L’ambition d’une nouvelle vie pour nos emblématiques cabines rouges

Par Ines Tancrede | Publié le 27/06/2021 à 14:59 | Mis à jour le 28/06/2021 à 12:13
Photo : Annie Spratt - Unsplash
Une cabine téléphonique rouge à Londres

De nos jours, il est inconcevable d’imaginer le paysage anglais sans ses bus rouges à deux étages, taxis noirs, et cabines rouges, n’est-ce pas ? Le projet de démantèlement des cabines rouges risque de causer du souci à plus d’un amoureux du territoire de sa Majesté. Pas de quoi se faire un sang d’encre puisque vous continuerez de les voir mais reconverties à de toutes nouvelles fonctions… qui vous réservent bien des surprises !

 

Quid des cabines téléphoniques ?

Initialement créées sous le nom “K1” par la société nationale British Telecom en 1921, ces cabines étaient destinées aux zones rurales et se fondaient dans l’environnement grâce à leurs couleurs variées. Victimes de leur succès mais générant d’importants coûts de fabrication, les cabines multicolores K1 laissent la place à sa petite sœur K2 et à son emblématique dôme. Ainsi est exposé au grand jour le modèle rouge au côté duquel nous nous serions presque tous pris en photo.

Petit retour en arrière

Le téléphone fut inventé en 1860 par Johann Philipp Reis afin de transmettre du son à distance via le courant électrique. Révolutionné en téléphone portable par Martin Cooper en 1973, puis en smartphone par IBM (International Business Machine) en 1994, vous partez du principe que le téléphone portable s’est largement démocratisé au détriment du sans fil. Pour preuve : un taux de pénétration du téléphone portable de 67% de la population mondiale en 2020.

Toutefois, détrompez-vous, il est toujours d’actualité d’utiliser ces cabines téléphoniques. 33 000 coups de fil passés chaque jour. Comptez au minimum 60 pences par minute pour un appel, dont 40 pences exigées pour la mise en service. Des cartes prépayées feront aussi la joie des habitués des appels internationaux mais attention à la liste limitative des pays couverts par l’opérateur britannique.

Certes, cette utilisation a chuté de 90% en une décennie mais elles font toujours le bonheur des touristes souhaitant contacter le monde entier à l’abri ou des jeunes générations nées “avec un téléphone portable à la main”.

Plus qu’une anecdote vécue, ne perdez pas de vue que les modalités de paiement étaient prévues par pièces de monnaie en 10p, 20p, 50p ou £1 ! Vous l’imaginez bien, il faudra sûrement passer par un ATM en remplacement des pièces car très peu d’entre elles ont été modernisées par un lecteur de cartes de crédit/débit depuis 1967, date à laquelle ont été créées les cartes bancaires.

Les cabines téléphoniques et leur utilisation de nos jours

L’entretien technique des cabines, auquel est venu se rajouter beaucoup de vandalisme, ont entraîné le démantèlement de 20 000 d’entre elles par British Telecom en 2017. Pas de panique, ces symboles rouges ne disparaîtront pas de sitôt du paysage londonien, d’abord pour des raisons administratives car les règles de démantèlement sont très strictes. Une cabine ne peut être rasée qu’à condition qu’une de ses jumelles soit située à moins de 400 mètres de celle-ci et ce n’est qu’ensuite que cette cabine peut être achetée par une autorité ou bien “adoptée” par des associations au sein du programme “adopter une cabine”.

Nouvelles reconversions à venir 

Détrompez-vous car l’une des 92 000 cabines qui faisait partie intégrante du paysage londonien en 2002 pourrait bel et bien arriver dans votre chambre comme objet de décoration. Et oui vous avez bien lu, certaines cabines sont vendues à un prix de départ de £2.750 ou bien cédées à des collectivités et associations pour 1£ symbolique. Qui plus est, cette initiative sauvegarde le patrimoine et fait le bonheur de plusieurs sans-abris sous le dôme des 130 cabines inutilisées et adoptées par l’association “Red Kiosk Company”.

Pour les grands gourmands, un nouveau souffle a été prévu pour plus de 4 000 d’entre elles comme coffee shop et afternoon tea. Ne vous en faites pas, il y en a pour tous les goûts puisque d’autres cabines sont converties en bibliothèque libre service, de quoi découvrir de nouveaux styles littéraires et, qui plus est, de tous les horizons.

Afin de conserver leur utilité initiale, les cabines pourraient être également converties en distributeurs de billets, bornes wifi ou même encore bornes de recharge pour véhicules électriques. Plus qu’un héritage, il serait regrettable de détruire ces symboles de sa Majesté !

Lors de votre prochain séjour à Londres, vous regarderez sans doute d’un œil différent les mythiques cabines rouges dont les fonctionnalités sont désormais multiples !

 

 

Ines Tancrede - Journaliste junior Londres

Ines Tancrede

Éternelle amoureuse de la nature et de la photographie. Inconditionnelle baroudeuse à la découverte de nouvelles cultures. Curieuse d’esprit, jusqu’au-boutiste et férue de sport. Inlassable bout-en-train et latina dans l’âme.
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