La dernière édition de Sundance, le grand rendez-vous du cinéma indépendant, s’est achevée ce dimanche 1er février dans l’Utah, avant un déménagement dans le Colorado l’année prochaine. Voici les cinq films dont vous entendrez parler cette année.


L’édition 2026 de Sundance avait un petit goût de page qui se tourne. C’est la première fois que l’événement avait lieu sans son fondateur, Robert Redford, décédé le 16 septembre dernier, et la dernière fois que le festival se tenait à Park City dans l’Utah. À l’avenir, ce rendez-vous des films indépendants se tiendra à Boulder dans le Colorado.
Sundance est un festival à part, dénicheur de films importants. C’est là que « Reservoir Dogs », « The Blair Witch Project », « Little Miss Sunshine », « Whiplash », « Hereditary », « Get Out », « Call Me by Your Name » ou encore « Past Lives » sont nés. Nous avons vu les films qui ont marqué Sundance 2026 et dont on entendra parler dans l’année.
« Joséphine » de Beth de Araújo
Récompensé du Grand Prix du Jury Américain et du Prix du Public du Meilleur film dramatique américain, « Joséphine » est un film qui ne laissera personne indifférent. La réalisatrice Beth de Araújo s’est inspirée de sa propre expérience pour raconter l’histoire d’une enfant de 8 ans (Mason Reeves) qui assiste à l’agression sexuelle d’une jeune femme dans un parc. Joséphine, c’est son prénom, ne sait pas quoi faire avec ce qu’elle a vu, elle qui ne savait même pas que le sexe existait. Ses parents non plus. Ils pensent que ne pas lui en parler la protégera, mais ne pas mettre de mot sur l’agression à laquelle elle a assisté la traumatise encore plus. C’est un film qui parle de l’innocence de l’enfance qui prend fin brutalement, de parentalité, de justice. C’est dur et très bien joué. Channing Tatum est excellent dans le rôle du père démuni, maladroit, qui croit que les problèmes se règlent grâce à l’effort physique. « Joséphine » continuera son aventure à la Berlinale, du 12 au 22 février.
« The Invite » d’Olivia Wilde

C’est le film de Sundance qui a fait monter les enchères. A24 a acheté « The Invite », le troisième film d’Olivia Wilde après « Booksmart » et « Don’t Worry Darling », après une guerre sans pitié avec Focus Features, Netflix, Neon, Apple, Searchlight et Black Bear. 12 millions de dollars ont été mis sur la table. Le film réunit Seth Rogen et Olivia Wilde, qui incarnent un couple qui ne s’entend plus, et Penélope Cruz et Edward Norton, qui sont leurs voisins du dessus et qui se révèlent échangistes. Une comédie mordante qui fera parler cette année.
« Nuisance Bear » de Gabriela Osio Vanden et Jack Weisman

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Le documentaire récompensé du Grand Prix du Jury dans la catégorie Documentaire montre comment les ours polaires, créatures admirées mais redoutables, sont contraints de vivre dans un monde humain, plein de touristes et de chasseurs. L’histoire de « Nuisance Bear » était d’abord un court-métrage muet, les réalisateurs Gabriela Osio Vanden et Jack Weisman ont développé leur sujet dans un film qui parle du réchauffement climatique et du capitalisme qui empiète sur les modes de vie des autochtones.
« Bedford Park » de Stephanie Ahn

Le Prix du Jury du Premier Long Métrage a été donné à Bedford Park de Stephanie Ahn pour « son histoire racontée avec profondeur et talent ». Le film raconte l’histoire de deux enfants d’immigrants coréens aux États-Unis. Il s’intéresse aux mal-être et à l’identité fragmentée des Américains de première génération, tiraillés entre le seul pays qu’ils connaissent et celui que leurs parents ont quitté.
« Tuner » de Daniel Roher

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Il n’a rien gagné mais « Tuner » est notre petit coup de cœur personnel. Le film raconte l’histoire de Niki, joué par Leo Woodall vu dans la série « Un jour » sur Netflix notamment. Il est accordeur de piano et il travaille avec son mentor, Harry, incarné par Dustin Hoffman. Il souffre d’hyperacousie, une affection qui le rend extrêmement sensible aux bruits forts et stridents, mais qui lui permet aussi d’être excellent dans son travail. Son « don » va l’emmener là où il n’aurait jamais cru aller. C’est un thriller touchant, avec des personnages profondément humains et gentils. Daniel Roher, le réalisateur du documentaire oscarisé « Navalny », signe sa première fiction et c’est une réussite. Bonne surprise : le Français Jean Reno y tient un petit rôle.
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