Nouvelles accusations d’agression sexuelle, fracture publique dans le clan Jackson, omission totale du comportement de prédateur de la star… Le biopic « Michael » sur Michael Jackson, réalisé par Antoine Fuqua, sort en salles le 22 avril en France et le 24 avril aux États-Unis dans une ambiance délétère. Décryptage.


Une nouvelle plainte explosive
Edward, Dominic et Aldo Cascio et leur sœur Marie-Nicole Porte ont porté plainte fin février en Californie contre Michael Jackson, décédé en 2009, l’accusant d’être « un prédateur d’enfants en série ». Ils évoluaient dans le cercle proche de la star et affirment qu’ils ont été agressés alors qu’ils n’avaient que 7 ou 8 ans. Les plaignants ont rencontré Michael Jackson par l’intermédiaire de leur père, qui travaillait dans un hôtel de luxe qu’il fréquentait régulièrement. Le chanteur étant mort, c’est sa succession, gérée par John Branca et John McClain, qui est directement visée.
Les enfants Cascio ont défendu Michael Jackson pendant des années. Ils ont notamment affirmé en 2010, sur le plateau d’Oprah Winfrey, qu’ils n’avaient jamais été abusés. Les plaignants disent avoir pris conscience de la réalité de leurs rapports avec Michael Jackson en regardant le documentaire « Leaving Neverland » de Dan Reed. Dans ce film en deux parties, diffusé en 2019, deux victimes témoignent des sévices sexuels que le chanteur leur aurait fait subir quand ils étaient enfants, dans sa propriété de Neverland Ranch, dans le comté de Santa Barbara.
À cette époque, les enfants Cascio ont signé un accord leur assurant de recevoir chacun la somme de 690.000 dollars par an, pendant 5 ans, en échange de leur silence. Ils estiment aujourd’hui avoir signé l’accord de confidentialité sous la contrainte et sans en avoir compris les tenants et les aboutissants. La défense de Michael Jackson voit dans cette plainte « une tentative désespérée de s’enrichir ». L’affaire sera arbitrée en privé.

Paris et Janet Jackson prennent leurs distances avec le biopic
Sur le tapis rouge de la première mondiale du film, organisée à Berlin, le 10 avril, « Prince » et « Blanket » Jackson, les deux fils du « roi de la pop », prenaient la pose aux côtés de Jaafar Jackson - neveu de Michael Jackson- qui incarne leur père à l’écran, du réalisateur Antoine Fuqua et de Jermaine Jackson, l’un des frères de Michael Jackson. Aux abonnées absentes : Paris et Janet Jackson.
La première, âgée de 28 ans, a estimé en septembre 2025 que le film était rempli « d’inexactitudes » et de « mensonges purs et simples » même si elle admettait que « les fans » de son père « qui vivent encore dans le fantasme seront contents du film ». La deuxième garde le silence, mais les médias américains racontent qu’elle aurait quitté une projection familiale du film, furieuse du résultat.
Aucune mention des accusations dans le film
Si la première mouture du film abordait les accusations d’agression sexuelle portées contre Michael Jackson, la version définitive n’en fait en effet aucune mention. La succession de Michael Jackson, impliquée dans la production du film, a découvert sur le tard qu’un accord juridique interdisait la représentation ou la mention de Jordan Chandler, le premier enfant à avoir accusé Michael Jackson d’abus sexuel, en 1993. 10 à 15 millions de dollars ont dû être remis sur la table pour relancer le tournage et supprimer ces scènes. Résultat : le film s’arrête à la tournée « Bad World Tour », en 1987, alors que MJ est au sommet de sa gloire. Les scandales, les accusations, le procès : tout est passé sous silence.
Un film pour l’argent
On vient de vous le dire : ce film est surtout destiné à « faire de l’argent » plutôt qu’à révéler une quelconque vérité. Les deux exécuteurs testamentaires aiment rappeler que la succession de la star, le « Michael Jackson Estate », était endettée à hauteur de 500 millions de dollars et au bord de la faillite au moment du décès de la star, mais qu’elle a été transformée en une entreprise générant des milliards de dollars de revenus. Le « Michael Jackson Estate » est notamment derrière le succès du spectacle « Michael Jackson : One » du Cirque du Soleil.
Sur le même sujet





















