Édition internationale

POLEMIQUE- Du rififi chez les Bobbies

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012
Plusieurs affaires récentes placent la police britannique sous le feu des critiques et portent un coup à sa réputation de modération
L'attitude des policiers pendant les manifestations est particulièrement critiquée (photo Alexia Eychenne)
Les Bobbies sont-ils en train de perdre la confiance des Anglais? Les médias britanniques semblent le penser, depuis la suspension jeudi du policier qui aurait violemment poussé Ian Tomlison, mort d'un arrêt cardiaque pendant les manifestations anti-G20. La vidéo montrant la scène a été publiée mercredi par le Guardian et l'affaire a été tardivement confiée à une commission indépendante de la police.
Mais sa saisine n'a pas suffi et les journaux dénoncent des méthodes de plus en plus musclées, notamment de la part de la Metropolitan police de Londres. Pour Philip Johnston du Telegraph, "la police plonge dans une crise qui remet en question sa discipline, son attitude et son arrogance". "Pendant longtemps la majorité des gens la défendait toujours mais les choses ont changé", poursuit-il.

"Une police pas toujours propre"
Surnommés les Bobbies, les agents anglais ont longtemps fait figure de policiers idéaux. Patients, courtois, préférant la prévention à la répression, ils misaient sur la proximité et portaient pour seule arme une matraque. En 2005, 72% des Britanniques déclaraient encore faire confiance à leur police, contre à peine plus de 65% dans l'ensemble de l'Europe.
Dans les jours qui ont suivi le sommet du G20, les médias avaient d'ailleurs salué l'action des forces de l'ordre. Seul le Guardian a continué à enquêter sur le décès de l'homme de 47 ans. Sa mort n'a alors pas tardé à en rappeler une autre: celle de Jean-Charles de Menezes, un électricien brésilien confondu avec un terroriste et abattu par la police en 2005.
Une affaire qui, comme celle de ces derniers jours, avait sérieusement terni la réputation de Scotland Yard. Pour Duncan Campbell, ancien spécialiste de la justice au Guardian, "ces problèmes montrent que la police n'est pas toujours aussi propre que ce que l'on a voulu croire pendant longtemps, et que comme partout ses rapports avec les citoyens sont souvent compliqués".
Alexia Eychenne (londres@lepetitjournal.com) lundi 13 avril 2009

La gaffe du chef de la section anti-terroriste
Alors que la Metropolitan police de Londres tente de garder la face après l'affaire Ian Tomlison, le chef de la section anti-terroriste de Scotland Yard a dû présenter jeudi sa démission. Son crime? S'être fait photographier mercredi avec, en évidence sous le bras, un document confidentiel qui annonçait une vaste opération anti-terroriste pour les jours suivants. Sa maladresse a forcé la police à lancer prématurément et en plein jour une vague d'arrestations de suspects dans plusieurs villes du pays. (LPJ- 13/04/2009)
lepetitjournal.com londres
Publié le 13 avril 2009, mis à jour le 13 novembre 2012
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