Gesaffelstein a reçu son premier Grammy Awards sur la scène du Crypto.com Arena de Los Angeles, ce dimanche 1er février, pour son remix d’ « Abracadabra » de Lady Gaga. Qui est le mystérieux Lyonnais, 40 ans, surnommé le « prince noir de l’électro » ?


Masque noir étincelant sur le visage, costume, noeud papillon et gants noirs, Mike Lévy, alias Gesaffelstein, est monté sur la scène du Crypto.com Arena de Los Angeles, ce dimanche 1er février 2026 pour recevoir son premier Grammy Award, pour son remix d’« Abracadabra », de Lady Gaga, dans la catégorie du meilleur enregistrement remixé. Un simple salut, un baiser soufflé à la foule, et il a tourné les talons, sans prononcer un mot. Fidèle à l’esthétique sombre et mystérieuse devenue sa signature, au cours d'une quinzaine d'années d’ascension aussi discrète que puissante sur la scène techno internationale.
Né à Lyon en 1985, Mike Lévy commence la musique à l’adolescence, fasciné par les synthétiseurs et les sonorités électroniques. Le déclic vient de sa rencontre avec le Grenoblois The Hacker, qui devient son mentor. Très exigeant, il se forge un univers sonore singulier, sombre, inquiétant et minimaliste. Son pseudonyme est une contraction entre Gesamtkunstwerk (nom d'un album de Dopplereffekt qui signifie « œuvre d'art absolue » ) et le nom d’Albert Einstein.
« Aleph », en 2013, un tournant dans la techno moderne
Après ses premiers EP très remarqués à la fin des années 2000, son premier album « Aleph », sorti en 2013, provoque un électrochoc. « Un disque choc, maléfique et oppressant qui confirme tous les espoirs mis en lui » salue Laure Narlian dans cet article de France Info. L'album est considéré comme un tournant dans la techno moderne, avec des titres comme « Pursuit » et « Hate or Glory ». La même année, Gesaffelstein aimante les fans à son premier festival de Coachella.
Repéré par des stars mondiales, il collabore avec Kanye West ( « Yeezus » en 2013), A$AP Rocky (sur le titre « In Distress » en 2014), The Weeknd (avec le titre « Lost in the Fire » sorti en janvier 2019 dans l’album « Hyperion » de Gesaffelstein), ainsi que Daft Punk ou Pharrell Williams (avec le morceau « Blast Off », sorti en mars 2019), apportant sa touche techno sombre à des albums pop, hip-hop et électroniques. Son album « Gamma », sorti en mars 2024, s’accompagne d’une énorme tournée internationale en 2025, mise en scène en Europe par Pierre Claude et Marie de Testa, qui passe par les Vieilles Charrues ou We Love Green.
Car entre-temps, sa collaboration avec Lady Gaga le propulse vers de nouvelles sphères. En 2025, il co-écrit et co-produit trois chansons du très médiatisé album « Mayhem » de l’icône pop, qui vient de décrocher le Grammy du meilleur album pop vocal. Le 11 avril 2025, il est l’invité surprise du show de Lady Gaga sur la scène de Coachella, où il électrise la foule en jouant « Killah » et son remix d’ « Abracadabra », masqué et tout de noir vêtu. Un personnage de science-fiction qui lui permet de préserver sa vie privée, en mettant en avant uniquement sa musique.
« Il se cache derrière son oeuvre »
Très discret, Gesaffelstein n’a pas donné d’interview depuis cette émission de France Inter, en 2013, et s’affiche très peu sur les réseaux sociaux. « Il se cache derrière son œuvre. Même dans ses albums, il y a très peu d'informations. Il faut dire qu'il fait tout tout seul, dans son studio aux États-Unis. Même nous, qui le suivons depuis 2015, on ne sait pas tout de lui » affirme sa manageuse, citée dans cet article très fouillé du Parisien, publié en juin 2025. À 40 ans, il est devenu l’un des rares artistes français à être reconnu à la fois par le public underground et par l’industrie musicale mondiale - une carrière sous les feux de la rampe avec ce premier Grammy Award.
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