Vendredi 24 septembre 2021
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Laurent Damiani d’Inspiring Sport Capital : le sport comme vecteur d’innovation

Par Damien Bouhours | Publié le 08/08/2021 à 10:25 | Mis à jour le 08/08/2021 à 10:35
Laurent Damiani d’Inspiring Sport Capital

Laurent Damiani est président et co-fondateur d’Inspiring Sport Capital. C’est fort de 30 ans d’expérience dans le marketing et l’industrie du sport, que cet investisseur et entrepreneur français à Londres nous parle des enjeux du monde sportif post-covid et des innovations qu’il peut apporter.

 

 

Plus de 40% des Européens déclarent pratiquer une activité sportive régulière

 

En tant que président et fondateur d’Inspiring Sport Capital, pourquoi investir dans le sport aujourd’hui ?

Tout d’abord parce-que le sport est une des industries les plus dynamiques au monde. Elle pèse plus de 1200 milliards, soit environ 2% du PIB mondial. Et sa croissance est très supérieure à celle de l’économie en générale. Les audiences télé des grands événements sportifs sont de loin les plus fortes et la pratique est très importante, plus de 40% des Européens déclarent pratiquer une activité sportive régulière. Pour des investisseurs comme nous qui connaissons les leviers de cette industrie et pouvons anticiper l’évolution des modèles économiques, il y a énormément d’opportunités à saisir. Le marché est extrêmement fragmenté composé de nombreuses PME avec un fort potentiel de croissance car peu transformées digitalement et développées internationalement, agissant sur des secteurs très différents mais complémentaires (équipementiers, technologies, services, infrastructures, loisirs, média…). Enfin le sport est sans doute une des activités économiques parmi les plus disruptives et innovantes.

 

Le comportement des nouvelles générations apporte un mode de consommation du sport beaucoup plus communautaire

 

En quoi l’innovation dans le sport vous semble-t-elle primordiale ?

Le comportement des nouvelles générations apporte un mode de consommation du sport beaucoup plus communautaire. C’est le développement des événements de masse ou bien de pratiques individuelles connectées pour partager ses données, c’est également la création de nouveaux formats de compétition et l’émergence de nouvelles pratiques (e-sport, Formula-e, Stand-up paddle, Padel-tennis, Spinning bike, foot à 5, etc.). Et puis c’est une chaîne d’expérience avec une valeur ajoutée beaucoup plus grande grâce à l’engagement des fans. C’est ce qu’on appelle la « gamification » du sport avec sa dimension virtuelle d’événements physiques, de réalité augmentée, d’enrichissement éditorial lors des retransmissions télévisées ou de données exclusives sur votre smartphone dans le stade. Par ailleurs, les technologies marketing d’analyse et d’optimisation des audiences sont des éléments centraux de leur monétisation. De manière générale on constate que le sport est devenu un terrain de jeu et d’expérimentation qui peut servir de modèle pour de nombreux autres secteurs économiques.

 

L'équipe de la Global Sports week
L'équipe de la Global Sports Week

 

Comment voyez-vous l’avenir du sport dans un monde post Covid ?

Le Covid a démontré à quel point le sport représentait un besoin fondamental pour nos sociétés. L’industrie du sport a prouvé sa résilience face à la crise et la pratique du sport a montré tous les bienfaits qu’elle pouvait apporter en termes de liberté retrouvée, de santé et de bien-être. Le Covid va façonner le monde pour des générations. Et le sport va accélérer la transformation dans la manière dont il est structuré et la manière dont il est consommé. Premièrement, le sport est devenu si central dans la vie quotidienne des gens que des nouvelles possibilités de le pratiquer et de le consommer sont apparus que ce soit à la maison avec des concepts tel que Peloton, à travers des apps et des tutoriels, ou sur les réseaux sociaux avec des champions et des marques qui fédèrent massivement leurs communautés derrière eux. Deuxièmement, les grands événements en live reviennent (Roland-Garros, l’Euro de foot, les jeux-Olympiques…). Ils vont demander plus d’attention car ils soutiennent l’économie du sport et apportent des bénéfices tangibles à la société. Troisièmement, le confinement de l’économie et les perturbations qu’il a eu sur toute la chaîne de production et de distribution vont contribuer à une consolidation du secteur, et tout particulièrement en ce qui concerne les équipementiers. Les vainqueurs de cette consolidation vont accélérer l’innovation dans la fabrication écoresponsable des produits et dans leur distribution online. Enfin dans ce nouveau monde, le sport va continuer à apporter de plus en plus de valeur et de sens avec un impact positif pour la société en termes de santé, d’environnement, d’éducation ou d’inclusion sociale.

 

La Global Sports week à Paris
La Global Sports week à Paris

 

Vous êtes co-fondateur de la Global Sports Week, quel est l’enjeu de cet évènement ? 

Avec mon associé Lucien Boyer, nous avons eu pour ambition dès le départ de créer un événement annuel influent, inspirant et créateur de valeur pour l’écosystème pour faire de Paris et de la France une place centrale du sport dans la dynamique de l’accueil des grands événements avec notamment la Coupe du Monde de Rugby 2023 et les Jeux-Olympiques de Paris 2024. Placé sous le haut-patronage du Président Emmanuel Macron, il s’inscrit parfaitement dans l’idée d’un « Choose France » ou d’un Davos du sport pour réfléchir aux grands enjeux de transformation. La première édition s’est déroulée en février 2020 au Carrousel du Louvre à Paris avec près de 2 500 acteurs du monde du sport, de l’économie et de la société. En février 2021, Covid oblige, l’événement est devenu digital avec un hub central à Paris au 1er étage de la Tour Eiffel et des connections avec les 5 villes olympiques (Tokyo, Pékin, Milan, Dakar et Los Angeles) fédérant plus de 20 000 contacts à travers le monde. En 2022, nous visons le meilleur des deux avec un événement hybride, à la fois physique et digital. Nous offrons aux leaders du sport une plateforme d’échanges et de réflexion avec les acteurs de la société civile sur le sens de nos actions et de nos engagements collectifs. Nous avons par exemple créé le GSW Booster, un appel à projets international pour promouvoir et accompagner des initiatives en matière de développement durable avec le soutien des Nations Unis. Nous organisons également le plus grand concours de start-ups du sport au monde et réunissons à cette occasion près de 250 investisseurs.

Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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