Perché entre vignes et remparts, Laguardia s’offre un nouveau coup de projecteur international. La prestigieuse revue National Geographic a choisi cette petite ville fortifiée du nord de l’Espagne comme le meilleur village où voyager en janvier 2026. Un choix qui célèbre un lieu hors du temps, où l’hiver révèle une Espagne calme et authentique.


Fondée au Xe siècle comme place forte du royaume de Navarre, Laguardia a conservé presque intact son tracé médiéval. Le village se parcourt aujourd’hui à travers des ruelles pavées, des portes fortifiées, des pans de muraille et des placettes discrètes, autant de strates visibles d’une histoire continue.
Deux édifices dominent l’ensemble. L’église fortifiée de Santa María de los Reyes abrite l’un des rares portails gothiques polychromes encore conservés en Espagne. À quelques pas, l’église San Juan Bautista se distingue par son retable baroque et une architecture composite, héritée des transformations successives du lieu.
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Laguardia, la ville qui se cache sous terre
Mais le secret le mieux gardé de Laguardia se cache sous ses pavés. Plus de 200 calados — des caves souterraines creusées au fil des siècles — forment une véritable ville enfouie. Utilisées pour l’élaboration et la conservation du vin, elles rendent aujourd’hui impossible la circulation automobile dans le centre historique.
En hiver, ces galeries deviennent des refuges chaleureux : odeur de chêne, de moût et de vin en repos, tandis qu’à la surface, le froid dessine les vignes de tons ocres et argentés. Une atmosphère que National Geographic décrit comme idéale pour découvrir le village « sans hâte ».
Boire, manger, vivre l’hiver
À Laguardia, le vin n’est pas un décor : c’est une culture vivante. Sous les bars et les restaurants, d’anciennes caves continuent de vivre, tandis qu’autour des remparts, les “bodegas” — classiques ou résolument contemporaines — restent ouvertes aux visiteurs, même hors saison.
Janvier est aussi le mois des plaisirs gourmands. La cuisine se fait plus franche, plus terrienne : chuletones grillés au sarment, plats longuement mijotés, pintxos servis avec des rouges de caractère de la Rioja Alavesa. Une façon d’habiter l’hiver plutôt que de le subir.
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Une histoire enfouie
Laguardia surprend aussi par la profondeur de son passé. Sous le village, un vaste bassin celtibère mis au jour en 1998 est aujourd’hui considéré comme le plus grand réservoir de l’âge du Fer en Europe, avec une capacité estimée à 300.000 litres. À quelques minutes en voiture, le dolmen de la Chabola de la Hechicera, vieux de 5.000 ans, rappelle que ces collines étaient habitées, et probablement sacrées, bien avant l’arrivée des vignes.
Pourquoi y aller en janvier ?
National Geographic ne s’y trompe pas. En hiver, Laguardia offre une expérience singulière : peu de visiteurs, une lumière rasante sur la Sierra de Cantabria, des paysages dépouillés et ce silence particulier des villages hors saison.
Entre patrimoine, oenotourisme et gastronomie, le village s’affirme comme une destination de début d’année à part. Un lieu à parcourir lentement, sans programme, en laissant le temps — et le vin — imposer son rythme.
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