Margot Robbie et Jacob Elordi sont Catherine et Heathcliff dans la nouvelle adaptation ciné du roman « Les Hauts de Hurlevent » d’Emily Brontë. Un film esthétique, pop et cruel, qui sort en France ce mercredi 11 février, et aux États-Unis le vendredi 13 février, veille de la Saint-Valentin.


L’adaptation est risquée et Emerald Fennell le sait. En s’attaquant au grand classique de la littérature anglaise Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, la réalisatrice sait qu’elle va s’attirer les foudres des lecteurs. Pour s’en prémunir un maximum et ne pas mentir sur le produit final, elle a mis des guillemets autour du titre. « Wuthering Heights » s’inspire librement de l’histoire originale. Très librement.
La réalisatrice Emerald Fennell, à qui l’on doit « Promising Young Women » et le sulfureux « Saltburn » (qui était déjà loin de faire l'unanimité), a basé son scénario sur les souvenirs que sa lecture lui a laissés. Elle a confié avoir voulu réaliser le rêve des lectrices : un passage à l’action. Dans le bouquin, Catherine et Heathcliff se tournent autour mais ne consomment jamais leur amour. À l’écran, ils finissent par réaliser leurs fantasmes.
Un film cruel, sexy, romantique et drôle... Mais qui ne pousse jamais les curseurs à l’extrême
L’histoire est la suivante. La petite Catherine s’ennuie, alors son ivrogne de père lui ramène Heathcliff, un orphelin de son âge, en guise « d’animal de compagnie ». Ils grandissent ensemble et le jeune garçon devient un bien bel Apollon. Catherine est en émoi mais elle épouse son riche voisin plutôt que son âme sœur. Heathcliff a le cœur brisé et s’enfuit, pour revenir quelques années plus tard, transformé. Son absence la faisait languir, son retour est une torture : Catherine finit par succomber à celui qu’elle aime tant, tout en sachant qu’ils ne vivront jamais leur passion au grand jour.

Emerald Fennell reprend les thèmes qui lui sont chers et qu’elle exploitait déjà dans Saltburn : la lutte des classes, l’amour inassouvi, les manipulations, la vengeance… C’est cruel, romantique, sexy et assez drôle, mais les curseurs ne sont jamais poussés à l’extrême pour conserver le côté mainstream.
C’est vendu comme un film coquin mais on ne voit jamais rien. La tension sexuelle, illustrée par des mains qui jouent avec la substance visqueuse d’œufs crus, une pâte à pain qu’on pétrit, Jacob Elordi qui soulève Margot Robbie par le corset ou des vêtements qui collent au corps à cause de la pluie, est plus marquante que le coït en lui-même. Chaque passage à l’acte est englouti sous les robes longues et larges de Margot Robbie. On ne voit même pas un petit bout de peau. Résultat : on n’a pas été émoustillés un seul instant mais c’est peut-être parce que bien que les acteurs soient magnifiques, ils n’ont pas d’alchimie renversante.
Un choix de réalisation qui ravira la génération TikTok
Certaines scènes sont hideuses, comme celle de Jacob Elordi partant à cheval dans un soleil couchant si orange qu’il en fait mal aux yeux. D’autres sont magnifiques, comme celle où Margot Robbie s’avance dans les landes embrumées, vêtue d’une robe de mariée et d’un voile qui s’envole. Cette adaptation, portée par la musique lascive de Charlie XCX, est en réalité un long clip pop, digne de la grande époque MTV.
Ce choix de réalisation assumé va crisper les férus de littérature mais ravira la génération TikTok, qui a les pupilles dilatées à chaque apparition de Jacob Elordi à l’écran, et qui ne lira probablement jamais le roman. Personnellement, on savait à quoi s’attendre et on n’en espérait pas autre chose : Emerald Fennell a rempli son contrat. Elle livre un produit audacieux, superficiel, esthétiquement intéressant, qui se contente d’être divertissant sans chercher à lancer un débat sur les relations amoureuses toxiques.
Sur le même sujet





















