toute l'année

C'est probablement la transformation la plus intéressante du Zinemaldia.

Depuis la création d'Ikusmira Berriak en 2015, puis le développement progressif de ses programmes de formation, de coproduction, d'accompagnement et d'innovation, le festival a construit autour de sa compétition officielle un véritable écosystème professionnel.

En septembre, le public en voit surtout le résultat : les films terminés, les stars, les prix et les tapis rouges.

Mais derrière cette vitrine, une autre partie du festival travaille depuis des mois. Un scénario a été réécrit. Un jeune réalisateur a rencontré un tuteur. Un producteur a présenté son projet à des partenaires. Un film presque terminé a cherché les moyens de franchir la dernière étape.

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