Amazonie : Guide des plantes médicinales

Par Caroline ROHR | Publié le 03/08/2022 à 08:00 | Mis à jour le 15/08/2022 à 18:20
Photo : À elle seule, l’Amazonie représente 40% de la forêt tropicale globale. Crédit photo : Caroline Rohr
plantes médicinales amazonie pérou

L’Amazonie est le plus grand écosystème forestier du monde. D’une superficie de plus 7 millions de km², elle s’étend sur neuf États dont le Pérou.  Convoitée pour sa biodiversité, la forêt amazonienne recèle bien des trésors. Le Petit journal vous propose de partir à la découverte de ses plantes médicinales.

 

L'Amazonie péruvienne et le savoir ancestral de ses plantes médicinales

Après le Brésil, le Pérou possède le plus grand territoire d’Amazonie. Les peuples autochtones ont une connaissance approfondie des bienfaits de ces plantes aux propriétés curatives. En voici une liste non exhaustive :

 

Sacha Inchi

Amazonie : Guide des plantes médicinales
Nom scientifique : Plukenetia volubilis. Crédit photo : Roger Culos

 

Originaire de l’Amazonie péruvienne, le Sacha Inchi est une graine qui possède plusieurs propriétés médicinales. Elle est composée de vitamine A, E et d’acides gras essentiels dont les omégas 3, 6 et 9. Ces agents permettent de réduire les triglycérides et l’hypertension artérielle mais aussi l’inflammation des articulations. Elle s’utilise en général sous forme d’huile. Elle est connue comme la « cacahuète des Incas ».

 

Griffe de chat

 

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Nom scientifique : Uncaria tomentosa. Crédit photo : петрова

 

Connue aussi sous le nom de « miracle amazonien de la phytothérapie », cette plante possède de nombreuses vertus. Elle stimule le système immunitaire et lutte contre les affections comme le cancer et le VIH. C’est aussi un puissant détoxifiant, analgésique, antidiabétique et antiallergique. L’OMS la reconnaît officiellement comme « plante médicinale » en 1994 en raison d’un agent contenu dans l’écorce et les feuilles, les alcaloïdes oxindoles. On la distingue grâce à ces petites boutures retroussées qui lui ont valu le nom de griffe de chat.

 

Ayahuasca

 

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Nom scientifique : Psychotria viridis. Crédit photo : Awkipuma

 

Consommé à des fins spirituelles et religieuses par les tribus amazoniennes, l’ayahuasca est à l’origine une boisson sacrée. Célèbre à travers le monde pour ses propriétés psychédéliques, ses vertus médicinales gagnent pourtant à être connues. Cette plante possède des effets antidépresseurs et anxiolytiques reconnus. Elle est également utilisée dans le traitement de certains troubles liés à la consommation de tabac et d’alcool. C’est un anti-inflammatoire et neurogenèse. Actuellement, des études sont menées in vitro pour démontrer son efficacité contre la maladie de Parkinson. L’ayahuasca se consomme sous forme de breuvage concocté à partir des feuilles de l’arbuste.

 

Achiote

 

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Nom scientifique : Bixa Orellana. Crédit photo : Vinayaraj

 

Le feuillage et la pulpe rouge orangée de cette plante sont efficaces contre angines et maux de gorge, les nausées, les hémorragies et les hémorroïdes. L’achiote agit également contre le paludisme et l’asthme et soulage les douleurs au niveau des reins. Cette plante ancestrale contient des principes actifs comme les vitamines A, B et C mais aussi des flavonoïdes, de la pectine... Ses graines, rouges intenses, servent également d’encre aux populations aborigènes.

 

Patiquina

 

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Nom scientifique : Dieffenbachia costata. Crédit photo : Joël Macahuachi Lopez

 

Grâce à ses propriétés actives, la patiquina est utilisée pour soigner les champignons et les morsures. Mais attention.. Elle peut être un puissant poison si elle est ingérée. En cataplasme, on l'applique en petite quantité sur la zone touchée.

 

Ajo Sacha

 

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Plante grimpante appartenant à la famille des Bignoniaceae. Crédit photo : David J. Stang

 

L’Ajo Sacha a plus d’une flèche à son arc. Cette herbacée agit contre les maux de tête, la fièvre, l'épilepsie et les rhumatismes. C’est aussi un puissant analgésique. Autre utilisation : elle sert de répulsif contre les insectes et animaux nocturnes. Avec sa saveur d’ail, les feuilles peuvent être consommées en condiment ou en épices.

 

Consuelda

 

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Plante grimpante de couleur rougeâtre appartenant à la famille des Bignoniaceae. Crédit photo : Agnieszka Kwiecień

 

Les racines de cette plante soulagent bleus, bosses, contusions et entorses. Ses bulbes sont écrasés et s'appliquent par voie externe sur la zone inflammée.

 

Malva

 

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Nom scientifique : Malva sylvestris. Crédit photo : Luis Fernández García

 

Les feuilles de la malva sont très utiles pour les infections intestinales comme la gastro-entérite ou les diarrhées. C’est aussi un expectorant et un antitussive très efficace. Elle soulage maux de gorge et toux passagères. Ses feuilles sont broyées avec de l’eau. Pour bénéficier de ses propriétés, il suffit d’ingérer le liquide (un peu visqueux).

 

L’Amazonie et la lutte contre la biopiraterie

Que ce soit en matière alimentaire, textile ou médicinale, la forêt amazonienne est une grande pourvoyeuse de plantes à l’échelle mondiale. Aujourd’hui on estime à environ ⅔ le nombre de végétaux originaires de l’Amazonie diffusés et produits dans le monde. Pourtant les régions amazoniennes ne bénéficient que très peu des profits tirés de ses fruits. Les entreprises étrangères qui tentent d’avoir la mainmise sur ses ressources sont nombreuses.

En 2006, la société française Greentech dépose un brevet pour l’exploitation du Sacha Inchi, une plante amazonienne très concentrée en acides gras. Ses bienfaits étaient déjà connus des populations locales depuis des millénaires, notamment au Pérou. Plusieurs associations ont démontré que l’entreprise n’était pas à l’origine de cette découverte. Sous leur pression, le brevet sera finalement retiré en 2010.

Ce phénomène tend aujourd’hui à s’atténuer notamment par la création de commissions de lutte contre la biopiraterie et de politiques publiques prises en ce sens (c’est-à-dire de lutte contre « l’exploitation illégale ou inégale de brevets sur des connaissances biologiques ou génétiques inhérentes à une région par des firmes étrangères », L’internaute). En 2016, la France a fait un pas en avant en transposant dans sa législation le Protocole de Nagoya qui « encadre l’exploitation des ressources génétiques et des savoirs traditionnels autochtones ».

 

Pour en savoir plus :

 

caroline rohr journaliste

Caroline ROHR

Diplômée d'un master en Droit public, je suis passionnée par l'environnement et les problématiques sociétales. Étudiante à l'Ecole de Journalisme de Nice (EDJ), je suis actuellement stagiaire chez Le Petit Journal de Lima.
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