Édition internationale

À Madrid, 77 estampes bijin-ga font revivre la beauté du Japon d’Edo

La Real Academia de Bellas Artes de San Fernando présente, jusqu’au 31 mai, 77 chefs-d’œuvre de grands artistes de l’âge d’or de la gravure japonaise : Harunobu, Eizan, Kuniyoshi, Kunisada et Utamaro.

estampe japonaise de l'expo à la Real Academia de Bellas Artes de San Fernandoestampe japonaise de l'expo à la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando
@realacademiabellasartessanfernando, DR.
Écrit par Monique Auxenfans
Publié le 13 avril 2026, mis à jour le 14 avril 2026

Victor Pasamar, Aragonais, est l’un des principaux collectionneurs d’art japonais en Europe. La collection Pasamar-Onila, ainsi nommée en hommage à son compagnon récemment disparu, est exceptionnelle en Espagne par la qualité et la diversité de ses estampes du genre bijin-ga. La représentation des acteurs de kabuki et celle de la femme ont constitué les thèmes les plus populaires de l’ukiyo-e.

 

Bijin-ga : la beauté japonaise entre idéal et quotidien

L’exposition propose une synthèse soignée des manifestations du bijin-ga chez les maîtres classiques de l’âge d’or de la gravure japonaise, entre la fin du XVIIIe siècle et la première moitié du XIXe siècle : des images intemporelles d’une grande beauté. Les bijin-ga (« peintures de belles personnes ») constituent l’un des grands genres de la peinture et de l’estampe japonaises ukiyo-e.

Les scènes d’ukiyo-e, leurs protagonistes et la structure des compositions relèvent d’une conception idéalisée de la réalité, qui se traduit par l’emploi de stéréotypes et de systèmes de représentation codifiés. Le genre du bijin-ga met le plus souvent en scène des courtisanes de haut rang issues des quartiers de plaisir. Mais au-delà des représentations de geishas raffinées, les artistes ukiyo-e dépeignent aussi la beauté féminine dans des scènes de la vie quotidienne : lisant ou écrivant des poèmes, ou encore voyageant dans des lieux emblématiques — le mont Fuji, le fleuve Sumida… Un monde de beauté subtile et d’élégance.

 

Edo : dans les coulisses d’un monde de plaisirs et d’estampes

Cette exposition invite à s’immerger dans les centres d’intérêt de la bourgeoisie de la période Edo — ancien nom de la ville de Tokyo (1615-1868) — : les belles femmes, les oiran (courtisanes) célèbres, les shunga (scènes érotiques), le théâtre kabuki et les lutteurs de sumo.

« Pour produire une estampe japonaise, trois personnes interviennent : un dessinateur, un graveur et un imprimeur. Si le travail du graveur et de l’imprimeur est essentiel, c’est le nom du dessinateur que l’histoire retient, ainsi que, souvent, celui de l’éditeur qui a commandé l’estampe. Le processus de création se déroule en quatre étapes : le dessin, la gravure des blocs de bois, l’impression, puis la diffusion par l’éditeur. Selon les époques, certains artistes transmettent un simple dessin au trait noir en indiquant les couleurs à l’imprimeur ; d’autres réalisent des aquarelles avant de confier le dessin final à l’impression. »

 

Infos pratiques

Real Academia de Bellas Artes de San Fernando
Calle de Alcalá, 13 – Madrid

Jusqu’au 31 mai 2026

 Horaires (généralement) :

  • Mardi à dimanche : 10h – 15h
  • Fermé le lundi

 Tarifs :

  • Plein tarif : autour de 8 €
  • Tarif réduit disponible (étudiants, seniors)
  • Entrée gratuite à certaines plages horaires (à vérifier)
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.