À plusieurs milliers de kilomètres du Parc des Princes, une poignée de passionnés fait vivre l’âme parisienne du football en plein cœur de la Californie. Lepetitjournal.com a rencontré Oliver Chatard et Antoine Alias, cofondateurs du PSG Club de Los Angeles. À quatre mois du Mondial 2026 de football, qui fait l’objet d’appels au boycott, ils promeuvent le rassemblement autour du ballon rond.


C’est lors du match PSG - Newcastle, le 28 janvier dernier, que nous rencontrons Olivier Chatard et Antoine Alias, cofondateurs du PSG Club de Los Angeles. Le club de supporters se rencontre traditionnellement au Ye Olde King’s Head, un bar sportif britannique de Santa Monica, pour vivre chaque match ensemble et partager cette passion commune. Fondé en 2016, le PSG Club de Los Angeles est né à l’occasion de la venue du Paris Saint-Germain aux États-Unis pour un tournoi international d’été. Contactés directement par le club afin de fédérer des supporters locaux, Olivier Chatard et Antoine Alias se lancent alors dans l’aventure.
Très vite, l’expérience dépasse toutes les attentes : visites des joueurs à l’hôtel, entraînements, rencontres avec le staff… Et surtout, un match mémorable au stade de Carson face à Leicester. Ce jour-là, entre 100 et 150 supporters parisiens occupent près d’un quart de virage, chantent, filment, mettent l’ambiance. Le PSG leur offre un maillot dédicacé par toute l’équipe, toujours précieusement conservé. Un souvenir fondateur et le début d’une relation durable avec le club, encore active aujourd’hui pour les grandes échéances.
Locaux, expatriés, étudiants, touristes de passage suivent ensemble les matchs du PSG à Santa Monica
Dix ans plus tard, le fan club s’est structuré sans jamais perdre son esprit : une trentaine de membres actifs et des milliers de supporters de passage qui trouvent le groupe en cherchant simplement où regarder un match du PSG à Los Angeles. Car chaque rencontre est diffusée au même endroit, dans ce pub de Santa Monica Ye Olde King’s Head, devenu leur QG.
Locaux, expatriés, étudiants, touristes de passage : le public est mixte, mais l’émotion est la même. Beaucoup arrivent à Los Angeles convaincus qu’ils devront regarder le match seuls dans leur chambre d’hôtel, et découvrent une vraie communion, chants compris, comme à Paris.
Pour Olivier Chatard et Antoine Alias, cette passion remonte à l’enfance. L’un découvre le PSG en 1993, adolescent à Boulogne, lors de matchs devenus mythiques. L’autre y va dès l’âge de sept ans avec son père, membre des instances du football amateur. Le Parc des Princes reste un lieu de souvenirs fondateurs. Recréer cette atmosphère à Los Angeles est aussi une manière de mieux vivre l’éloignement, de maintenir un lien affectif avec la France.
À l’approche de la Coupe du monde, l’actualité s’intensifie. Face à des billets hors de prix, parfois plusieurs centaines de dollars dès les matchs de poule, « c’est décevant pour les supporters », ne cache pas Olivier Chatard. Le fan club va ainsi privilégier l’organisation de watching parties en créant le France Club USA, pensé en lien avec le consulat de Los Angeles et d’autres villes comme New York, Atlanta, Dallas ou même le Canada et le Mexique. Objectif : rassembler les supporters autour du football, puis prolonger l’initiative lors des Jeux olympiques à Los Angeles en 2028 et « maintenir cette joie et l’esprit de communauté du football qui doit rassembler, et non exclure ».
« On ne veut pas que la politique l’emporte sur notre passion »
Loin des débats politiques et des appels au boycott venus notamment d'Allemagne (lire notre article), Olivier Chatard et Antoine Alias revendiquent une chose : « Nous, on est des passionnés de foot. J’aime l'idée de boycotter, mais le foot, c’est tellement passionnel que cela passe au-dessus de tout ça, assure Antoine Alias. On a assez de problèmes comme ça, le foot et le sport c’est ce qui nous permet de nous évader ».
« Le foot c’est la communion, donc on veut rassembler », résume Olivier Chatard. À Los Angeles, le PSG Club prouve qu’un chant, un maillot et un ballon suffisent parfois à recréer un sentiment d’appartenance, même à l’autre bout du monde.




















