Le gouvernement britannique et le groupe énergétique Eni ont annoncé jeudi 24 avril le lancement du projet Liverpool Bay CCS, qui prévoit d’acheminer puis d’enfouir du dioxyde de carbone sous les fonds marins de la baie de Liverpool. Une initiative qui s’inscrit dans la stratégie du Royaume-Uni de “devenir un leader mondial de la transition énergétique.”


Un projet d’envergure dans la baie de Liverpool
Dans un communiqué publié jeudi 24 avril, le gouvernement britannique et le groupe énergétique Eni ont officialisé un accord visant à capter, transporter et stocker du CO₂ issu d’installations industrielles du nord-ouest de l’Angleterre et du nord du pays de Galles. L’objectif : enfouir chaque année plusieurs millions de tonnes de dioxyde de carbone dans d’anciens réservoirs de gaz naturel, situés sous les fonds marins de la mer d’Irlande, dans la baie de Liverpool.
Le projet, baptisé Liverpool Bay CCS, repose sur la conversion d’infrastructures déjà existantes, notamment des plateformes offshore et 149 kilomètres de pipelines terrestres et sous-marins. Il prévoit également la construction de 35 kilomètres de nouveaux pipelines pour connecter les sites industriels au réseau de transport de CO₂.
Le lancement des travaux est prévu pour cette année, avec une mise en service en 2028.
We’ve reached Financial Close for the Liverpool Bay CO₂ T&S project with a storage capacity of 4.5 million tonnes of CO2 in the 1st phase. A key step in enabling industrial decarbonisation and supporting the UK’s net-zero ambitions.@energygovuk @HyNetNWhttps://t.co/zvVDKHRKCw pic.twitter.com/QsawpaGoG6
— eni (@eni) April 24, 2025
Un investissement colossal du gouvernement britannique
En octobre 2024, le gouvernement britannique avait déjà annoncé un plan d’investissement massif de 22 milliards de livres sterling sur 25 ans, pour développer des pôles de captage et de stockage de carbone dans plusieurs anciennes zones industrielles.
Dans son communiqué, le ministère britannique de l’Énergie affirme que ce partenariat “démontre l’engagement du Royaume-Uni à faire du développement du secteur CCS un levier clé de sa stratégie de décarbonation et de sa politique industrielle, en cohérence avec l’objectif plus large du pays de créer des opportunités de croissance dans les régions industrielles et l’ambition de devenir un leader mondial de la transition énergétique.”
The government has finalised a major deal with energy company @eni who will award around £2bn in supply chain contracts for the Hynet Carbon Capture & Storage network.
— Department for Energy Security and Net Zero (@energygovuk) April 24, 2025
Backing 2,000 jobs in North Wales & the North West of England, this is another milestone in our Plan for Change pic.twitter.com/YEcLEC3M6l
Une nouvelle filière industrielle et des “milliers d’emplois”
Le ministre britannique de l’Énergie, Ed Miliband, a salué le lancement d’une “toute nouvelle industrie d’énergie propre”, qui permettra de “créer des milliers d’emplois hautement qualifiés” et “de revitaliser les communautés industrielles” du pays.
“Notre partenariat avec Eni montre le gouvernement travaillant main dans la main avec l’industrie pour stimuler la croissance et soutenir ingénieurs, soudeurs et électriciens dans notre mission de devenir une superpuissance de l’énergie propre. Nous assurons la sécurité énergétique du Royaume-Uni pour protéger familles et entreprises et générer des emplois”.
La phase de construction du projet devrait mobiliser à, elle seule, environ 2.000 emplois, selon les estimations du gouvernement.
“Notre partenariat avec Eni montre le gouvernement travaillant main dans la main avec l’industrie pour stimuler la croissance et soutenir ingénieurs, soudeurs et électriciens dans notre mission de devenir une superpuissance de l’énergie propre. Nous assurons la sécurité énergétique du Royaume-Uni pour protéger familles et entreprises et générer des emplois”. Ed Miliband
Un projet salué par le GIEC, mais critiqué par les ONG
Le projet Liverpool Bay CCS est soutenu par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui considère la capture et le stockage du CO₂ comme une solution non-négligeable pour réduire l'empreinte carbone de certaines industries lourdes, comme la sidérurgie, les cimenteries ou les usines de valorisation énergétique des déchets.
Cependant, plusieurs ONG de défense de l’environnement critiquent ce choix technologique, qu’elles considèrent comme une solution de court terme. Elles dénoncent un investissement massif dans ce secteur, plutôt que dans les énergies renouvelables.
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