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Londres : futur paradis fiscal ?

Par Tiziano Taillibert | Publié le 22/01/2020 à 16:03 | Mis à jour le 22/01/2020 à 16:12
Photo : Colin Watts - Unsplash
Londres paradis fiscal brexit avenir Boris Johnson

Alors que ce mardi a sonné l’ouverture du sommet de Davos, de nombreux manifestants sont venus montrer leurs inquiétudes face à l’impact du Brexit sur la lutte contre les paradis fiscaux. 

 

La politique de Boris Johnson ne fait pas que des heureux. A Londres, de nombreux activistes se mobilisent contre les risques de l’après-Brexit. Leurs craintes ? Que le Premier ministre joue la carte du dumping fiscal, et que Londres se transforme en un paradis… fiscal. John Christensen, figure de proue de la lutte contre l’évasion fiscale et aux premiers rangs de la mobilisation, résume son pessimisme quant à l’avenir de la capitale et de la City « On redoute que Boris Johnson recule sur des régulations européennes comme la publication d’informations sur les compagnies ou sur les trusts en particulier. Tout cela constitue une grave menace, pas seulement pour l’UE, mais pour le reste du monde. »

Une politique ultra-libérale 

Sajid Javid, le nouveau ministre des Finances britannique, a longtemps travaillé à Singapour, pour le compte de la banque allemande Deutsche Bank, ce qui a fait émerger chez certains, l’idée qu’il pourrait transformer Londres en un « Singapour sur Tamise ». En d’autres termes, comme à Singapour, le Royaume-Uni pourrait réduire ses taxes pour attirer les entreprises et les investisseurs, et ainsi doubler ses voisins européens. 

Mais même si une telle politique peut permettre de relancer l’économie du pays, elle risque également de creuser un peu plus encore les inégalités au sein de la population. 

Plus proche d’une dystopie que de la réalité 

Malgré tout ce bruit, les chances de voir Londres devenir un « super paradis fiscal » au lendemain du Brexit, sont peu nombreuses. Pour comparer avec Singapour, les deux économies n’ont ni la même histoire, ni le même poids. Les contre-pouvoirs, là encore, ne sont pas les mêmes, de la même façon que le régime autoritaire en vigueur à Singapour est impossible à implanter dans la capitale britannique. 

Un premier indice quant à la politique menée par le gouvernement sera l’impôt sur les sociétés. Actuellement à 19 % (contre 28 % en France), Boris Johnson souhaite comme prévu l’abaisser à 17 % durant l’année. Mais face notamment à la pression des soignants, en proie à une crise historique, le Premier ministre va-t-il vraiment pouvoir tenir cette promesse faite en 2016 par le gouvernement conservateur de David Cameron ?

 

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