Lundi 24 janvier 2022
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Retour vers un mois d’ascenseur émotionnel

Par Corentin Mittet-Magnan | Publié le 06/01/2021 à 19:27 | Mis à jour le 06/01/2021 à 19:55
Photo : Blueberry Maki - Unsplash
bilan fin 2020 début 2021

Depuis le début du mois de décembre, les Londoniens et Londoniennes sont passés par toutes les émotions possibles et imaginables. Entre allégements des restrictions puis reconfinement, vaccin et nouvelle souche, Brexit et fermeture des frontières, que d’émotions !

 

Si le début du mois de décembre avait été porteur de bonnes nouvelles illustrées par l’approbation d’un premier vaccin et l’assouplissement des règles d’isolement à l’arrivée sur le sol de sa majesté, la suite du mois et le début de 2021 ont pris les allures d’une spirale négative sans fin.

 

Début décembre, une lumière apparaît au bout du tunnel

Souvenez-vous du mercredi 2 décembre 2020. C’était il n’y a pas si longtemps et pourtant cette période nous paraît déjà bien lointaine. Ce jour là, quelques jours après les déclaration de Matt Hancock évoquant des « signes prometteurs » dans l’évolution de l’épidémie, la ville de Londres se réveillait avec un beau lever de soleil, en accord avec la fin d’une partie des restrictions mises en place depuis plus d’un mois et l’annonce d’un vaccin approuvé. Tant de choses se sont passées depuis qu'on en oublierait presque l’importance capitale de cette journée.

Le week-end suivant, le maire de Londres Sadiq Khan appelait même les habitants de Londres à se rendre dans les magasins pour faire leurs achats de Noël. Le lundi d’après, le 8 décembre, Margaret Keenan âgée de 90 ans devenait la première personne à recevoir le vaccin de Pfizer et BioNTech. Le Royaume-Uni se voyait dès lors entrer dans le début de la fin de l’épidémie. Les nouvelles règles concernant l’organisation de l’isolement à l’arrivée au Royaume-Uni entrent d’ailleurs en vigueur peu de temps avant la mi-décembre. Les voyageurs en provenance de pays à risque, dont la France, peuvent désormais sortir de quarantaine au bout de cinq jours grâce à deux tests négatifs. La quatorzaine n’en était plus une au passage puisqu’elle venait d’être réduite à dix jours. En somme, et à l’échelle du monde covidé, tout allait bien dans le meilleur des mondes.

 

Un Noël chaotique

Tout cela, c’était sans compter sur ce bougre de Covid-19 et sa capacité à muter dangereusement ainsi que sur notre ami Brexit, lui aussi très en forme. Arrivé au milieu du mois, les chiffres des contaminations au Covid-19 repartent à la hausse. Boris Johnson et ses équipes annoncent la découverte d’une nouvelle souche du virus, potentiellement 70 % plus contagieuse. C’est la fin de la courte période d’espoir entamée au début du mois. Le 14 décembre, Londres repasse dans le Tier 3 des restrictions. Les bars, pubs, restaurants et commerces ferment encore une fois et la rule of 6 fait son grand retour.

Ca fait déjà beaucoup n’est-ce pas ? C’est pourtant si peu face au chaos du 20 décembre. Ce jour-là, Boris sort de son chapeau un nouveau Tier, sûrement le bienvenu au vu de la situation épidémique mais tellement décevant au regard de son inefficacité et de ses conséquences sur le quotidien des londoniens. Noël est annulé, l’exception concédée précédemment en faveur des quelques jours autour du 24 n’existe plus et il n’est plus possible de sortir de sa région ou de se rendre dans un autre foyer que le sien. Pour couronner le tout, un par un, les pays ferment leurs frontières aux voyageurs en provenance du Royaume-Uni. Dommage qu’ils n’aient pas eu la même idée avec la Chine au mois de mars !

 

Un avant goût de presque Brexit

En quelques heures, le Royaume-Uni se retrouve coupé du monde. La quasi-totalité des pays européens lui ferment leurs frontières. La France interdit l’ensemble des déplacements en provenance du Royaume-Uni, les expatriés et les transporteurs de marchandises sont pris au piège. Les liaisons maritimes et le tunnel sous la Manche cessent de fonctionner. Des files de camions interminables commencent à se former, provoquant des embouteillages monstres dans le Sud de l’Angleterre. Malgré la réouverture des frontières le 23 décembre pour les personnes en capacité de présenter un test négatif, la situation mettra plus d’une semaine à se résorber. Des centaines de chauffeurs routiers passeront Noël seuls dans leurs camions.

Difficile d’en tirer tout de suite des conclusions mais il est tentant de s’imaginer que cette décision si brutale du gouvernement français de fermer les frontières, ait pu illustrer la volonté de mettre au passage un coup de pression aux Britanniques sur le Brexit ? Le 24 décembre, entre la dinde et la bûche et au lendemain de la réouverture des frontières, l’Union Européenne et le Royaume-Uni annoncent la conclusion d’un accord au terme d’un authentique chemin de croix. Le no-deal n’aura pas lieu et les scènes de milliers de camions s’agglutinant à Douvres et Folkestone ne se prolongent pas. Les représentants des 27 pays de l’UE entérinent l’accord le 28 décembre talonnés de près par les parlementaires britanniques le 30. De quoi finir 2021 sur un semblant de note positive même si l’abandon d’Erasmus laisse un goût amer.

 

2020 est mort, vive 2021 !

Adieu 2020, une année de m*rd*e pour parler franchement. Nous sommes tous bien heureux de nous être débarrassés tant bien que mal de 2020 et l’annonce de l’approbation d’un deuxième vaccin, celui d’Oxford et AstraZeneca, le 30 décembre laisse présager d’une accélération de la campagne de vaccination et, qui sait, peut-être du vrai début de la vraie fin de l’épidémie.

Mais gare à ce nouvel adversaire, cette souche mutante qui se propage beaucoup plus rapidement. Lundi 4 janvier, quand Brian Pinker, âgé de 82 ans, devient le premier britannique à recevoir le nouveau vaccin, le Royaume enregistre des records de contaminations et l’allocution télévisée du Premier ministre le soir-même ne présage rien de bon. Bingo. L’Angleterre et l’Ecosse renouent avec un confinement national et strict, qui pourrait durer un moment. Hier, mardi 5 janvier, le Royaume-Uni a dépassé pour la première fois les 60 000 cas quotidiens établissant au passage son nouveau record.

 

Le bilan de cette fin 2020 et du début de 2021 est donc bien triste, rempli de faux espoirs et de marches-arrières. Difficile de se réjouir de ce qui nous attend à court terme mais croisons les doigts pour que 2021 soit l’année de la victoire contre l’envahisseur Covid !

 

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