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Paddington vu par Fabien Furst, entrepreneur dans l'industrie musicale

Par Charles-Antoine Jaubert | Publié le 16/05/2019 à 09:54 | Mis à jour le 17/05/2019 à 12:16
 Fabien Furst Londres Paddington Royaume-Uni musique industrie

À tout juste 31 ans, Fabien Furst, originaire de Compiègne, dirige désormais deux agences de communication dans la musique, une à Paris et une à Londres et compte Janet Jackson parmi ses clients. Retour en interview sur sa vision de la musique et son quartier Paddington, lieu central de son business.

Lepetitjournal.com Londres : Depuis quand travaillez-vous à Londres et en quoi consiste votre métier ?

Fabien Furst : J’habite à Londres depuis un peu plus de trois ans. Auparavant, j’y venais une semaine par mois pour m’occuper d’une de mes entreprises Furst Agency, lancée en 2011 et basée à Londres. J’ai aussi une société française qui s’appelle Slay. J’ai mis deux ans pour les construire. Mon métier est un mix de chef de projet et d’attaché de presse. Je développe des artistes très connus comme Janet Jackson ou totalement inconnus. En France, j’ai pu accompagner des artistes comme Tal, Bob Sinclar, Shy’m, MC Solaar, Patricia Kaas ou Kids United. Cette année, je me consacre plus sur des artistes en développement sur le marché européen. J’ai par exemple en 2013 géré le marketing digital de David Carreira de A à Z. Il était mon premier client de Warner et cela m’a servi de tremplin. J’aime la notion de challenge.

Pourquoi avoir choisi Londres pour vivre ?

J’ai toujours rêvé de réussir en Angleterre, mais pas forcément à Londres. Au départ, je détestais cette ville. J’avais une nette préférence pour la campagne anglaise où je venais avec ma famille en vacances. Après avoir signé David Carreira, je suis venu une semaine à Londres en 2013. Quand je suis rentré en France, je me suis rendu compte que ma place était à Londres et non à Paris. Au départ, je louais un studio à Marble Arch puis je me suis fait des contacts. J’ai aussi passé six mois à West Hampstead avant de venir m’installer en 2016 à Paddington.

Quelle est la différence dans la façon de travailler dans la musique entre la France et l’Angleterre ?

Les Anglais vont droit au but. Ils savent prendre des risques et se remettre en question. La France possède une mentalité de suiveur. Il faut toujours rassurer les Français avant de faire les choses et lorsqu’un échec arrive, la fin du monde est proche… Dans la mentalité anglo-saxonne, la notion de travail et de réussite prédominent. Ce n’est pas facile tous les jours, mais il faut prendre des risques pour avancer. Ils ont une vision à long terme là où les Français sont parfois impatients et où leur frustration peut décrédibiliser leurs projets. Les artistes anglais l’ont compris comme la chanteuse Rita Ora. Elle a mis quelques années à se faire connaître et a connu des difficultés avec des problèmes de contrats dans certaines maisons de disques. Malgré ses échecs, elle a su faire des featuring, être jury de télécrochets, faire du cinéma et de la mode. C’est une vraie bosseuse. Il faut travailler pour réussir et Rita Ora l’a compris. L’époque a changé, il n’y a plus de Britney Spears, par exemple, qui dure depuis 20 ans et génère toujours autant d’argent, notamment avec une résidence à Las Vegas. En général, les carrières ne durent pas plus de dix ans. Il faut se réinventer.

Faut-il se diversifier pour être écouté en 2019 ? La musique ne suffit-elle plus ?

Pour réussir avec le streaming, il faut être identifié. Les gens consomment le streaming mais ne savent pas vraiment qui chante la chanson. Il est difficile d’identifier un artiste en 2019. Rita Ora est devenue égérie de marques à la fois cheap comme Boots mais aussi de luxe pour toucher une audience large, qui va des jeunes qui n’ont pas d’argent aux adultes de 40-50 ans qui ont les moyens. Les réseaux sociaux sont aussi très importants pour identifier un artiste. Avec Facebook, Twitter, et surtout Instagram, un transfert de cette audience sur les plateformes streaming est obligatoire de façon à ce que les gens aient identifié l’artiste pour consommer sa musique. Je pense par exemple que la chanteuse Dua Lipa est suivie sur Instagram parce qu’elle est jolie et a un fort capital sympathie. C’est ensuite que beaucoup vont écouter sa musique. Il faut réussir à être identifié pour avoir du succès dans les charts et faire aussi beaucoup de scène. 

Janet Jackson est votre plus grande fierté professionnelle ?

Janet est un rêve pour tout le monde. J’ai acheté son disque All For You en 2001 au Carrefour à Compiègne et depuis un an, je gère sa campagne de promotion en France et un peu en Angleterre. Je n’aurais jamais pensé pouvoir en arriver là. Cela s’est fait grâce à une rencontre en 2014 avec le manager / directeur artistique d’un artiste britannique dont je gérais la promotion en France. Après avoir travaillé sur quelques projets ensemble, il m’a proposé en 2018, de m’occuper de Janet. Je n’aurais jamais signé avec Janet si j’étais resté à Paris. Londres crée des opportunités qui n’existent pas ailleurs. Quand je parle de notion de travail, c’est pour ce genre d’artiste. Tout arrive pour une raison et les jeunes aujourd’hui ont tendance à être négatifs, se dire que tout est compliqué. Lorsqu’on est motivé et sérieux, même si ce n’est pas facile moralement ou financièrement, il est possible d’y arriver. La signature de mon contrat avec Janet en est l’exemple parfait !

Retournez-vous souvent en France ? Qu’est-ce qui vous manque le plus ?

J'y vais seulement une fois par mois, voire toutes les 6 semaines pour des rendez-vous professionnels et aussi voir ma famille, mais c’est tout. Maintenant, j’ai la plupart de mes relations et amis de toutes nationalités à Londres dont 3 ou 4 amis français.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus à Londres et dans la culture anglaise ?

Ce que j’aime à Londres, c’est l’ouverture d’esprit des gens qui est incroyable. A Paris les gens sont très individualistes. A Londres, je ne ressens pas ça. C’est multiculturel, personne ne jugera personne sur sa couleur de peau, sa religion, sa sexualité, son métier, son look… J’aime leur façon de vivre. Après, je pense qu’il y n’y a pas de grandes différences dans leur façon de vivre. Ils ont aussi un côté très poli, parfois un peu too much. Ils vont dire oui à tout. Dans une relation de business et de gestion de conflit, cela met du positif dans le travail. La culture française et la culture anglaise disposent chacune d’aspects négatifs et positifs. Elles sont complémentaires. S’il était possible de faire un mix des deux, quelle mentalité géniale nous aurions au quotidien. Aussi, Londres m’a changé car j’étais très timide et j’ai pu rencontrer facilement plein de gens. C’est très simple, dans un pub, un bar ou lors d’un concert. Je trouve aussi que l’Angleterre donne plus sa chance en matière de travail. J’ai des amis qui ont bossé dans des magasins en tant que vendeurs et se sont retrouvés managers en trois mois.

Pourquoi avoir choisi le quartier de Paddington pour vivre ?

J’ai toujours adoré l’ouest de Londres qui est un peu plus bourgeois et résidentiel. Il existe aussi des quartiers très touristiques comme Notting Hill ou Westminster. L’est est plus populaire, hipster ou artistique. Paddington c’est typiquement Londres. Ma rue ressemble un peu à Kensington avec une avenue et des résidences victoriennes. Avant je louais un studio à Marble Arch situé à 5 minutes à pied de Paddington. Je ne pouvais pas concevoir de vivre en dehors de Central London. Je n’ai pas de temps à perdre dans les transports. C’est pour cela que je fais tout à pied ! La majorité de mes rendez-vous sont à Soho ou Kensington qui représentent 20 à 30 minutes à pied. Je vais aussi souvent à Nothing Hill ou Warwick Avenue où mes amis sont basés. Dans le quartier j’ai tout, de ma salle de gym aux commerces et restaurants, jusqu'à beaucoup de mes amis.

Quelles sont vos bonnes adresses dans ce quartier ?

Pour prendre un café ou un brunch, je conseille Clifton Nurseries à Warwick Avenue qui est à cinq minutes à pied de chez moi. De dehors, c’est une boutique de plantes avec un petit café secret à l’intérieur. Plein de gens ne le savent pas. Cet endroit est super beau hiver comme été. C’est très agréable. Pour les restaurants, j’aime Pomona’s sur Westbourne Grove où j’aime faire mes rendez-vous clients ou bruncher avec mes amis le week-end ainsi que B&H Garden Room à Leicester Square pour un brunch le weekend qui offre une superbe vue sur Londres grâce à son rooftop. Pour boire un verre, j’aime énormément un rooftop situé sur Leicester Square qui appartient à l’Indigo Hotel. Vous y avez une superbe vue de Londres et c’est très calme. Niveau salle de sport, j’ai une préférence pour la chaîne Nuffield. J’aime beaucoup Hyde Park pour courir. J’adore y organiser des pique-niques et c’est à trois minutes à pied de chez moi. L'été à Paddington Central, l’esplanade propose des concerts. J’aime cette ambiance et je les ai d’ailleurs contactés pour savoir si y a pas des choses à développer ensemble. J’affectionne aussi beaucoup Merchant Square l’été avec des écrans géants qui diffusent des événements comme la coupe du monde ou Roland Garros. C’est gratuit avec de la wi-fi et des transats. J’aime bien travailler là bas en plein air et au soleil.

Quel est votre QG ? Y a-t-il d’autres endroits hors Angleterre que vous aimez particulièrement ?

L’Indigo Hotel indéniablement. Dans cet endroit, je fais tous mes rendez-vous professionnels et je donne rendez-vous à mes amis pour prendre un verre. J’ai découvert cet endroit grâce à une amie et son blog Mon Paris Joli passionnée par les Rooftop. Nous l’appelons justement notre QG ! J’aime aller y travailler de temps en temps, cela me sort de chez moi. L’endroit est calme le matin comme l’après-midi. A force, je connais le manager et le personnel est très sympa. En France, j’aime beaucoup l’Alsace qui est une région reposante. On s’y trouve vraiment déconnecté. J’ai passé aussi beaucoup de temps en Bretagne. A l’étranger j’adore New York, Los Angeles, Amsterdam, Berlin…Cette année je compte voyager un peu plus. J’aimerais avancer dans le développement de mon business en Allemagne par exemple.

Charles-Antoine Joubert

Charles-Antoine Jaubert

Rédacteur stagiaire au sein de l’équipe LePetitJournal.com de Londres. Journaliste apprenti à l’ESJ Pro
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