Édition internationale

Marie Serruya expose ses miniatures des 47 présidents américains à Hollywood

Du 26 février au 9 avril 2026, la Brodin Gallery accueille « The 47 », la nouvelle exposition de Marie Serruya. À travers 47 têtes miniatures de présidents américains modelées en argile, l’artiste franco-polonaise propose une relecture ludique et profondément humaine de l’histoire des États-Unis. Rencontre avec une artiste qui redéfinit le portrait historique avec malice et liberté.

Marie Serruya by Marie FiorinMarie Serruya by Marie Fiorin
Marie Serruya pose devant ses 47 têtes miniatures des présidents américains lors du vernissage de l'exposition, le 26 février 2026, à la Brodin Gallery, à Los Angeles. © Marie Fiorin
Écrit par Marie Fiorin
Publié le 3 mars 2026

 

Voiturier à l’entrée, DJ en fond sonore, signature cocktails à la main et photographes prêts à immortaliser chaque arrivée, le vernissage de l’exposition de Marie Serruya, « The 47 », à la Brodin Gallery, a tout du parfait cocktail hollywoodien, ce jeudi 26 février. Dans cette atmosphère typiquement Los Angeles, où invités triés sur le volet se croisent sous les flashs, l’artiste franco-polonaise dévoile une œuvre aussi intrigante que ludique : 47 petites têtes de présidents américains modelées à la main, en argile.

Alignées dans l’ordre chronologique des mandats présidentiels, ces têtes miniatures racontent plus de deux siècles d’histoire américaine, alors que les Etats-Unis s'apprêtent à célébrer les 250 ans de la Déclaration de l'Indépendance le 4 juillet 2026. George Washington, Abraham Lincoln, John F. Kennedy, et tant d’autres figures devenues presque mythologiques. « J’ai beaucoup appris d’eux et je voulais faire ce travail sans jugement », nous confie Marie Serruya. Loin d’un commentaire partisan, son approche est profondément humaine. Observer les visages, comprendre les époques, écouter les archives. Car derrière chaque sculpture, il lui faut regarder des heures de documentaires pour capturer l’expression juste, la tension d’un regard, la singularité d’un trait.

 

Une œuvre guidée par la « comédie humaine »

 

Les 47 présidents semblent soudain moins intimidants. Ce sont des visages. Des expressions. Des fragments d’humanité modelés à la main. L'œuvre est présentée comme une « roue de la fortune », avec chaque petite tête dissimulée dans des boîtes en bois que l’on peut retourner et cacher. Les têtes apparaissent et disparaissent ainsi au gré du geste du visiteur.

 

Marie Serruya
Marie Serruya a réalisé ses têtes miniatures de présidents américains lors d'un road-trip de deux ans à travers les paysages américains les plus emblématiques. © DR

 

Née dans une famille d’artistes, Marie Serruya a grandi dans la création. À 13 ans, elle modelait déjà des petites têtes aux cheveux amovibles, caricaturant courtisans et mondanités. « C’était mon monde secret », sourit-elle. Ce jeu d’adolescente est devenu le fil rouge d’une œuvre guidée par la « comédie humaine », où chaque visage raconte une histoire. Elle a déjà façonné plus de 700 têtes miniatures au cours de sa carrière. Particuliers et collectionneurs peuvent d’ailleurs lui commander leur propre portrait, réalisé à partir de vidéos et de photos, dans ce style à la fois tendre et incisif.

 

Paris - Las Vegas - Hollywood

 

Installée entre Paris et Las Vegas, elle nourrit son travail de contrastes. L’an dernier, elle réalisait le documentaire musical « Vegas Baby », avec le réalisateur Christophe Hacker, une ode à la liberté et à l’unité dans la ville où l’on peut « devenir qui l’on veut ». À Hollywood, elle confronte une autre icône américaine : la figure présidentielle. Exposer à Los Angeles représente pour elle une étape naturelle mais exigeante : « Ici, ça rigole, mais ça ne rigole pas. Il faut travailler énormément. Il y a beaucoup de talent et il faut s’accrocher. »

Le projet des 47 présidents a nécessité près de deux ans de travail et s'est construit au fil d’un road-trip où Marie Serruya a traversé les États-Unis pour s'imprégner de la culture américaine. Aléas de cette grande aventure nomade, certaines sculptures ont explosé à la cuisson, comme celle de Chester Arthur, l’obligeant à tout recommencer. « Il y a des périodes de l’Histoire où ils ont tous la même tête avec la même moustache, je me perdais ! » raconte-t-elle en riant. Mais derrière l’humour, une immersion dense dans les méandres politiques et les paradoxes d’un pays en constante mutation. Et déjà, une suite se profile : les Premières dames. « Elles ont un enjeu énorme. En tant que femme, ça m’intéresse beaucoup. » Une œuvre historique, oui. Politique, non. Ludique, profondément.

 

En pratique. Marie Serruya « The 47 », du jeudi 26 février au jeudi 9 avril 2026, Brodin Gallery, 1128 N Highland Avenue, Los Angeles, CA 90028.

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