Édition internationale

SSIFF 2026 : le cinéma francophone s’invite en force à Saint Sébastien

De la nouvelle adaptation des « Misérables » de Fred Cavayé au nouveau film de Nicole Garcia, en passant par les productions belges et les coproductions internationales, le cinéma francophone occupe une place importante dans la programmation du 74e Festival de San Sebastián.

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Vincent Lindon présente Les Misérables de Fred Cavayé à San Sebastián / ©SSIFF - Jorge Fuembuena
Écrit par Ana Sánchez Rodríguez
Publié le 20 septembre 2026

À San Sebastián, le cinéma français et francophone n’a pas attendu les dernières séances pour s’installer sur les écrans. Pour sa 74e édition, organisée du 18 au 26 septembre, le Festival international du film de San Sebastián accueille plusieurs productions françaises, belges et coproductions internationales, avec notamment deux films français en compétition officielle et une clôture placée sous le signe d’une coproduction franco-belge.

Deux réalisateurs français en compétition pour la Concha de Oro

La présence française est d’abord particulièrement visible en Sección Oficial, où deux cinéastes français présentent leur nouveau long métrage.

Avec « 7h40 ce matin-là » (« Milo »), Nicole Garcia revient à San Sebastián avec une histoire construite autour d’Alice, une femme qui arrive dans une ville de province et commence à travailler dans un café. Son installation n’a pourtant rien d’anodin : elle est venue pour Milo, un jeune mécanicien lié à un passé qu’elle n’a jamais véritablement laissé derrière elle. Le film, d’une durée de 114 minutes, est interprété notamment par Marion Cotillard et se présente comme un récit autour des blessures anciennes et de la possibilité de reconstruire un lien brisé.

Autre film français en compétition, « Les Misérables » de Fred Cavayé s’empare d’un monument de la littérature française. D’une durée de 178 minutes, cette nouvelle adaptation réunit notamment Vincent Lindon, Tahar Rahim, Camille Cottin, Benjamin Lavernhe et Noémie Merlant. Le récit reprend les personnages de Jean Valjean, Fantine, Cosette et Javert dans une France traversée par les bouleversements sociaux et politiques. Le film de Fred Cavayé constitue aussi l’un des rendez-vous français les plus visibles du festival.

De la France à la Belgique, une programmation francophone qui dépasse les frontières

La francophonie ne se limite toutefois pas aux productions françaises. Le festival fait également une place importante aux cinématographies francophones produites ou coproduites en Belgique.

C’est notamment le cas de « Six jours ce printemps-là » de Joachim Lafosse, coproduction Belgique-France-Luxembourg, présentée en compétition officielle. Le réalisateur belge y raconte le séjour de Sana et de ses jumeaux dans une villa de la Côte d’Azur, après que leurs projets de vacances ont été bouleversés. Le film est interprété notamment par Eye Haïdara et les jeunes Leonis et Teodor Pinero Müller.

Autre coproduction franco-belge, « Le Faux Soir » de Michaël R. Roskam a été choisi comme film de clôture, hors compétition. Le long métrage revient sur un épisode réel de la Résistance belge pendant la Seconde Guerre mondiale : en 1943, des résistants imaginent de fabriquer un faux numéro du quotidien Le Soir, alors utilisé comme outil de propagande par l’occupant allemand. Arieh Worthalter, Mélanie Thierry, Karim Leklou, Bouli Lanners et François Damiens figurent au casting.

Le film sera ainsi projeté le 26 septembre pour clore cette 74e édition, après une semaine durant laquelle la création française et francophone aura traversé plusieurs sections du festival.

La présence française au-delà de la compétition officielle 

Cette présence s’étend au-delà de la compétition officielle. Dans Perlak, la section qui rassemble notamment des films remarqués dans les grands festivals internationaux, le français apparaît également à travers plusieurs productions et coproductions.

« Juste une illusion » / « Just an Illusion », d’Éric Toledano et Olivier Nakache, clôturera la section hors compétition. Le film, produit en France, est notamment interprété par Louis Garrel, Camille Cottin et Pierre Lottin. Le festival propose également « Succederà questa notte » / « It Will Happen Tonight » de Nanni Moretti, une coproduction Italie-France-Espagne présentée dans la même section.

Le français circule également dans les sections consacrées aux cinématographies latino-américaines. « Siempre soy tu animal materno » (« Forever Your Maternal Animal »), de la réalisatrice costaricienne Valentina Maurel, est ainsi une coproduction Belgique-France-Mexique présentée en ouverture d’Horizontes Latinos. Le film suit Elsa, revenue au Costa Rica après plusieurs années d’études en Europe, et les retrouvailles avec une famille dont les équilibres ont profondément changé.

Cette présence dans les coproductions illustre une réalité devenue structurante pour le cinéma contemporain : la francophonie cinématographique ne se résume pas aux frontières nationales françaises. Elle passe aussi par les financements, les producteurs, les distributeurs et les collaborations entre pays.

Entre grandes adaptations françaises, cinéma d’auteur, productions belges et coproductions internationales, le français sera donc l’une des langues qui résonneront sur les écrans du Zinemaldia 2026. Une présence qui se mesure moins au nombre de films d’un seul pays qu’à la diversité des chemins empruntés par les productions francophones pour parvenir jusqu’à San Sebastián.

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