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Londres rend hommage aux victimes des attentats du 7 juillet 2005, vingt ans après

Vingt ans après les attaques terroristes du 7 juillet 2005, Londres s’est recueillie en mémoire des 52 victimes tuées et des centaines d'autres blessées lors de cette journée tragique. Un service commémoratif solennel s’est tenu ce lundi à la cathédrale Saint-Paul, en présence de nombreuses personnalités politiques et de membres de la famille royale.

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Aux premières heures du 7 Juillet 2005, quatre hommes ont pris place à Luton, dans un train à destination de Londres, chacun avec des bombes artisanales. En l'espace de deux heures, les quatre hommes ont ôté la vie à 52 personnes, et blessé 800 autres.
Écrit par Morat Alizée
Publié le 8 juillet 2025

Le Premier ministre Keir Starmer, la cheffe du Parti conservateur Kemi Badenoch, le maire de Londres Sadiq Khan et la duchesse d’Édimbourg figuraient parmi les dignitaires rassemblés sous la célèbre coupole de la cathédrale. Aux côtés des survivants, des familles endeuillées, des membres des services d’urgence et du public, tous ont observé des moments de silence et de recueillement pour honorer la mémoire des victimes.

 

Une cérémonie empreinte d’émotion

La cathédrale Saint-Paul a accueilli ce lundi 7 juillet un service religieux en mémoire des victimes des attentats de 2005. À 11h30, les cloches de l’édifice ont résonné dans le silence pour ouvrir la cérémonie. Le doyen de la cathédrale, Andrew Tremlett, a salué dans son introduction « la mémoire de ceux qui sont morts, le courage de ceux qui ont survécu, et l’engagement de ceux qui sont intervenus avec humanité et détermination ».

Le Premier ministre Keir Starmer, la cheffe du Parti conservateur Kemi Badenoch, le maire de Londres Sadiq Khan, ainsi que la duchesse d’Édimbourg étaient présents dans l’assemblée. À leurs côtés, de nombreux survivants, proches de victimes, représentants des services de secours et citoyens venus se recueillir.

Les noms des 52 personnes tuées dans les explosions ont été lus un à un. Chacun d’eux, associé à un lieu précis des attaques : Aldgate, Edgware Road, Russell Square et Tavistock Square a résonné sous la coupole. Pendant la lecture, des morceaux de papier blanc sont tombés lentement du plafond, symbolisant les vies perdues.

Se souvenir des lieux et des histoires

Outre les victimes, les lieux touchés ont également été évoqués. Edgware Road a été mise en avant pour son mélange culturel et la richesse de ses communautés. Russell Square, pour sa proximité avec les universités. Et Tavistock Square, dernier site visé ce matin-là, pour sa résonance symbolique : le quartier abrite la British Medical Association et une statue de Gandhi

Plusieurs médecins présents le 7 juillet 2005 ont été salués pour leur sang-froid et leur dévouement. Beaucoup étaient sortis de leurs bureaux pour venir en aide aux blessés, parfois au péril de leur vie.

Le roi Charles III appelle à l’unité

Dans un message lu pendant la cérémonie, le roi Charles III a rappelé la solidarité dont les Londoniens avaient fait preuve : « Ces attaques visaient à diviser. Mais elles ont révélé notre capacité collective à résister à la haine par la compassion. » Le souverain a également évoqué « l’extraordinaire courage des survivants » et le rôle fondamental des services de secours et a appelé à « ne jamais oublier ceux qui ont tout donné pour aider ».

Hommages dans toute la ville

Plus tôt dans la matinée, à 8h49, l’heure de la première explosion dans le métro, une minute de silence a été observée dans plusieurs stations de transport londonien. À Aldgate, Edgware Road et King's Cross, des voyageurs et employés se sont immobilisés, souvent les yeux fermés, dans un silence total. À 9h47, une autre minute a été respectée à Tavistock Square, là où la dernière bombe a explosé dans un bus à impériale.

Des couronnes de fleurs ont été déposées au Mémorial du 7 juillet à Hyde Park, par des familles mais aussi par le maire de Londres et le Premier ministre. Dans tout le pays, des messages de soutien ont afflué sur les réseaux sociaux. De nombreux anonymes ont partagé leurs souvenirs de cette journée, souvent marquée par le choc et l’incompréhension, mais aussi par l’entraide.

Une attaque coordonnée et meurtrière

Le 7 juillet 2005, quatre kamikazes ont déclenché presque simultanément leurs explosifs dans les transports londoniens, aux heures de pointe. Trois bombes ont explosé dans le métro entre 8h49 et 8h50 et provoqué la mort de 39 personnes. Une quatrième, à 9h47, a détruit un bus à impériale dans le quartier de Bloomsbury, tuant 13 autres personnes.

Les auteurs de l’attentat, quatre jeunes hommes britanniques originaires de Leeds et Luton, s’étaient radicalisés au sein de groupes extrémistes. Le Royaume-Uni a découvert ce jour-là que la menace pouvait émerger de l’intérieur. L’enquête, l’une des plus vastes jamais menées par la police britannique, a révélé des lacunes dans les services de renseignement et conduit à une réorganisation des dispositifs antiterroristes.

Une mémoire vivante, vingt ans après

Depuis, des commémorations ont lieu chaque année. Mais ce vingtième anniversaire a une résonance particulière. Le temps a passé, les blessures se sont refermées pour certaines, mais la mémoire reste vive. Des associations de victimes continuent de porter la voix des familles et des survivants. Des programmes de soutien psychologique ont été pérennisés.

Au fil des ans, les témoignages se sont multipliés. Des livres, des documentaires, des œuvres ont permis de garder trace de ce qui s’est passé, pour les générations qui n’ont pas vécu cette journée. « L’histoire ne s’écrit pas qu’avec des faits, mais avec la manière dont on les raconte », confiait ce lundi une femme venue rendre hommage à son frère décédé dans le métro de Russell Square.

« Qu’ils sachent qu’ils n’étaient pas seuls »

Lors de la cérémonie à Saint-Paul, plusieurs survivants ont pris la parole. L’une d’elles, visiblement émue, a raconté avoir survécu à l’explosion dans le métro mais avoir perdu sa meilleure amie. « J’espère qu’ils ont su, dans leurs derniers instants, qu’ils n’étaient pas seuls », a-t-elle déclaré, la voix tremblante.

Ce sentiment, partagé par beaucoup ce jour-là, a traversé toute la cérémonie. Malgré la douleur, malgré le vide laissé, la ville a montré une fois de plus qu’elle n’a pas oublié.

 

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