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HISTOIRE DE MADRID – El puente de los franceses, un témoignage de la guerre civile espagnole

Par lepetitjournal.com Madrid | Publié le 05/11/2015 à 23:00 | Mis à jour le 05/11/2015 à 19:19

Situé à un lieu stratégique de la capitale espagnole, à l'entrée de la zone universitaire, dans le quartier de Moncloa, el puente de los franceses (le pont des Français) a contribué à l'essor économique de Madrid. Reconnaissable à ses briques rouges contrastant avec la couleur de l'eau du río Manzanares qu'il enjambe, il a également joué un rôle important au cours de la guerre civile espagnole.

(Photo tirée du domaine public) Les Français sont partout à Madrid. Touristes ou résidents, il est possible d'entendre quelqu'un parler la langue de Molière quasiment à chaque coin de rue. Partout. À tel point qu'un pont madrilène se nomme "el puente de los franceses". Intercalé entre le Parque del oeste et la Casa de Campo, à l'entrée de la zone universitaire de Moncloa, le pont, qui traverse le Manzanares, est situé à un endroit stratégique de Madrid. C'est d'ailleurs pour faciliter les échanges commerciaux et de marchandises que sa construction fut lancée en 1860. Elle se termina en 1862. Le pont, fait de cinq arcs de briques rouges, doit son nom à la nationalité ? française, donc - des ingénieurs qui le construisirent. À l'époque, les convois ferroviaires venant du nord du pays passaient par le pont pour atteindre la gare Príncipe Pío, aujourd'hui reconvertie en centre commercial et station de trains de banlieue. De nos jours, justement, seuls les cercanías empruntent el puente de los franceses.

Un rôle dans la défense de Madrid
L'histoire de ce pont ne se limite pourtant pas aux passages de train de marchandises. Loin de là. Il a joué un rôle primordial dans la défense de Madrid lors de la guerre civile. En 1936, le pont séparait les Républicains, qui étaient d'un côté, et les Nationalistes de Franco, de l'autre. Les Républicains, aidés par les brigades internationales, luttaient pour garder le contrôle du pont et pour empêcher les troupes de Franco d'entrer dans Madrid. En conséquence, el puente de los franceses était à l'époque l'un des endroits les plus difficiles à traverser pour les Nationalistes. Le professeur Severiano Montero Barrado explique dans son livre "Arqueología de la guerra civil en Madrid" le plan des Nationalistes pour entrer dans la capitale espagnole : "L'attaque directe de Madrid se produisit entre le 7 et le 24 novembre 1936. Le plan des opérations prévoyait une action principale par la Casa de Campo, du sud-ouest au nord-est pour atteindre la ligne du Manzanares entre le pont des Français et l'hippodrome ; une fois ici, les troupes de Asencio, Castejón et Delgado Serrano devraient virer à l'est, traverser le fleuve et occuper la cité universitaire ; depuis cette position, l'entrée dans la ville se ferait par l'ouest : calle Princesa, Cea Bermúdez et Paseo de Rosales en convergeant vers le centre."

Le pont a inspiré une chanson
Véritable champ de bataille, el puente de los franceses fut bombardé à plusieurs reprises et reconstruit partiellement à chaque fois. Son rôle important dans la guerre civile a même inspiré une chanson nommée "Coplas De La Defensa De Madrid". Les paroles de ce chant, entonné par les Républicains, donnent :
"Puente de los franceses, puente de los franceses, puente de los franceses, mamita mía, nadie te pasa, nadie te pasa. Porque los milicianos, porque los milicianos, porque los milicianos, mamita mía, qué bien te guardan, qué bien te guardan. Por la Casa de Campo, por la Casa de Campo, por la Casa de Campo, mamita mía, y el Manzanares, y el Manzanares. Quieren pasar los moros, quieren pasar los moros, quieren pasar los moros, mamita mía, no pasa nadie, no pasa nadie.
Madrid qué bien resiste, Madrid qué bien resiste, Madrid qué bien resiste, mamita mía, los bombardeos, los bombardeos. De las bombas se ríen, de las bombas se ríen, de las bombas se ríen, mamita mía, los madrileños, los madrileños". Une chanson disponible à l'écoute ici pour les plus curieux.

Baptiste LANGLOIS (www.lepetitjournal.com) Vendredi 6 novembre 2015
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