Jeudi 29 juillet 2021

2020, l’année de deuil de la culture

Par Charles Flageul | Publié le 25/12/2020 à 12:13 | Mis à jour le 25/12/2020 à 12:13
Photo : Elio Santos - Unsplash
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Avec ses 240 musées et 51 salles de théâtre, la capitale britannique est un centre artistique incontournable rassemblant les plus grandes œuvres d’art du continent européen et accueillant les évènements culturels les plus prestigieux au monde. Chaque année, des milliers de touristes se précipitent à Londres, réputée pour son patrimoine et sa programmation culturelle foisonnante. Cette année ne devait pas échapper à la règle…

 

2020 commençait pourtant bien. Les comédiens jouaient de façon insouciante dans les salles de théâtre du West End, les talentueux musiciens grattaient les cordes de leurs guitares à l’O2 Arena, quant aux œuvres d’art d’Andy Warhol, elles étaient magnifiquement exposées au Tate modern Museum. Cependant, le 23 mars, le silence est venu gâcher la fête. Baisser de rideau !

En raison de la pandémie de coronavirus, l’année 2020 a malheureusement balayé d’un trait tous les événements culturels organisés par la ville de Londres. Pendant plus de trois mois, aucun spectacle vivant n’a pu être assuré, aucune représentation n’a pu être donnée, le temps et la vie se sont figés subitement laissant Londres, ville traditionnellement dynamique et vibrante, à l’arrêt. Oublié et profondément abandonné par les politiques, le monde de la culture londonienne souffre aujourd’hui de l’inaction gouvernementale. Les employés demandent un important soutien financier et une réouverture immédiate des institutions culturelles.

Une seule question résonne dans la tête de tous les amoureux de la culture londoniens : quand allons-nous pouvoir remplir à nouveau les théâtres vides ? Difficile de répondre à cette question en cette fin d’année perturbée par l’apparition inquiétante d’une mutation du virus sur le sol britannique.

 

Une année pleine de promesse pour les artistes britanniques

 

Afin de mieux comprendre la situation de détresse de certains artistes, la rédaction a eu la chance de pouvoir rencontrer un jeune comédien britannique, Joey Newport ! Celui-ci avait pleins de projets en tête pour l’année 2020, il devait notamment jouer le rôle de Dwayne Rhodes dans la comédie musicale « 9 to 5 » à The Cromer Pier, le théâtre de sa ville natale, Norfolk : « Pour 2020, j’étais supposé jouer le rôle de Dwayne Rhodes dans la comédie 9 to 5 mais la production a été annulée en raison du coronavirus. J’étais également inscrit dans une école de théâtre à Londres cette année mais la plupart de nos cours et représentations ont été reportés ou bien annulés à cause de la pandémie. Étant donné que je venais de m’installer à Londres, j’attendais avec impatience la représentation des incontournables comédies musicales londoniennes telles que Mary Poppins ! Malheureusement, le coronavirus a battu en brèche mon rêve de monter sur scène en 2020. »

 

La culture, secteur laissé à l’abandon par les politiques en 2020

 

La culture se meurt ! Profondément impactée par la propagation du virus, la culture est l’une des principales victimes de la crise sanitaire mondiale. En dépit de la détermination des acteurs culturels à assurer la sécurité des spectateurs, la situation sanitaire a recouvert d’un voile noir la scène culturelle en 2020. De plus, l’indifférence des acteurs politiques a suscité la sidération de plusieurs employés du monde de la culture. Ces derniers ont le sentiment que ce secteur a été volontairement mis de côté par la politique conservatrice du gouvernement en 2020. Joey Newport ne cache plus sa colère :

« Notre gouvernement est horrible et dégoûtant ! Nous n’avons presque rien reçu de la part de l’État en termes de support financier… Les acteurs politiques ne nous aident absolument pas ou très peu. A Londres, les shows de comédie musicale sont reconnus à travers le monde entier, nous avons des salles de spectacles mythiques mais aujourd’hui nous nous retrouvons en faillite ! Beaucoup de théâtres et salles de concerts sont menacés de fermer définitivement leurs portes au public, ce qui est très inquiétant pour l’avenir de la culture à Londres. »

 

La colère des acteurs culturels

 

Suite à la suppression de milliers de postes culturels en août, Londres a été le théâtre de nombreuses journées de mobilisation organisées par d’illustres institutions artistiques de la capitale britannique telles que le Tate modern Museum, le National Theatre ou encore le Southbank Centre. Un véritable appel à l’aide quand nous savons que plus de 1000 employés étaient menacés de perdre leur emploi.

Le samedi 29 août, ils étaient des centaines d’artistes et de salariés de ces trois grandes institutions culturelles à se rassembler dans les rues de SouthBank pour protester contre la hausse des licenciements. Confrontés à une crise économique surréaliste suite à la fermeture des centres culturels lors du premier confinement, ces salariés demandaient en retour le droit à des indemnités de licenciement et une aide à l’embauche afin de retrouver un travail le plus rapidement possible. Angoissés pour leur avenir professionnel et remontés par l’indifférence du gouvernement, certains d’entre eux affirmaient être dans une situation de précarité absolue. Dans les rangs des manifestants, nous pouvions entendre les slogans : « Prioritise Culture », « Save our arts job » ou encore « Culture is crucial ». Pour venir en aide à ce secteur, le gouvernement avait annoncé, dimanche 5 juillet, débloquer 1,57 milliards de livres pour la culture, pas suffisant selon les employés culturels. Les artistes confiaient être délaissés par un gouvernement largement préoccupé par la relance économique de ses grandes entreprises contrairement à celle de ses centres artistiques.

Pour connaître la suite de notre chronique dédiée à la crise culturelle de l’année 2020, rendez-vous demain sur le site Le Petit Journal.com. Nous nous demanderons si la culture est véritablement indispensable en ces temps de pandémie. Nous étudierons la limite entre les notions « essentiel » et « non-essentiel ».

 

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Charles Flageul - Journaliste Londres

Charles Flageul

Étudiant en Troisième Année à Sciences Po Aix, je me destine au reportage vidéo.
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