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1.500 euros de retraite : où vit-on le mieux en Espagne ?

1.500 euros de retraite et un appartement de 50 m² : à Madrid, le loyer théorique ne laisserait que 335 euros par mois pour vivre. À Almería, plus de 1.000 euros. Lepetitjournal.com a fait le calcul dans 15 villes espagnoles, avec le même budget et la même surface. À l’année, l’écart dépasse 8.000 euros.

Un couple de retraités prend un café en terrasse sur une place ensoleillée d’une ville espagnole, entourée d’immeubles aux façades méditerranéennes.Un couple de retraités prend un café en terrasse sur une place ensoleillée d’une ville espagnole, entourée d’immeubles aux façades méditerranéennes.
@Image générée par IA via DALL·E – OpenAI
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 23 septembre 2026

Même pension, pas tout à fait la même retraite. Entre Madrid, Barcelone et les villes moyennes du sud ou de l’intérieur, 1.500 euros par mois n’offrent plus du tout la même marge.

Nous avons donc posé une question simple : que reste-t-il après avoir loué 50 m² dans 15 villes espagnoles ? Le montant retenu est loin d’être théorique : en août 2026, la pension moyenne de retraite en Espagne atteignait 1.574,90 euros par mois. De quoi mesurer très concrètement ce que le marché locatif permet encore, ou non.

 

1.500 euros de retraite en Espagne : ce qu’il reste après le loyer dans 15 villes

Pour comparer les villes, nous avons appliqué les prix moyens d’offre au mètre carré publiés par Idealista en août 2026 à un même appartement théorique de 50 m².

Le résultat est sans appel.

Ville

Loyer moyen

50 m² / mois

Reste sur 1.500 €

Pension absorbée

Madrid

23,3 €/m²

1.165 €

335 €

77,7 %

Barcelone

20,2 €/m²

1.010 €

490 €

67,3 %

Palma

19,3 €/m²

965 €

535 €

64,3 %

Málaga

16,5 €/m²

825 €

675 €

55,0 %

Valence

16,3 €/m²

815 €

685 €

54,3 %

Las Palmas

14,6 €/m²

730 €

770 €

48,7 %

Alicante

13,9 €/m²

695 €

805 €

46,3 %

Séville

13,5 €/m²

675 €

825 €

45,0 %

Saragosse

12,3 €/m²

615 €

885 €

41,0 %

Oviedo

11,7 €/m²

585 €

915 €

39,0 %

Grenade

10,9 €/m²

545 €

955 €

36,3 %

Valladolid

10,1 €/m²

505 €

995 €

33,7 %

Murcie

9,9 €/m²

495 €

1.005 €

33,0 %

Castellón

9,8 €/m²

490 €

1.010 €

32,7 %

Almería

9,5 €/m²

475 €

1.025 €

31,7 %

À Madrid, près de 78 % de la pension disparaît dans le seul loyer. Il reste 335 euros pour payer alimentation, électricité, eau, téléphone, transports, santé, vêtements, loisirs et imprévus.

À Almería, le même 50 m² théorique coûte 475 euros : 690 euros de moins chaque mois. Sur une année, l’écart atteint 8.280 euros. Même pension, même appartement. Deux budgets qui n’ont plus grand-chose à voir.

 

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À Madrid, 11 euros par jour une fois le loyer payé

À Madrid, les 335 euros laissés par le loyer représentent à peine 11 euros par jour. À Barcelone, 490 euros donnent 16 euros quotidiens ; à Valence, 685 euros, un peu moins de 23 euros. On dépasse 33 euros à Murcie et on approche les 34 euros à Almería.

Mais ce n’est pas encore un « reste à vivre » : alimentation, énergie, transports, santé, téléphone ou loisirs restent à payer. En 2025, les ménages espagnols consacraient en moyenne 16 % de leurs dépenses à l’alimentation, 11,5 % aux transports, 5 % aux loisirs et à la culture, 4 % à la santé et 3,1 % aux communications, selon l’INE. Des proportions qui varient avec l’âge, les revenus et la composition du foyer, mais donnent la mesure des dépenses encore à couvrir.

Pour les 20 % des ménages aux dépenses les plus faibles, logement et alimentation absorbent à eux seuls 61,5 % du budget. À Madrid, notre loyer théorique en prélève déjà 77,7 % : avec 1.500 euros de pension, l’équation devient vite serrée sans autre revenu, patrimoine ou compromis sur le logement.

 

Barcelone, Palma, Málaga, Valence : le loyer avale plus de la moitié de la pension

Madrid n’est pas un cas isolé. À Barcelone, avec 20,2 €/m², notre 50 m² atteint 1.010 euros par mois : 67,3 % de la pension, pour 490 euros restants. À Palma, le loyer monte à 965 euros, soit plus de 64 % du budget.

Une marche plus bas, Málaga et Valence affichent respectivement 825 et 815 euros. Le même 50 m² y engloutit encore plus de la moitié d’une pension de 1.500 euros. Dans ces grandes villes, l’image d’une Espagne locative bon marché a sérieusement vieilli.

 

Alicante, Séville, Saragosse : le budget respire davantage

Sous les 15 €/m², la pression retombe. Le 50 m² théorique coûte 730 euros à Las Palmas de Gran Canaria, 695 à Alicante et 675 à Séville, laissant entre 770 et 825 euros après le loyer.

À Saragosse, la facture descend à 615 euros, pour 885 euros restants ; à Oviedo, 585 euros, pour 915 euros. Les dépenses courantes restent bien sûr à régler, mais le logement ne dévore plus la majorité de la pension.

 

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Murcie, Castellón, Almería : plus de 1.000 euros après le loyer

À Murcie, notre 50 m² théorique coûte 495 euros par mois. À Castellón, 490 ; à Almería, 475. Dans les trois villes, une pension de 1.500 euros laisse donc plus de 1.000 euros après le loyer : respectivement 1.005, 1.010 et 1.025 euros.

Le contraste avec Madrid est brutal : le logement absorbe 77,7 % de la pension dans la capitale, contre 31,7 % à Almería. Avant même les courses ou la première facture d’électricité, 690 euros par mois séparent les deux budgets.

Cela ne fait pas d’Almería la « meilleure » ville où prendre sa retraite. Climat, soins, transports, famille, culture ou goût pour la vie métropolitaine échappent à ce calcul. Mais sur ce que nous mesurons — le poids du loyer sur une pension identique — l’écart est considérable.

 

Locataire ou propriétaire : deux retraites espagnoles

Une variable change presque toute l’équation : être propriétaire de son logement. Selon l’INE, une personne seule de 65 ans ou plus dépensait en moyenne 23.024 euros en 2025, soit environ 1.919 euros par mois. Attention : ce chiffre n’est pas le « revenu nécessaire » pour vivre en Espagne. L’enquête inclut des consommations non monétaires, notamment le loyer imputé aux propriétaires occupants.

Un retraité propriétaire sans crédit conserve charges, énergie, entretien et impôts locaux, mais échappe au poste qui creuse le plus les écarts de notre comparaison : le loyer de marché. À revenu identique, sa situation n’a donc pas grand-chose à voir avec celle d’un nouveau retraité cherchant aujourd’hui à louer à Madrid ou Málaga.

 

1.574 euros de pension moyenne, des réalités très différentes

Notre simulation à 1.500 euros se situe au voisinage de la pension moyenne de retraite espagnole : 1.574,90 euros en août 2026. Mais cette moyenne recouvre évidemment des pensions très inférieures comme nettement supérieures.

Surtout, 1.500 euros ne pèsent pas de la même manière pour un propriétaire installé depuis vingt ans, un nouveau locataire ou un Français disposant déjà d’une résidence en Espagne. Notre tableau ne désigne donc pas les « meilleures villes pour retraités » : il mesure ce qu’un même logement prélève sur une même pension selon l’adresse.

 

Alors, 1.500 euros suffisent-ils pour vivre en Espagne ?

Impossible de répondre pour tout le pays. Avec notre hypothèse de 50 m², le loyer absorbe plus des trois quarts d’une pension de 1.500 euros à Madrid, deux tiers à Barcelone et plus de la moitié à Málaga ou Valence. À Valladolid, Murcie, Castellón ou Almería, il tourne autour d’un tiers.

Entre Madrid et Almería, 690 euros par mois séparent ainsi deux retraités disposant de la même pension et louant la même surface théorique. L’Espagne bon marché n’a donc pas disparu ; elle s’est déplacée. Avec 1.500 euros, certaines villes laissent encore une vraie marge. Dans d’autres, le loyer a presque tout décidé avant même le premier café.



 

Méthodologie

Cette comparaison repose sur une simulation, et non sur le budget observé de retraités réels. Nous avons appliqué à un appartement théorique de 50 m² les prix moyens d’offre à la location publiés par Idealista pour août 2026 dans 15 villes espagnoles, puis soustrait ce montant d’une pension mensuelle de 1.500 euros. Les loyers d’Idealista sont des prix affichés, non les montants finalement négociés ou signés. Ils varient fortement selon le quartier, l’état, l’étage, la superficie ou les caractéristiques du logement. Le calcul sert donc à comparer les villes sur une base identique, pas à estimer le loyer d’un appartement précis. La somme restante après le logement n’est pas un “reste à vivre” : alimentation, énergie, transports, santé, communications, loisirs et autres dépenses doivent encore en être déduits. Les données de l’INE servent à contextualiser ces postes, sans fabriquer artificiellement un panier de dépenses identique dans chaque ville.

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