Longtemps considéré comme l’unique témoin de la mort du fondateur de Mango, Isak Andic, son fils Jonathan Andic est désormais considéré par les enquêteurs comme le principal suspect dans cette affaire.


Même s’il reste présumé innocent, le récit de Jonathan Andic est désormais fortement remis en question par les enquêteurs. Depuis la mort d’Isak Andic, les autorités explorent des pistes bien plus complexes qu’un simple accident. Les incohérences relevées dans les déclarations et les éléments de l’enquête ont progressivement conduit les autorités à soupçonner une possible implication de l’héritier de Mango dans le décès de son père.
Pourquoi le récit de Jonathan Andic ne tient plus
Rappel des faits
Le 14 décembre 2024, le fondateur de Mango, Isak Andic, effectue une randonnée avec son fils dans le massif de Montserrat. Le sentier emprunté est considéré comme facile et sécurisé, à l’exception d’un passage escarpé où l’homme d’affaires aurait fait une chute mortelle.
Pendant un an et demi, cette version n’a jamais été publiquement remise en question. Puis, mardi dernier, le quadragénaire a été arrêté à Barcelone pour une éventuelle participation active et préméditée à la mort de son père.
Des témoignages contradictoires
Cette suspicion repose aussi sur plusieurs incohérences relevées dans le récit de Jonathan Andic.
Déjà, Jonathan Andic a changé de version entre sa première et sa deuxième audition. Il raconte d’abord aux enquêteurs qu’il marchait devant son père quand celui-ci s’est arrêté pour prendre des photos. Il aurait alors entendu le bruit de pierres qui roulent, se serait retourné et aurait vu “un corps rouler dans les buissons”.
Mais, lors de sa seconde audition, sa version n’est plus la même. Selon lui, son père a utilisé son téléphone seulement au début de la randonnée, comme le confirme l’analyse du portable d’Isak Andic.
De plus, l’autopsie révèle aussi des incohérences : le corps du fondateur de Mango ne présenterait notamment aucune lésion aux mains, ce qui fragiliserait l’hypothèse d’une chute ou d’une glissade. Selon des éléments rapportés par l’enquête, la police a indiqué que c'était comme si le septuagénaire avait "descendu un toboggan" .
Rancunes, argent et préméditation : les trois piliers de l'accusation contre Jonathan Andic
L’autre élément qui pousse les enquêteurs à envisager une possible implication de Jonathan Andic concerne la relation qu’il entretenait avec son père, marquée par des tensions profondes mêlant rancœurs familiales et jalousies.
Le fils d’Isak Andic, qui bénéficie de la présomption d’innocence, est décrit comme une "personnalité manipulatrice" par la juge en charge de l'affaire.
Désigné héritier en 2012, il ne convainc pas : son père reprend finalement les rênes de l’entreprise en 2014. Depuis, les relations père-fils vont de mal en pis. Cette randonnée dans le massif de Montserrat aurait d’ailleurs été organisée dans l’espoir de resserrer leurs liens.
Autre élément jugé troublant par les enquêteurs : Jonathan Andic se serait rendu à trois reprises sur les lieux avant le drame, renforçant la piste d’une éventuelle préméditation.
Le mobile financier constitue également une piste étudiée par les autorités. Président de Mango, Isak Andic figurait parmi les plus grandes fortunes d’Espagne. Sa fortune personnelle, estimée à près de 4 milliards de dollars, pourrait ainsi constituer un mobile financier pour le suspect.
Quelle place occupe Mango dans l'affaire ?
Lors de l’arrestation de Jonathan Andic, la caution a été fixé à 1 million d'euros, somme que le prévenu a payé dans l’heure. Celui-ci clame son innocence en qualifiant l'accusation de « grave et infondée », mais a tout de même démissionné de son rôle de vice-président au sein du conseil d’administration (un poste honorifique dépourvu de fonctions exécutives).
Ce même conseil d'administration, principalement composé de sa famille, a fait bloc derrière lui, soutenant sa version des faits.
Côté business, cette affaire n'a eu aucune incidence sur les ventes de Mango, qui ont connu une hausse historique en 2025 : le chiffre d'affaires a atteint 3,77 milliards d'euros, soit 13% de plus par rapport à 2024, porté notamment par l’ouverture de plus de 260 nouveaux magasins. Les ventes internationales représentent désormais 78 % du chiffre d’affaires de l’entreprise.
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