

Une clinique d'un nouveau genre a ouvert ses portes lundi 26 septembre à l'ouest de Londres. Elle est spécialisée dans l'aide médicale aux consommateurs de "drogues de clubs", aussi appelées "drogues récréatives". Leur usage par les jeunes britanniques habitués aux sorties en boîte de nuit est en nette augmentation ces dernières années
(© DEA - digital version copyright /Science Faction/Corbis)
En Grande-Bretagne, environ un quart des 16-19 ans a consommé une drogue illégale l'année dernière. Parmi les "clubbers", la cocaïne et l'héroïne sont peu utilisées et souvent remplacées par de nouvelles drogues méconnus des médecins. L'année dernière, 41 nouvelles substances ont été recensées et 20 autres dans les quatre premiers mois de cette année. Selon le Docteur Owen Bowden-Jones, le fondateur de cette nouvelle clinique, interrogé par le Guardian, les consommateurs de ces drogues récréatives "sont de plus en plus jeunes, travaillent, viennent souvent d'un milieu aisé et ne se considèrent pas comme drogués".
Nouvelles drogues, nouveaux traitements
Personne ne connaît vraiment l'importance des problèmes de santé que les drogues comme la kétamine, le GHB ou l'ecstasy peuvent engendrer. "Les risques associés à l'excès de consommation de "drogues de clubs" sont sous-estimés par beaucoup de gens, explique le docteur. Nous connaissons peu de choses sur ces nouvelles drogues".
C'est pour traiter ce phénomène nouveau que la "Club Drug Clinic" a été lancée au Chelsea and Westminster Hospital. L'établissement doit permettre de combler le manque de connaissances sur ces drogues qui changent constamment. En effet de nombreuses cliniques et de nombreux médecins sont spécialisés dans le traitement des addictions à l'héroïne ou à la cocaïne mais peu sont qualifiés pour comprendre les nouveaux comportements et aider les consommateurs de "drogues de club". La nécessité de ce centre de traitement est devenu évidente lors d'un programme pilote lancé il y a cinq mois avec 70 patients.
(© Scott Houston/Sygma/Corbis)
L'un d'eux, étudiant de 19 ans en économie, consommait de la méphédrone, jusqu'à sept grammes par jour, et dépensait 140 livres par semaine pour s'approvisionner. Un autre patient, 27 ans, avait commencé le GHB cinq ans auparavant et en consommait 2ml par heure, de jour comme de nuit. Il souffrait de tremblements, de bouffées de chaleurs, d'hallucinations et d'insomnie. Un troisième, une femme de 31 ans, avait l'habitude de consommer ces drogues "récréatives" depuis quelques années avec des amis. Quand ces derniers ont décidé d'arrêter, elle s'est rendue compte qu'elle n'en était pas capable. Elle dépensait 600 livres par mois pour acheter de la kétamine qui a fini par provoquer chez elle un ulcère.
Selon Owen Bowden-Jones, ces trois patients ont été traités avec succès. Le médecin reconnaît aussi que beaucoup de "clubbers" consomment ces drogues sans ressentir de conséquences. "Si quelqu'un consomme ces substances et n'a aucun problème avec ça, notre clinique n'est pas faite pour lui. Nous ne jugeons pas les gens qui prennent ces drogues. Ce programme est destiné uniquement aux gens qui sont en difficulté".
Simon Gleize (www.lepetitjournal.com/londres) mercredi 28 septembre 2011
http://www.clubdrugclinic.com/
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