Quinze ans après la dernière visite d’un pape en Espagne, le Vatican prépare un nouveau déplacement sur le sol espagnol. Élu il y a quelques mois à la tête de l’Église catholique, León XIV envisage un itinéraire passant par Madrid, Barcelone et, fait inédit, les îles Canaries. Si aucune date n’a encore été officialisée, les préparatifs sont bel et bien en cours.


Fidèle à sa pratique diplomatique, le Saint-Siège avance pour l’instant à pas feutrés. À Rome, la Secrétairerie d’État du Vatican vient de réunir les principaux responsables de l’Église espagnole afin d’esquisser les contours d’un prochain voyage apostolique en Espagne. Autour de la table : le cardinal José Cobo, archevêque de Madrid, Juan José Omella, et José Mazuelos, évêque des Canaries.
« Les premières étapes seraient Madrid, Barcelone et les Canaries. Les dates ne sont pas encore arrêtées, mais le projet est en marche », a confirmé José Cobo à l’issue des échanges. Une initiative qui, précise-t-il, émane directement du pape.
Les Canaries, sur l’agenda de Léon XIV
La grande nouveauté de ce déplacement se joue aux Canaries. Jamais un pape ne s’y est rendu. En choisissant l’archipel, Léon XIV reprend le fil laissé en suspens par le Pape François, qui avait plusieurs fois dit vouloir s’y rendre pour mettre en lumière la crise migratoire.
Porte d’entrée de l’Europe pour des milliers de migrants arrivant par l’Atlantique, l’archipel cristallise aujourd’hui l’un des grands défis humanitaires du continent. Une visite papale viendrait donner un poids symbolique supplémentaire à un discours déjà assumé par Léon XIV, qui a aussi annoncé un déplacement à Lampedusa, autre frontière exposée des routes migratoires.
Madrid, Barcelone : le protocole et les symboles
À Madrid, le pape devrait rencontrer les autorités civiles et religieuses, conformément au protocole des voyages apostoliques. La capitale n’a plus vu de souverain pontife depuis 2011, lorsque Benoît XVI était venu présider les Journées mondiales de la jeunesse.
À Barcelone, une halte à la Sagrada Familia figure déjà parmi les options privilégiées. L’année 2026 marquera le centenaire de la mort d’Antoni Gaudí, architecte mystique et figure tutélaire de la ville. Un passage chargé de symboles, dans un édifice que Benoît XVI avait consacré en 2010.
Premier pape originaire des États-Unis, né à Chicago, Léon XIV – de son vrai nom Robert Francis Prevost – s’inscrit dans une trajectoire singulière. Ancien missionnaire au Pérou, il met en avant un engagement constant en faveur des plus modestes, tout en revendiquant un dialogue apaisé avec les responsables politiques. Lors de sa messe d’intronisation, il avait affirmé vouloir se tenir « du côté des gens ordinaires », sans faire de l’affrontement idéologique un mode d’action.
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L’Espagne, quinze ans sans pape
La dernière visite d’un pape en Espagne remonte à 2011. Avant cela, Benoît XVI s’était rendu à Valencia, à Santiago de Compostelle et à Barcelone. Jean Paul II, lui, avait visité le pays à cinq reprises. « L’Espagne attendait depuis longtemps la venue du pape. L’ouverture de cette perspective est un motif d’espérance », a résumé le cardinal José Cobo.
Si le calendrier se confirme, le déplacement pourrait avoir lieu dès le mois de juin, sous réserve de l’agenda du Saint-Siège et des invitations officielles des autorités espagnoles. Au-delà du protocole et des cérémonies, cette visite s’inscrit d’ores et déjà comme un moment à forte portée pastorale et politique pour l’Espagne d’aujourd’hui.
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