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CLEMENCE DE CRECY/CLEMENTINE COMMUNICATIONS LTD – « les relations presse d’hier n’existeront plus demain »

Par Lepetitjournal Londres | Publié le 15/05/2013 à 22:00 | Mis à jour le 08/02/2018 à 14:02

Clémentine Communications est une agence de relations publiques, relations presse et évènementielle spécialisée dans le luxe et l’art de vivre, établie à Londres et Paris. Dans un monde où la communication des marques s’est entièrement digitalisée, l’entreprise fondée en 2008 s’est adaptée en ouvrant une antenne spécialisée dans les réseaux sociaux. Clémence de Crécy, fondatrice et directrice générale de l’agence, revient pour lepetitjournal.com sur la nouvelle expression des marques de luxe

Juriste de formation, Clémence de Crécy est arrivée à Londres il y a une dizaine d’années. Au début de sa carrière, elle s’occupe du respect du droit de l’appellation "Champagne". C’est ainsi qu’elle se découvre une passion pour le secteur de la communication. Elle retourne alors à Paris pour obtenir un master en marketing international au Celsa. Une période de stage doit venir valider l’année de formation. A l’époque, aucune opportunité ne se présente pour elle en France. Elle décide donc de tenter sa chance de l’autre côté de la Manche. Une décision fructueuse puisque ce n’est finalement pas un stage qui l’attend mais bien son premier emploi dans l’environnement des vins et spiritueux de luxe. Quatre ans plus tard, elle fonde sa propre agence, Clémentine Communications Ltd, spécialisée dans un secteur porteur : celui du luxe. Le luxe est présent partout, tout le temps et diffusé en masse : campagnes internationales multimédia, multicanal, pour finir par l’expression du web social, où toutes les marques du marchés sont attendues.

Lepetitjournal.com - Pouvez-vous nous présenter votre agence Clémentine Communications ?

Clémence De Crécy - Clémentine Communications est une agence de communication spécialisée dans les produits de luxe et art de vivre. Nous gérons les relations publiques, les relations presse et l’évènementiel. Il y a un an et demi, nous avons ouvert une antenne afin de nous spécialiser aussi dans les réseaux sociaux. Des clients nous suivent depuis des années maintenant, comme la marque de champagne Nicolas Feuillatte, n°3 mondial et n°1 en France en terme de ventes, ou encore la célèbre Maison du Chocolat, qui possède désormais quatre boutiques à Londres. 

Pour les non-initiés, pouvez-vous décrire les activités de votre agence ?

Nous nous occupons de contacter des journalistes, de rédiger des communiqués de presse. Nous organisons aussi des conférences, des dîners dans de grands restaurants, des évènements consommateurs, presse et bloggeurs. Nous nous occupons également désormais des réseaux sociaux de nos clients, essentiellement  Facebook, Twitter et LinkedIn.

Vous vous appelez Clemence de Crécy, pourquoi Clémentine Communications ? 

Mon agence c'est moi, mais aussi mes équipes. Donc hors de question d'indiquer mon nom. Clémentine Com nous paraissait frais, dynamique et coloré. Comme nous avons commencé l'agence avec des marques Fast-moving consumer goods (FMCG), cela collait bien à l'identité de la boîte. Nous n'en avons jamais changé. 

Vous avez débuté votre carrière par quelques années dans les vins et spiritueux de luxe… Quel a été le déclic pour voler de vos propres ailes ?

Plus qu’un déclic, être entrepreneur est une attitude, une façon de penser. J’ai toujours été très autonome. Je suis une personne qui aime travailler dur et voir les résultats de mon travail. Il est très difficile de devenir entrepreneur si vous n’avez pas cette petite chose en vous qui vous dit "vous l’êtes !". Etre entrepreneur, c’est savoir être solitaire, tout en sachant s’entourer des bonnes personnes. Ce n’est pas facile au quotidien.

Votre première expérience vous a-t-elle été utile au lancement de votre entreprise ?

Oui, dans le sens où je bénéficiais d’un réseau, comme la Chambre de Commerce de d’Industrie française, Ubifrance et d’autres institutions. Ils m’ont aidé à ouvrir ma société rapidement. En 2008, j’ai ouvert Clémentine Communications à Londres avec immédiatement trois employés. En 2012, j’ai ouvert des bureaux à Paris car mes clients sollicitaient des campagnes internationales. Nous avons donc aujourd’hui deux sociétés.

Le digital, le web 2.0, semble être une tendance à intégrer d’urgence pour tout bon communicant. Vous avez d’ailleurs lancé, au sein de votre agence, une spécialisation sur les réseaux sociaux. Quel constat vous a poussée vers cette nouvelle « discipline »?

Je pense que les relations presse d’hier n’existeront plus demain. Il y a 10 ans, on ne travaillait qu’avec des journalistes qui voulaient des communiqués de presse papier, envoyés par courrier. Il y a 5 ans, on nous a dit d’arrêter d’envoyer des courriers afin de privilégier les emails. Aujourd’hui, je traite avec de grands journalistes du Times ou de magazines comme Glamour ou Marie-Claire via les réseaux sociaux.

Et le temps réel devient une opportunité…une petite révolution dans le monde de la communication…

En une ligne de 140 caractères maximum, on transmet notre message. L’essentiel est dit. Tout est fait via les réseaux sociaux par le biais de conversations très rapides. Il s’agit d’organiser l’interview de clients, de préparer des voyages de presse et d’autres choses plus poussées. Mais le premier contact est aujourd’hui différent de celui d’hier.

Ce n’est pas parce qu’on communique sur les médias sociaux que l’on doit transiger sur la qualité. Êtes-vous d’accord avec ceux qui affirment que réseaux sociaux, c’est l’avenir ? 

Prenez l’exemple du magazine FHM. Une équipe composée de dix personnes se charge du magazine, de la publicité, de l’évènementiel, du site internet et des réseaux sociaux. La presse papier a du mal à survivre. Il faut trouver les médias de demain. Je suis convaincue que les réseaux sociaux ont un rôle à jouer. Définitivement oui, il s’agit des moyens de communication de l’avenir.

Et que dire de vos équipes ?

Nous sommes six à Londres, quatre à Paris. Comme je vous l’ai déjà dit, l’entreprenariat est un métier très solitaire, mais pour grandir, l’entrepreneur doit savoir s’entourer. La clé de la réussite d’un business est d’embaucher les meilleurs. Il faut être bon partout. Le recrutement s’avère donc une étape difficile. Mais j’ai de la chance depuis quelques années d’être entourée de personnes très douées. C’est rare et cela peut prendre du temps.

Comment construisez-vous votre réseau de clients ?

Pour 95% de notre portefeuille, il s’agit essentiellement de la recommandation. Tous nos clients ont été satisfaits et parlent de nous en bien. Nous sommes également proactifs au niveau new business. Nous participons à des évènements de networking. Je sors beaucoup avec mes équipes pour essayer de rencontrer du monde. L’agence compte aujourd’hui quinze clients, entre Londres et Paris.

Votre agence a été lancée en 2008. Depuis, vous vous développez à l’international et on peut affirmer que les affaires vont bien. Quel est votre business model ?

Notre façon de travailler consiste à faire payer des honoraires mensuels, sur des contrats minima de douze mois. Nous collaborons avec certains clients depuis plus de huit ans. Une relation de confiance s’est installée. Il renoue donc leur contrat. Nous nous mettons d’accord sur les objectifs, les choses à écrire, les opérations à mener, le nombre de journalistes à inviter par événement, des cibles médiatiques, etc. Nous travaillons sur des résultats bien tangibles. Ces objectifs sont fixés par année, par trimestre ou par mois, selon les clients.

Comment définir les relations avec vos clients?

Nous sommes très proches. Je leur parle toutes les semaines. Je les appelle si ils sont à l’étranger. Des rapports sont écrits tous les quinze jours sur les actions à mener, à suivre, celles qui sont en cours. Nous les tenons informer des échantillons envoyés. Il existe un énorme suivi de l’agence. Le client se sent ainsi rassuré. Il connaît quasiment au quotidien nos activités. Ainsi, nous faisons partie intégrante des équipes même si nous sommes un fournisseur extérieur.

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Pour l’instant, nous travaillons autour de plusieurs domaines : gastronomie et vins, arts de vivre et voyages ou encore auto moto. Nous venons de créer une division enfance et éducation. Il s’agit d’un vaste business ici à Londres. C’est un secteur que nous ciblons afin de le développer.

Le budget communication des entreprises est souvent le premier à souffrir des restrictions budgétaires. Vos activités ont-elles été impactées par la crise économique et financière qui a touché le marché britannique?

Les trois dernières années ont été assez dures en raison de la récession sur le marché britannique. Nous avons dû nous séparer de trois membres de nos équipes. Néanmoins, je constate que le marché repart depuis le début de l’année. Dans le domaine des vins et spiritueux, les gens sont moins frileux. Ils se rendent compte du pouvoir du marché en Angleterre. J’observe que les budgets communication reviennent. Aussi, les Français commencent à comprendre l’importance des médias sociaux et ils ont besoin d’aide pour mettre en place des campagnes de communication sur ces réseaux. C’est pourquoi, en janvier dernier, j’ai embauché une nouvelle communicante, à plein temps, pour cette division. Mon objectif d’ici la fin de l’année est de revenir sur mon chiffre d’affaires d’il y a trois ans, avant la crise.

Vous avez choisi de laisser derrière vous une carrière dans le droit pour la communication. Qu’est-ce qui vous motive jour après jour ?

Le travail en équipe me motive : aider les juniors à progresser, les former. Les nouveaux challenges aussi. Nous travaillons avec les médias. Il faut savoir faire preuve d’adaptation, car c’est un environnement en perpétuel mouvement. Certes, nous connaissons nos clients, mais nous ignorons de quoi demain sera fait. Il peut y avoir des nouvelles de dernières minutes. Nous devons être réactifs, à l’affût de la moindre information qui aura une incidence sur nos activités. Nous lisons la presse tous les matins, nous écoutons la radio, regardons la télévision.

Avez-vous un exemple concret de cet impact ?

Il y a peu, le gouvernement anglais voulait taxer les pourboires dans les restaurants. Nous comptons beaucoup de clients dans la restauration. Nous avons donc appelé certains d’entre eux pour avoir des réactions. Grâce à cette réactivité, les citations recueillies sont passées sur tous les médias britanniques, comme BBC1 par exemple. Etre à l’affût de ce qu’il se passe dans le monde et bien connaître les clients est essentiel. Nous sommes une extension de leur équipe.

Vous avez créé Clémentine Communications il y a plusieurs années maintenant. Vous êtes passée outre des difficultés. Quelles sont les clés pour réussir, selon vous ?

A Londres, il ne faut pas avoir peur de se lancer, d’essayer pour réussir. Il ne faut pas non plus hésiter à demander conseil. Je le répète, il est important d’être bien entouré, même de personnes meilleures que soi. Je me suis beaucoup inspirée de certaines rencontres. J’ai appris en échangeant avec ces personnes. Etre entrepreneur, c’est aussi savoir écouter, savoir prendre conseils et savoir travailler très dur… mais, il y a beaucoup de récompenses après.

Vous avez aujourd’hui des bureaux à Londres et Paris, l’approche est-elle différente dans ces deux capitales européennes ?

Le système britannique est méritocratique. Si vous en valez la peine, on vous donnera les moyens de réussir, peu importe votre âge, votre éducation. En France, le système est complètement différent. Je n’avais même pas 30 ans quand j’ai crée ma société à Paris. Clairement, le regard a été différent de lorsque je l’ai crée à Londres. En France, on regarde votre âge, vos études… même vingt ans après, peu importe le niveau de poste auquel vous postulez.

Enfin, quelles leçons tirez-vous de cette expérience entrepreneuriale ?

J’aime et j’adore ce que je fais. J’ai une chance incroyable de me lever chaque matin pour aller travailler. Je n’ai aucun regret d’avoir choisi une autre voie que le droit. D’ailleurs, je me sers énormément de ma formation de juriste, pour écrire les contrats par exemple. De plus, maintenant que j’ai une équipe et des activités stables avec mes clients, je profite d’une plus grande flexibilité pour gérer aussi ma vie familiale.

Ainsi, le luxe a ses raisons que la raison ignore : portez les nouvelles technologies à ébullition et innover. L’espace digital sert à ça : surprendre en beauté.

Donia Hachem (www.lepetitjournal.com/londres) jeudi 16 mai 2013

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