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Timothée Chalamet : « Mon attitude tire tout le monde vers le haut »

Timothée Chalamet a adopté l’esprit sportif de son personnage dans « Marty Surpreme », qui sort en salles ce mercredi 18 février en France. Dans sa carrière, celui qui vient de décrocher le Golden Globe du meilleur acteur, à l’âge de 30 ans, vise la première marche du podium. Décrochera-t-il la statuette le 15 mars aux Oscars ? Rencontre avec un acteur ambitieux.

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Timothée Chalamet a remporté le Golden Globe du meilleur acteur pour son rôle dans "Marty Supreme" où il incarne un personnage ambitieux, comme lui. © DR
Écrit par Déborah Laurent
Publié le 18 février 2026, mis à jour le 19 février 2026

 

Tout Hollywood parle de lui et de sa prestation phénoménale dans « Marty Supreme », film de Josh Safdie dont on vous parlait ici. Le Franco-Américain Timothée Chalamet a doublé Leonardo DiCaprio aux Golden Globes et espère répéter l’exploit aux Oscars, le dimanche 15 mars prochain. 

Si on fait un arrêt sur image et un parallèle avec le film, Marty Mauser, cet homme féru de ping-pong prêt à tout pour y arriver, c’est un peu lui ! « Ce n’est pas le personnage le plus sympathique que j’ai interprété dans ma carrière, mais c’est celui qui me ressemble le plus », nous confirmait l’acteur, lors de son passage promotionnel à Los Angeles. Il dit partager avec lui la même « détermination farouche », la même « volonté » d’atteindre ses « objectifs professionnels.»

 

 

Timothée Chalamet, 30 ans depuis le 27 décembre, admet avoir un peu trop ressemblé à Marty au début de sa carrière. « J’étais un peu égoïste. Mais à la fin de la vingtaine, on sait davantage qui on est », philosophe-t-il. « C’est une période où on quitte le nid familial, on redéfinit ses relations avec ses parents, qui prennent une nouvelle forme. Parfois, on commence même à s’occuper de ses parents ou de ses grands-parents. Ma sœur a eu un enfant. On cesse d’être le centre de son propre univers, en fait. C’est naturel. C’est sain. Mais au début de la vingtaine…»

 

Il ne s’en cache pas : il n’est pas là pour participer

 

Il confie avoir longtemps « idéalisé la figure de l’artiste torturé ». Il adorait Kid Cudi, Joaquin Phoenix, Heath Ledger… « Moi aussi, je voulais être complètement paumé. Ils sont toujours mes héros mais j’ai envie d’être bien dans ma vie. Les films “A Complete Unknow”, dans lequel je jouais Bob Dylan, et “Marty Supreme” m’ont apporté cette confiance. J’ai compris que je n’avais pas besoin d’être dans la souffrance, comme je l’étais sur Beautiful Boy, par exemple.»

En incarnant un athlète à l’écran pour la première fois de sa carrière, Timothée Chalamet a adopté le mental qui va avec. Il ne s’en cache pas : il n’est pas là pour participer. Le prix de consolation, très peu pour lui. Il est là pour la victoire et la première marche du podium. Il l’a dit aux SAG Awards, en février 2025, en recevant le prix du meilleur acteur pour avoir incarné Bob Dylan dans « A Complete Unknown» : il poursuit « la grandeur », l’excellence, sinon rien. 

« Lors de mon discours aux SAG Awards, j’avais terminé ce film deux mois plus tôt et je n’étais pas encore sorti de l’état d’esprit du personnage. Cet état d’esprit, c’est une obsession de l’ascension, d’atteindre le sommet. J’ai le sentiment que cette attitude - celle de Marty Mauser, mais aussi celle que j’adopte dans le milieu - tire tout le monde vers le haut, parce qu’elle encourage chacun à donner le meilleur de lui-même.»

À ses yeux, beaucoup de ses pairs « manquent d’ambition ». « J’aimerais que d’autres acteurs se sentent aussi à l’aise de dire qu’ils poursuivent la grandeur, comme Marty Mauser le fait. Le mode de vie et les exigences du métier d’acteur sont tellement étranges qu’on ne peut rien faire d’autre que de vouloir être le meilleur. »

 

Il regrette le « malaise culturel » qui empêche les acteurs d’assumer leur talent

 

Prétentieux, Timothée Chalamet ? Ou ambitieux ? « Il y a une énergie et une culture qui sont très différentes aujourd’hui de quand j’étais adolescent. Le hip-hop que j’écoutais en 2010 parlait sans honte d’arriver au sommet. Je trouvais ça inspirant.» Il regrette le « malaise culturel » actuel qui empêche les acteurs d’assumer fièrement leur talent. « Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve mais ce qui m’intéresse le plus, c’est d’avoir le sentiment d’être l’auteur de mon propre travail en tant qu’acteur. C’est un sentiment qui permet de ne pas être un pion sur un grand échiquier. C’est ça le défi du métier d’acteur pour moi : avoir ma vision…»

« Marty Surpreme » sort le mercredi 18 février sur les écrans français. Le film est déjà officiellement le plus grand succès commercial de tous les temps du studio A24. Il a rapporté 147 millions de dollars dans le monde, alors qu’il doit encore sortir dans plusieurs grands territoires internationaux.

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