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GROSSESSE – Accoucher en Espagne, comment ça se passe ?

Par lepetitjournal.com Madrid | Publié le 09/12/2018 à 10:00 | Mis à jour le 13/12/2018 à 16:43
Photo : (CC bedpanner)
accoucher espagne

La naissance d'un enfant est probablement l'un des plus beaux moments de la vie. Si l'arrivée de bébé est un chamboulement pour le couple, la maman vit un grand changement physique et psychologique dès le début de la grossesse. Face à des pratiques et à un système médical différents, les futures mamans expatriées sont parfois perdues et isolées, loin de leur famille. Il est donc important de savoir comment se déroule l'accompagnement médical en Espagne, tout au long de la grossesse et lors de la naissance de l'enfant.



Tout d'abord vous devez faire le choix d'être suivie par le système de santé public ou privé. Sachez que le suivi de votre grossesse comme l'accouchement sont totalement pris en charge par la sécurité sociale espagnole, à partir du moment où vous vivez en Espagne et où vous cotisez (contrat de travail ou autonome). Mais si vous souhaitez avoir un accompagnement particulier (choix du gynécologue, des échographies tous les mois, une chambre individuelle lors de l'accouchement), il vous faudra alors opter pour le système le privé. Ce système est très cher si vous le payez de votre poche, mais vous pouvez également y accéder si vous cotisez à une mutuelle.



Le suivi de grossesse


Détendez-vous, les services médicaux espagnols sont de très bonne qualité. En Espagne vous serez suivie tout au long de votre grossesse par une sage-femme, la comadrona, et vous aurez également rendez-vous avec le gynécologue obstétricien en milieu de grossesse. L'encadrement  médico-légal prévoit trois échographies durant votre grossesse, une à chacun des trimestres du développement du bébé. Le nombre de monitorings effectués dépend de la sage-femme qui vous suit. Même si certaines femmes reconnaissent avoir créé une véritable relation de confiance avec leur sage-femme, l'attention portée à la patiente est moins importante, notamment dans le service public. Les examens médicaux sont moins poussés dans les grossesses se déroulant de manière normale. Il faut savoir que les examens pratiqués tout comme les processus de suivi de grossesse peuvent être différent d'une province à l'autre, et même d'un hôpital à l'autre. Il y a donc un suivi de base commun à tous les centres, puis ce sont en suite les pratiques habituelles de l'établissement médical qui prédominent. De même pour les cours de préparation à l'accouchement, qui existent mais restent substantiels et ne sont pas du tout personnalisés.



Quel accompagnement peut-on espérer ?


D'une manière générale, vous devez vous attendre à être moins accompagnée qu'en France. Dans l'Hexagone, on prend les mamans par la main afin de leur faire prendre conscience de leur corps, de l'évolution de bébé, et en la préparant lentement à le mettre au monde.
De l'autre côté des Pyrénées, on fait davantage confiance à l'instinct maternel. Les mamans ont droit à beaucoup moins d'accompagnement, et doivent se débrouiller rapidement toute seule. Sophie, jeune maman barcelonaise, raconte "l'abandon" qu'elle a ressenti lors de sa grossesse. "Je parlais mal espagnol, et comprenais très peu les discours du médecin", explique-t-elle. "J'ai donc passé des mois à ne pas avoir de réponse à mes questions, on ne m'expliquait presque rien, je me suis préparée toute seule au final". Outre la barrière de la langue, il est important de savoir s'entourer de personnes pouvant rassurer et expliquer les choses. Si l'on se sent perdue face au système médical, il est conseillé de se rapprocher des groupes d'entraide de mamans françaises, qui pourront vous éclairer en partageant leur expérience.



Frein aux césariennes


L'organisation Mondiale de la Santé a récemment publié un communiqué afin de rappeler que les césariennes ne doivent être pratiquées qu'en cas d'urgence, lorsque cela est médicalement nécessaire. Selon l'organisme, un taux de césariennes acceptable se situe autour de 10 ou 15% des naissances. Il semblerait que l'Espagne fasse partie des pays qui ont recours trop facilement à la césarienne. Par peur ou par facilité, les médecins ont pris l'habitude de pratiquer systématiquement un césarienne pour les bébés se présentant part le siège. Or ce type d'accouchement ne représente pas toujours un danger et il n'est pas nécessairement obligatoire de passer par une césarienne. Laure Marin est  sage-femme française accompagnant des mamans et des enfants sur Madrid. Elle explique que cette réaction est devenue tellement courante en salle d'accouchement que les jeunes médecins ne sont même plus formés pour faire face à ce type de cas. Si le bébé se présente par le siège, une césarienne est obligatoirement pratiquée, il n'y a pas d'autre savoir-faire. Mais les mentalités et les pratiques tendent à évoluer, avec l'appui d'organismes comme l'OMS et en créant un dialogue au sein des équipes médicales.



A la maternité


Vous êtes avertie, en Espagne on accompagne beaucoup moins les mamans. Si l'accouchement s'est déroulé normalement et sans complications, vous quitterez la maternité 48H après avoir accouché, que ce soit votre premier enfant ou pas. De quoi rassurer celles qui savent combien les derniers jours à la maternité peuvent être longs ? Les équipes médicales sont professionnelles et attentionnées, mais elles sont souvent peu pédagogues. Durant votre séjour à la maternité, pas le temps de prendre des cours. Ce sont les infirmières et sages femmes qui viennent chercher votre enfant pour le laver et l'habiller, d'ailleurs vous n'avez pas de baignoire ni de table à langer dans les chambres de maternité. Les nouvelles mamans qui souhaitent apprendre devront donc demander aux sages-femmes si elles veulent des explications, ou bien attendre de rentrer chez soi, pour apprendre sur le tas. Marion fait partie de ces française expatriées en Espagne qui n'ont aucune famille proche pouvant la soutenir. Elle raconte comment elle fut livrée à elle-même après avoir accouché, ne sachant pas comment allaiter son enfant. Un moment stressant et plein d'angoisse pour la maman et le bébé, dont elle se souvient encore. "Aucune aide soignante n'a prit le temps de me montrer la mise au sein" se rappelle-t-elle.



Déclarer son bébé


Lorsque l'heureux évènement est enfin arrivé, et une fois l'émotion passée, vous avez l'obligation d'aller déclarer votre enfant au registre civil du lieu de naissance, dans un délai maximum de huit jours après la naissance. Il faut savoir que si les parents ne sont pas mariés, ils devront se déplacer tous les deux pour déclarer l'enfant. En revanche s'ils sont mariés, un seul des deux parents peut y aller, et même les grands-parents, les oncles et les cousins pourraient le faire. Les papiers d'identité des parents, le livret de famille et le justificatif médical de naissance seront nécessaires.
Vous pouvez également déclarer votre enfant auprès du Consulat de France dans un délai de 30 jours. Retrouvez tous les formulaires à compléter auprès du Consulat de France en Espagne.



L'abandon post accouchement


Après avoir accouché, les mamans sont rapidement envoyées chez elles et plutôt désinformées. Laure Marin regrette que les jeunes mamans soient livrées à elles-mêmes en sortant de la maternité. En Espagne, "Il y a rarement un accompagnement post-natal", explique-t-elle "On ne parle vraiment pas assez de la rééducation périnéale et de son importance en post-partum mais aussi à d'autres périodes de la vie féminine". Ce manque de suivi est d'autant plus frustrant pour des mamans qui ne sont pas espagnoles et qui ont besoin de comprendre les pratiques des gynécologues, des sages-femmes et des pédiatres, culturellement  différentes d'un pays à l'autre.

Perrine LAFFON

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