

Quel est le point commun entre le demi-visage de Double face dans Batman, l'elfe de maison dans Harry Potter, Kreattur et un clip du groupe de musique Gorillaz ? Harry Bardak ! Ce nom ne vous dit rien et pourtant vous avez dû voir pas mal de ses créations au cinéma ou à la télé. Le Français installé à Londres depuis 6 ans est spécialiste en effets visuels, à ne pas confondre avec effets spéciaux. La grande partie de son travail se fait sur un ordinateur
(Photo / Fatna Messaoudia)
C'est dans le quartier de Soho, dans "le coin des infographistes" (c'est lui qu'il le dit), qu'il passe le plus clair de son temps. Harry, 31 ans, travaille pour FrameStore, l'une des plus grandes entreprises européennes dans le domaine des effets visuels.
LePetitJournal.com/londres : Dans quels films avez-vous ajouté votre patte ? Harry Bardak : Les plus connus seraient Harry Potter et l'ordre du phoenix, OSS 117, Batman the Dark Knight. J'ai aussi participé à de nombreuses publicités et clips musicaux. Sur les films, j'ai travaillé soit sur une séquence bien précise, pour Harry Potter celle avec l'elfe Kreattur ou OSS 117 (le premier) la scène dans l'eau. Ou alors comme sur Batman, juste sur un effet visuel, en l'occurrence la partie brûlée du visage de Double face. Quand je dis juste un effet visuel, pour seulement cette moitié de visage, il a tout de même fallu mobiliser une quarantaine de personnes pendant plusieurs mois.
Pouvez-vous raconter un effet visuel en particulier sur lequel vous avez travaillé ?
C'était dans Batman, cette moitié de visage nous a posé bien des problèmes. L'équipe du film s'est rendue compte qu'il n'était pas possible, pour des raisons techniques, de faire juste un effet spécial avec du maquillage. Du coup, ils ont dû utiliser le virtuel... Accroché quelque chose à l'acteur sans que ça le gêne était impossible. Ce que l'on a fait, c'est qu'on a utilisé un marqueur sur son visage pour faire des repères au niveau de ses expressions. On pouvait désormais situer sa tête dans l'espace, et avoir l'expression de son visage à chaque moment. L'astuce a été de faire un double virtuel de l'acteur, pour pouvoir y accrocher la partie virtuelle du visage. Ça a l'air simple, mais c'est assez complexe à faire. C'est très précis, sinon ça ne fonctionne pas. Le but du jeu, c'est que les spectateurs voient le film mais pas ce que j'ai fait. Sinon j'ai mal fait mon boulot!
Qu'est-ce qui vous a amené à Londres ?
Je suis venu dans la capitale pour un projet, cela devait durer trois mois. Les trois mois sont passés et je suis resté. Être à Londres m'a tout de suite plu. Il faut savoir que dans mon métier, cette ville est une immense plateforme pleine d'opportunités. Je viens de Paris, et je peux le dire, les projets sont plus intéressants et mieux payés ici. J'y ai désormais ma vie. Pendant un moment, j'avais pour projet de d'abord rester à Londres, puis de partir aux USA mais je n'en ai plus du tout envie.
Comment en êtes-vous arrivés là ?
Je suis passionné par mon travail. Mon père m'avait offert ma première tablette graphique lorsque j'avais dans les 8 ans, je dessinais dessus et j'imprimais mes dessins. Mais j'ai surtout appris sur le tas ! A l'époque, quand j'ai débuté dans le métier, il y avait peu d'écoles et elles étaient très chères. J'ai commencé tôt à 16-17 ans, je m'exerçais chez moi. J'ai commencé à bosser à 20 ans, d'abord à Paris puis à Londres. Au début tu gravis doucement les échelons, tu vas sur les clips vidéo puis à force de travail, on te fait confiance. C'est là où tu commences à aller sur les tournages de films. J'ai eu aussi la chance de rencontrer la bonne personne au bon moment.
Fatna Messaoudia (www.lepetitjournal.com/londres) mercredi 1er juin 2011
Pour voir un échantillon de son travail :
Harry Bardak Showreel 2008 from Harry Bardak on Vimeo.























