Lima - Iquitos : une traversée par voie terrestre et fluviale

Par Caroline ROHR - Julie MARFIN | Publié le 29/07/2022 à 08:00 | Mis à jour le 05/08/2022 à 20:47
Photo : © Julie Marfin
Lima - Iquitos : une traversée par voie terrestre et fluviale

Beaucoup de touristes sont tentés de faire un direct Lima - Iquitos par avion. Mais d’autres alternatives existent pour atteindre la ville amazonienne. Partez pour un voyage immersif au cœur du Pérou.

 

Pour atteindre Iquitos en partant de la capitale, plusieurs itinéraires sont possibles. Si vous décidez d’opter pour une traversée par voie terrestre et fluviale, comptez au moins une semaine de voyage. Voici le parcours que Lepetitjournal.com de Lima a emprunté pour vous. Mais, comme nous l’avons fait, à vous de tracer votre route. Après tout, tous les chemins mènent à Iquitos !

 

Lima - Iquitos : une traversée par voie terrestre et fluviale

 

Huanuco : la ville « Far West » au milieu des collines

Transports : de Lima à Huanuco

Si Lepetitjournal.com a choisi de s’arrêter dans cette petite ville aride, rien ne vous y oblige. Chaque jour, plusieurs bus de nuit font le direct Lima-Tingo María. Comptez minimum 12 heures de route, moyennant un prix de 90 soles par personne pour atteindre l’Amazonie orientale. Pour rejoindre la ville « Far West », le trajet se fait en 7h pour les plus pressés, ou 10 heures (pour un tarif de 60 à 300 soles, 15 à 75 euros). La rédaction a opté pour l’offre la moins chère proposée par le site redbus.pe (mais il en existe d’autres comme buscobus).  Alors est-ce confortable ? Y a-t-il un bon rapport qualité-prix ?

La réponse est oui ! Le bus offre un intérieur cosy et spacieux, dans une atmosphère tamisée par les néons bleus. Les fauteuils sont en cuir et plutôt confortables. Mais il faut parfois s’accrocher… La route est souvent accidentée et la conduite sportive. Pensez également à prendre votre duvet ou à vous renseigner auprès de votre agence s’ils en fournissent. Et si vous aimez avoir le choix, soyez rassuré.e ! La plateforme regroupe plusieurs entreprises aux prestations différentes. Fauteuils inclinables, bus-lits, ou « service VIP », laissez-vous tenter par l’expérience du voyage de nuit…

Se loger à Huanuco

Pour trouver refuge dans la cité aux teintes brique, les Airbnb existent mais sont rares. La solution la plus abordable reste la chambre d’hôtel (entre 80 soles, 23 euros, pour les bons marché à plus de 200 soles, environ 56 euros, pour les plus raffinés). La plupart des auberges sont situées en centre-ville et donnent sur le marché de Huanuco, épicentre de la ville. Mieux vaut éviter les hauteurs un peu plus dangereuses pour se balader seul.e la nuit.

 

Lima - Iquitos : une traversée par voie terrestre et fluviale
La ville de Huanuco est située à 1 800 mètres d’altitude. Crédit photo : Julie Marfin

 

Activités à Huanuco et alentours

Après la Plaza de Armas, le mercado modelo est sans doute l’endroit incontournable à visiter à Huanuco. Des jus de papaye, fruit de la passion, orange, ananas, macca à tous les étales… Il y en a pour tous les goûts ! Les citrouilles font la taille d’un pouf et le manioc est fraîchement découpé. Mais attention, âmes sensibles s’abstenir, il faut avoir le cœur bien accroché pour traverser l’allée de la boucherie…

Pour continuer la balade, l’église San Francisco s’impose par son architecture de style colonial. Loin de passer inaperçue, la chapelle est décorée d’une petite place attrayante. Le Petit Routard propose également de faire un tour au mercado antiguo et de passer par le pont Calicanto. Des treks sont organisés par différentes agences de voyage, il vous suffit de vous rendre à l’office du tourisme pour obtenir plus d’informations.

 

Lima - Iquitos : une traversée par voie terrestre et fluviale
Crédit photo : Julie Marfin

 

Tingo María : la campagne entre Sierra et Selva

    Transports : de Huanuco à Tingo María

    Pour atteindre la ville de Tingo María en partant de Huanuco, les bus locaux et touristiques peuvent être compliqués à trouver. Dans ce genre de situation, la meilleure chose à faire est soit de demander conseil à l’accueil de l'hôtel où vous résidez, soit d’aller à l’office du tourisme. Le responsable des chambres connaît des chauffeurs de taxi et peut les commander pour vous. Ces conducteurs sont assez flexibles sur les horaires, il est possible de partir dès 5h du matin. Le lendemain, la voiture vous attend en bas de l'établissement. Si vous pensez pouvoir faire la route seul, c’est mal connaître les campagnes. Pour faire des longs trajets, les taxis prennent toujours un maximum de clients pour rentabiliser le déplacement. De la “ville Far West” (surnom adopté par Lepetitjournal.com) à Tingo María, il faut compter environ 3h30 de route, pour un montant de 30 soles par personne. La route est sinueuse et mal entretenue, il peut être compliqué de fermer l'œil. Mais si vous désirez garder le nez à la fenêtre, vous pouvez découvrir les paysages d’un Pérou tiraillé entre steppes desséchées et forêt à la végétation hirsute et dense. Aux abords de la jungle, des cascades et de petits villages bordent la chaussée. Des vendeurs de fruits et de boissons viendront vous proposer leurs produits tout au long du trajet.

    Climat tropical à l’entrée de la selva

    La capitale de la province de Leoncio Prado est bien différente de Huanuco. L’air y est plus lourd, la chaleur plus intense. La température monte sensiblement de quelques degrés entre les deux villes. Il peut pleuvoir toute la nuit, mais le soleil tape souvent dès le matin sur les routes à moitiés bétonnées. Munissez-vous de crème solaire, de bonnes lunettes protectrices, et de l’indispensable répulsif anti-moustiques. Vous entrez dans le climat tropical de la jungle péruvienne.

     

    Lima - Iquitos : une traversée par voie terrestre et fluviale
    Centre de Tingo María. Crédit photo : Julie Marfin

     

    Logement et services à Tingo María

    Pour se loger, nos correspondantes se sont arrêtées à l’hôtel El Cantaro, trouvé sur le site Booking, et excentré pour éviter le bruit. Cet établissement est à environ 5-10 minutes du centre névralgique. L’équivalent de 4 à 5 soles en mototaxi. Tingo María regorge de tous types d'établissements, des guest house aux hôtels plus ou moins bon marchés (de 40 à 120 soles pour les prix les plus bas d’après le Routard 2020-21).

    Vous ne pourrez pas vous perdre dans cette ville. Elle s’étire tout en longueur sur six avenues parallèles, avec en son centre une place ronde devant une église décrépite. Plusieurs banques sont ouvertes la semaine et le week-end (BBVA, BCP, Banco de la Nación…) et se trouvent sur la même avenue, au bord du fleuve. Mais dans cette campagne éloignée des paysages urbains, pas de casa de cambio pour changer les euros. Seuls les dollars sont acceptés.

    Activités de la jungle

    Avant une des entrées de la ville, une ferme aux papillons, (les traditionnels Mariposarios) a ouvert en début d’année. Cette entreprise familiale, initiée par la mère d’Eduardo, le responsable actuel du lieu, est ouverte aux touristes depuis peu. Cet endroit abrite de nombreuses espèces, que l’on peut observer du stade de chenille, à l'éclosion du majestueux insecte volant. Les invités peuvent aussi déambuler à leur guise dans un enclos extérieur, où les papillons butinent en paix. Tout autour du Mariposario, une jungle à la végétation dense, pour offrir un habitat naturel à ces lépidoptères. Ce lieu est particulier car il est agréé par l’Etat pour recenser et observer les espèces naissant dans ce climat unique qu’offre la ville entre Sierra (montagne en français) et Selva (jungle).

     

    Lima - Iquitos : une traversée par voie terrestre et fluviale
    Enclos à papillons dans le Mariposario. Crédit photo : Julie Marfin

     

    Autour de Tingo María un parc national accueille de nombreuses cascades et de chemins de randonnées en pleine jungle. Parmi ces cataratas, celle de Santa Carmen paraît être une des meilleures pour se baigner sans la présence de nombreux locaux et touristes. Pour accéder à un autre lieu sauvage au milieu de la réserve péruvienne, il faut marcher une quinzaine de kilomètres à partir de la ville amazonienne. La Cueva de las Pavas est une station thermale au fond d’un ravin. Au milieu, un ruisseau traverse les falaises. Les visiteurs peuvent venir se rafraîchir sur les petites plages. Le lieu s’apparente à une grotte en raison des arbres présents dans la zone, dont les cimes se rejoignent parfois pour former un toit de feuille.

    Lors d'événements culturels, une foire artisanale a lieu sur la place centrale de la ville. Les commerçants exposent des produits issus du terroir local : du cacao, du café, des liqueurs, des épices et toutes sortes d’objets d’art et de décoration. Au milieu des bijoux et des victuailles, peuvent intervenir des membres de l’association Envol Vert pour sensibiliser les locaux à la protection de la selva. Cette association française est implantée à Tingo María, pour protéger sa biodiversité et développer son milieu rural. Il est possible de passer par le service civique français pour se proposer comme volontaire.

     

    Lima - Iquitos : une traversée par voie terrestre et fluviale
    Peintures sur toile et autres supports. Crédit photo : Julie Marfin

     

    Pour sortir, le bar Trapiche invite à découvrir une large gamme de cocktails à base de liqueurs locales, un lieu fréquenté par peu de touristes. Ces breuvages se présentent souvent sous forme de carafe à partager et se servent dans de minuscules verres. Pour les plus vaillants, la ville compte une boîte de nuit Happy World, très grande, avec possibilité de fumer à l’intérieur. L’entrée est à 5 soles avec une boisson offerte et propose des shows de danse dans une ambiance reggaeton électronique. Attention pour les oreilles sensibles, la musique y est très forte.

     

    Pucallpa : la cité sur les bords du fleuve Ucayali

    Transports : jusqu’à Pucallpa

    Pour rejoindre la ville portuaire, des bus commerciaux et colectivos partent régulièrement de Tingo María et Huanuco. Selon Le Routard, le trajet peut durer jusqu’à 22 heures. Pour partir de Tingo María, la rédaction a opté pour la solution « taxi partagé », plus chère mais plus rapide. Après avoir démarché plusieurs agences, les unes à côté des autres, l’équipe s’en sort avec un départ en fin d’après-midi pour un voyage d’environ 6 heures. Le coût : 60 soles par personne. (Attention, certaines entreprises n’hésitent pas à demander des prix exorbitants). Encore une fois accrochez-vous bien, les pluies diluviennes sur les routes escarpées peuvent vous donner envie d’écrire un dernier message à vos proches…

    Se loger à Pucallpa

    Hôtel, appartement ou guest house… Pour se loger dans la cité portuaire, plusieurs solutions s’offrent à vous. Pour une immersion totale, l’équipe du Petit Journal a choisi de dormir chez l’habitant, dans un logement indépendant. Un peu excentrée, la devanture ne paie pas de mine aux premiers abords. Mais une fois passée le pas de la porte, le cadre est idyllique, l’hôte prévenant. Un véritable havre de paix dans une ville pour le moins chaotique où beaucoup d’expatrié.es s’arrêtent en chemin.

    Services

    Si depuis le départ de Lima, les casa de cambio étaient introuvables, à Pucallpa, il suffit de vous rendre dans la Banque de crédit du Pérou en centre-ville pour trouver votre bonheur. D’ailleurs le change y est plus intéressant que dans la capitale. Si les points de retrait bancaire ne manquent pas, le dimanche, jour le plus calme à Pucallpa, seule une banque est ouverte en ville.

    Trouver un bateau Pucallpa-Iquitos

    Dans la ville portuaire, votre mission principale se résume à trouver un bateau pour la cité amazonienne. Le plus simple est de vous rendre directement à l’Office du tourisme situé sur la Plaza de Armas. De là vous aurez le choix entre deux possibilités : le bateau rapide en fauteuil ou le bateau marchand en hamac. Pour ceux qui font le choix de la célérité, les employés vous emmèneront au puerto privado, une sorte d’entrepôt métallique à la façade bleue marine.

     

    Lima - Iquitos : une traversée par voie terrestre et fluviale
    L’entrepôt à Pucallpa est situé à droite du marché. Crédit photo : Julie Marfin

     

    Pour la première option, comptez minimum 24 heures de voyage lorsque la crue est haute et jusqu’à 36 heures ou plus si le niveau du fleuve est bas. Le prix : 270 soles, environ 67 euros. Un conseil : apportez votre couverture et prévoyez des victuailles et de la monnaie pour la route. Vous en aurez besoin. Car une fois à bord, l’approvisionnement se fait uniquement lors des arrêts dans les « pueblos ». Il arrive que le bateau accoste à Nauta, située à moins de 2 heures d’Iquitos. Mais pas d’inquiétude ! Un terminus en voiture est prévu pour atteindre la capitale amazonienne.

    Pour les plus téméraires, le bateau marchand ou « lancha » est de loin la meilleure option. Plus lent mais plus immersif, le trajet dure au minimum quatre jours. Les prix tournent autour de 120 soles, alimentation comprise. Une offre intéressante pour ceux qui veulent profiter des bruits et de la beauté de cette nature sauvage en toute quiétude. Seule obligation : investir dans un hamac.

     

    Lima - Iquitos : une traversée par voie terrestre et fluviale
    Sur le chemin de l’Amazone, le ciel est teinté de couleurs châtoyantes. Crédit photo : Caroline Rohr

     

    Iquitos : l’acropole amazonienne

    Se loger à Iquitos

    Après la longue traversée jusqu’à cette ville reculée du Pérou, Le Petit Journal a choisi de loger dans la Guest House Otorongo. La maison est occupée par un local dont le neveu parle français. Il propose trois chambres, avec déjeuner inclus. L’endroit attire de nombreux touristes venus d’Europe. Étant excentré, ce logement offre calme et tranquillité, un véritable havre de paix où l’on se sent “comme à la maison”, d’après Denis, l’hôte des lieux.

    Activités dans la ville

    Différentes places ornent les rues d’Iquitos. Des églises couronnent les rues et règnent en nombre sur les Péruviens. La Plaza de Armas regroupe de nombreux lieux de vie. La Casa de Fierra (La maison de Fer en français) est un site populaire, dont la croyance veut qu’elle ait été construite et imaginée par Gustave Eiffel. Mais aucune preuve ne vient étayer cette hypothèse. La maison est une icône culturelle de la ville. Elle a été préfabriquée puis assemblée en 1890 au bord de la place.

    Non loin sur les berges, le marché Belén est ouvert dès le petit matin. Il vaut mieux y aller avant midi pour voir tous les mets typiques de la jungle péruvienne. Suri (larve), chaire de crocodile, piranhas… Tous les animaux et insectes exotiques sont au rendez-vous. Des plantes, des épices, des remèdes de médecines traditionnelles et de l’alcool fleurissent sous le nez des passants. Plus loin du marché couvert, des petites buvettes et des stands d’habits multicolores.

     

    Lima - Iquitos : une traversée par voie terrestre et fluviale
    Marché de Belén à Iquitos. Crédit photo : Julie Marfin

     

    Pour les nostalgiques de la France et de sa gastronomie, le restaurant Le Bateau Ivre offre une expérience culinaire à la hauteur des attentes. La carte est variée et les portions de taille. Les boissons peuvent être autant péruviennes que européennes.

    Trek dans la selva amazonienne

    Il existe de nombreuses agences de voyage pour découvrir la forêt amazonienne. Le tarif général observé par nos journalistes est d’environ 100 euros par jour, et par personne. Le Petit Journal est passé par une compagnie assez récente : Amazon Travel Expedition, créée l’année dernière par un Péruvien de 29 ans. Joel Macahuachi Lopez a monté cette agence au nom de sa fascination pour la selva, sa faune et sa flore. Il emmène des petits groupes de touristes dans la jungle pour une expérience authentique. Les expéditions peuvent durer de 3 à 30 jours pour des groupes de moins de 10 personnes. Ce passionné réalise des programmes d’activités sur mesure, en fonction des disponibilités et des attentes de ses clients. Ses tarifs sont d’environ 80 euros par personne et par jour. Le guide propose de dormir dans des villages traditionnels, peu touristiques. Amical et bienveillant, découvrir la forêt à travers ses yeux permet d’accomplir un voyage immersif au cœur de la jungle péruvienne.

     

    Lima - Iquitos : une traversée par voie terrestre et fluviale
    Logement dans le village de Buenos Aires, dans la réserve nationale Pacaya Samiria, dans la forêt amazonienne du Pérou. Crédit photo : Julie Marfin

     

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    caroline rohr et julie marfin

    Caroline ROHR - Julie MARFIN

    Étudiantes à l'Ecole de Journalisme de Nice (EDJ), elles sont actuellement toutes les deux stagiaires chez Le Petit Journal de Lima.
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