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« Sinners », le film qui a battu tous les records avec 16 nominations aux Oscars 2026

Record historique de 16 nominations aux Oscars, « Sinners » s’impose comme le phénomène de l’année. Ryan Coogler signe un drame ambitieux, porté par Michael B. Jordan, dont le final audacieux divise la critique. Favori… Mais la course reste ouverte.

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Michael B. Jordan dans "Sinners", le film de Ryan Coogler qui a obtenu un record de 16 nominations aux Oscars. © DR
Écrit par Claude Budin-Juteau
Publié le 12 mars 2026, mis à jour le 13 mars 2026

 

Ça a fait sensation. « Sinners » a battu le record historique de nominations aux Oscars avec 16 citations, dépassant les 14 nominations de « La La Land », « Titanic » et « All About Eve ». Une performance qui place d’emblée le film dans la cour des grands - et dans la ligne de mire des sceptiques.

Le long-métrage, sorti en France en avril 2025, est nommé dans les catégories majeures : Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario original, Meilleur acteur, Meilleure actrice, Meilleur second rôle masculin et féminin, ainsi que dans des catégories techniques (photographie, montage, musique originale, décors, costumes, son, maquillage, effets visuels). Autrement dit : partout.

 

 

Écrit et réalisé par Ryan Coogler, à qui l’on doit déjà « Fruitvale Station », « Creed » et « Black Panther », « Sinners » raconte l’histoire de deux frères jumeaux, Elijah « Smoke » et Elias « Stack » Moore (tous les deux interprétés par Michael B. Jordan) qui, dans les années 1930, rentrent chez eux dans le Mississippi après avoir travaillé pour la mafia de Chicago. Ils achètent une scierie et un bar clandestin et mettent à profit leur expérience de gangsters pour assurer la prospérité de leurs affaires. Tout semble aller pour le mieux, mais des ennuis viennent de s'abattre sur la ville, des ennuis d'ordre surnaturel.

 

Entre drame social, chronique familiale et thriller psychologique

 

Pendant deux heures, le film navigue entre drame social, chronique familiale et thriller psychologique. Coogler dissèque la culpabilité, la foi et l’ambition avec une mise en scène ample et élégante. La photographie crépusculaire et la musique gospel contribuent à installer une tension presque biblique.

Les critiques ont largement salué l’ambition formelle du film et la performance magnétique de Michael B. Jordan, jugée « habitée », par plusieurs médias américains. Certains parlent d’un « grand mélodrame américain » et d’un film « opératique ». D’autres, plus réservés, reprochent une certaine emphase, un symbolisme appuyé et une durée qu’ils estiment excessive. Quelques voix ont aussi noté que le scénario, dense, flirte parfois avec la surcharge thématique.

Sans trop en dévoiler, la dernière demi-heure surprend : le film change brusquement de registre, basculant vers une dimension plus radicale - presque métaphysique - qui recontextualise ce que l’on croyait avoir compris. Ce virage audacieux a divisé : pour les uns, un coup de génie ; pour les autres, un excès de zèle. Mais personne ne peut nier que Coogler prend des risques.

 

« Une bataille après l’autre », de Paul Thomas Anderson, favori d’une partie de la critique

 

Côté récompenses, « Sinners » a déjà marqué la saison : triomphe aux guildes de producteurs et de réalisateurs, moisson de prix aux Critics Choice Awards, et accueil chaleureux aux Golden Globes. Dimanche dernier, aux BAFTA Awards, le film est reparti avec plusieurs trophées majeurs, dont celui du Meilleur scénario original. Sur scène, Ryan Coogler a livré un discours reconnaissant : « Je viens d'une communauté qui m'aime. Elle m’a convaincu que je pouvais y arriver, que je pouvais devenir écrivain. Et c'était incroyable d'être accepté dans la communauté des acteurs de cinéma, la communauté de Los Angeles… » En somme, tout pour séduire l’Academy, qui a jusqu’au 5 mars pour voter, la cérémonie étant le dimanche 15 mars.

Reste un obstacle de taille : « Une bataille après l’autre », le nouveau film de Paul Thomas Anderson, favori d’une partie de la critique et réputé plus « académique » dans son approche, a déjà gagné pas mal de fois dans la catégorie Meilleur film (lire notre article). La bataille s’annonce serrée. Mais l’histoire des Oscars l’a prouvé : les records ne garantissent rien - et les surprises font partie du spectacle.

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