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Cynthia Hajjar : « Au service de tous, dans une neutralité politique assumée »

En vue des élections consulaires, le 30 mai 2026, Le Petit Journal dresse le portrait des neuf candidats et candidates têtes de liste dans la circonscription de Los Angeles. Notre septième article est consacré à Cynthia Hajjar. La conseillère sortante se présente pour un second mandat avec le désir de servir la communauté française.

Cynthia HajjarCynthia Hajjar
Cynthia Hajjar avait été élue conseillère consulaire pour un premier mandat en 2021, en deuxième position sur la liste de Patrick Caraco. © DR
Écrit par Benoit Clair
Publié le 22 avril 2026

 

À l’approche des élections consulaires, le 30 mai 2026, Le Petit Journal dresse le portrait des neuf candidats et candidates têtes de liste dans la circonscription de Los Angeles. Ces articles seront publiés tout au long du mois d’avril, dans l’ordre du tirage au sort effectué le 27 mars par le Consulat général de France à Los Angeles : Sylvie Almeri, Charles Speidel, Karim Sahli, Christophe Jouin, Julien Senac, Stanislas Orand, Cynthia Hajjar, Mercedes Mira et Bruno Lopez. Le 7 mai, Le Petit Journal organisera un débat entre les candidats, ouvert au public, au Lumiere Cinema de Beverly Hills. Il sera filmé et disponible en replay sur Internet. Pour comprendre ces élections aussi essentielles que méconnues, vous pouvez lire notre article. Le détail des neuf listes se trouve ici.

 

1. Sylvie Almeri mène une liste « apolitique et indépendante » aux élections consulaires de Los Angeles

2. Charles Speidel, candidat des « patriotes » aux élections consulaires de LA

3. Karim Sahli, à la tête d'une liste de « gauche solidaire et écologiste »

4. Christophe Jouin, le candidat de « Renaissance » aux élections consulaires de LA

5. Julien Senac, le candidat des Républicains aux élections consulaires de Los Angeles

6. Stanislas Orand, le président sortant du conseil consulaire plaide la continuité

7. Cynthia Hajjar : « Au service de tous, dans une neutralité politique assumée »

 

 

En 2021, Cynthia Hajjar avait été élue conseillère consulaire, en deuxième position sur la liste de Patrick Caraco, arrivée en tête des votes dans la circonscription de Los Angeles avec 530 voix. En 2026, les cartes ont été rebattues. Patrick Caraco - qui ne se représente pas après 12 ans de mandat - a passé le flambeau à Bruno Lopez, et Cynthia Hajjar conduit sa propre liste, « Convergence 2026. »

Née en 1974, un an à peine avant le début de la guerre au Liban, issue d’une famille arménienne ballotée par les génocides, Cynthia Hajjar a eu un parcours familial et personnel atypique : d’abord, comme acte fondateur, un grand-père maternel qui s’engage aux côtés des troupes françaises pendant la Seconde guerre mondiale. Pour elle, alors qu’elle n’a que 9 ans, ce sera un départ précipité de Beyrouth sous les bombes, en barque, vers les côtes chypriotes avant d’arriver à Paris où, déboussolée, elle intègre une école primaire du XVème arrondissement. 

Très bonne élève dans la capitale libanaise, elle est dans les dernières de sa classe en France et, lors de la remise des prix de fin d’année, son instituteur la fait quand même monter sur scène pour raconter son histoire de réfugiée. Ses petits camarades l’applaudissent. Elle intègre le fameux lycée Janson de Sailly, puis la faculté de médecine qu’elle abandonne pour se marier. Dix ans plus tard, en 1993, elle arrive à Los Angeles, où elle partage son temps entre des études de sociologie et l’éducation de ses trois enfants, auxquelles s’ajoute la gestion de l’entreprise familiale de perliculture qu’elle a créée avec son époux.

 

En première ligne pendant le Covid et lors des incendies de Los Angeles

 

Les diasporas libanaises et arméniennes en exil aux États-Unis lui permettent de servir bénévolement, depuis plus de 30 ans, les plus défavorisés. Son engagement dans le milieu associatif la conduit également à diriger l’association des parents d’élèves du Lycée français de Los Angeles, puis à aider l’Alliance française - elle assure aujourd’hui la présidence de l’association dirigée par Jasmine Rafati Fowler - et l’Union des Français de l’étranger (UFE) qu’elle transforme localement en une non-profit organisation

De ces différents mandats, elle retire « l’envie de mieux connaître les gens, d’aller vers eux, de comprendre parfois des problèmes cachés par pudeur, de trouver des solutions concrètes pour leur venir en aide. » Ainsi, pendant la crise du Covid, c’est elle qui, avec l’UFE prend les rênes de la fronde contre le gouvernement qui interdit aux expatriés de rentrer en France. L’opération est rondement menée et connaît un succès complet au Conseil d’État

Même tactique proactive dès le démarrage des incendies de Pacific Palissades et d’Altadena en janvier 2025 : une de ses colistières sur place la prévient en fin d’après-midi et elle n’hésite pas à déranger le vice-consul de permanence. Dès l’aube suivante, le Consul général, Adrien Frier, (ndlr : rentré nuitamment du CES de Las Vegas) lance une boucle WhatsApp, réunit tous les conseillers et l’aide aux victimes se met immédiatement en place. 

 

« Nous n’avons pas attendu les élections pour agir »

 

« Je n’ai alors fait que mon devoir et aujourd’hui, mes colistiers et colistières sont tous des leaders dans leurs domaines - et bénévoles de longue date - à l’Alliance française, à la Croix Rouge ou encore dans le foot ou la médecine : nous sommes à l’écoute de nos concitoyens que nous connaissons bien et depuis longtemps, insiste-t-elle. Nous voulons être bienveillants, à proximité et efficaces, dans une neutralité politique pleinement assumée. Je travaille, depuis des années, avec de nombreux sénateurs et sénatrices et nous déciderons ensemble qui nous soutiendrons ou non en septembre prochain. » Son nom figure néanmoins à la tête du comité de Los Angeles d’« Horizons », le parti d’Edouard Philippe, qui prépare sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.

Quand on lui demande comment elle perçoit la multiplicité de listes engagées dans cette élection, Cynthia Hajjar répond, assez directe : « Nous, on n’a pas attendu d’être là, juste 3 mois avant l’élection, pour faire tout cela. Ça fait partie de notre quotidien depuis des années. Nous avons établi une relation de confiance sur le long terme avec les électrices et les électeurs. Les autres listes accueillent des gens sûrement très compétents aussi, mais qu’on ne connaît pas. Neuf listes, ça crée forcément des divisions et c’est toujours triste d’être divisés, mais c’est aussi l’expression de la démocratie. Alors je leur souhaite à toutes et tous bon courage et bonne chance ! »

 

Vous pouvez suivre la campagne de Cynthia Hajjar : sur Instagram.

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