Installée à Londres depuis cinq ans, Alexia, avocate en droits humains et jeune maman, vient de lancer Castine, une marque de maille pensée entre la capitale britannique et la France. Pour sa première collection, un seul modèle décliné en trois couleurs, fabriqué en Normandie à partir de laine mérinos extrafine. Une manière de défendre une autre idée de la mode : produire moins, mais mieux.


Il y a d’abord eu les après-midis bretons, auprès de sa grand-mère. Et puis la laine, les aiguilles, les mailles qui s'enchaînent et ce savoir-faire transmis presque naturellement. Bien des années plus tard, c’est ce souvenir familial qui a ressurgi pour donner naissance à Castine.
« C’est ma grand-mère qui m’a appris à tricoter », raconte Alexia. « J’ai toujours eu cet amour de la laine et de la matière. » Aujourd’hui installée à Londres, où elle travaille comme avocate en droits humains au sein d’une ONG, la Française a choisi de se lancer dans un univers bien différent de celui du droit : la mode.
L’idée mûrit pendant son congé maternité, avec une envie assez simple : créer une marque qui lui ressemble : colorée, élégante et surtout plus attentive à la manière dont les vêtements sont fabriqués. « Je voulais faire quelque chose de responsable », résume-t-elle.
Produire moins, mais produire mieux
Castine arrive ainsi sur un marché de la mode déjà largement saturé, mais avec une approche volontairement différente. Pas de dizaines de références pour un premier lancement : la marque commence avec un seul produit, L’Original, un pull décliné en trois coloris : Sable, Encre et Framboise.

Le principe est celui de la précommande. Les clientes commandent leur pièce, puis la production est lancée. Une organisation qui permet à Alexia de limiter les stocks et, surtout, d’éviter la logique de surproduction. « Il y a beaucoup de marques sur le marché, mais rarement avec un design vraiment original », estime-t-elle. « Je voulais proposer quelque chose de différent, tout en faisant attention à la manière dont le produit est fabriqué. »
Le choix de la matière a lui aussi demandé du temps. Alexia s’est plongée dans l’univers de la filature et du tricot industriel, découvrant un vocabulaire et des techniques très éloignés de ses précédentes expériences professionnelles : les différentes unités de mesure de la laine, les jauges des machines à tricoter, qui déterminent notamment l’épaisseur et le rendu d’une maille. « J’ai dû apprendre énormément de choses sur la laine, sur les machines, sur les différentes jauges… C’était un vrai apprentissage », explique-t-elle.
Pour son premier modèle, elle a finalement choisi une laine 100 % mérinos extrafine certifiée RWS, une certification qui encadre notamment le bien-être animal et les pratiques liées à l’élevage : « Je voulais vraiment une laine qui respecte l’animal », insiste-t-elle.
Des idées londoniennes et un atelier normand
Si Castine est née à Londres, son premier pull est, lui, produit en France. Il est tricoté et confectionné en Normandie, dans un atelier labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV).
Pour Alexia, la rencontre avec les ateliers français a été déterminante. Ce sont les ateliers français qui ont été les plus ouverts à m’accompagner dans cette aventure nouvelle », raconte-t-elle. Avec donc une production en petite quantité : « Cela limite les coûts et surtout, ça évite de produire des centaines d’articles qui finiront invendus », souligne la fondatrice.
Une belle façon de renouer avec une certaine idée de la mode, plus artisanale et plus durable, sans pour autant renoncer à la modernité.
Castine, de la Bretagne à Londres, en passant par les Etats-Unis
Le nom de la marque lui-même en dit beaucoup sur son ADN, développé dans l’esprit de famille et l’originalité. Alexia avait d’abord pensé à Marguerite, en hommage à sa grand-mère. Mais alors qu’elle se trouve dans le Maine, sur la côte Est des États-Unis, elle reçoit un appel de son avocate : le nom est déjà pris. Son mari lui fait alors une autre proposition, inspirée de la ville où ils se trouvent : Castine. « Je me suis dit : pourquoi pas ? Et puis ça sonnait bien français », glisse-t-elle avec un sourire. Le nom restera.
Car si Castine revendique un ADN français, Londres occupe une place centrale dans le projet. C’est dans la capitale britannique qu’Alexia vit, travaille et a trouvé l’élan nécessaire pour entreprendre. « Londres est une ville où les idées circulent très vite. On s’y sent encouragé à créer, à entreprendre et à essayer de nouvelles choses », explique-t-elle.
Avec Castine, elle souhaite aussi faire découvrir à Londres un savoir-faire du textile hexagonal, tout en construisant une entité capable de voyager au-delà des frontières.
Alexia pense déjà aux prochaines créations Castine
Castine vient tout juste d’être lancée mais Alexia pense déjà à la suite. « J’aimerais prolonger l’aventure au-delà de ce premier modèle. Pourquoi pas sortir un nouveau produit tous les trois ou quatre mois ? », imagine-t-elle.
De nouveaux pulls pourraient venir garnir la collection, tout comme d’autres accessoires : foulards en laine, bandanas ou autres pièces de maille. À terme, Alexia envisage également une distribution auprès de quelques revendeurs soigneusement sélectionnés.
Mais pour l’instant, l’heure est au premier chapitre, celui de L’Original. Un pull, trois couleurs, une fabrication normande et une production déclenchée par les commandes. Une petite collection qui résume finalement assez bien l’esprit du projet : prendre le temps de faire les choses, plutôt que de produire à tout prix
Pour commander ce premier modèle : Les précommandes de L’Original sont ouvertes jusqu’au 20 septembre sur le site de Castine. Le pull est disponible en trois coloris : Sable, Encre et Framboise, au prix de £255. Les pièces sont ensuite fabriquées en Normandie et doivent être livrées à partir de la mi-novembre. Les commandes sont ouvertes aux clients en France, au Royaume-Uni et à l’international. Lien vers le site pour les commandes > Castine Paris


































