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À quand le déconfinement chez nos voisins ?

Par Guillaume FLOR | Publié le 18/05/2020 à 08:00 | Mis à jour le 18/05/2020 à 08:00
Pays frontaliers Pérou Covid-19

Au Pérou, la date du déconfinement est fixée au 24 mai, mais qu’en est-il chez nos voisins ? Panorama de la situation pour chaque pays avec lequel nous partageons une frontière.

Équateur : Après le confinement, la distanciation sociale

L’Equateur est l’un des pays les plus touchés d’Amérique latine par la pandémie du Covid-19. Le Ministère de la Santé a décrété l’état d’urgence sanitaire le 11 mars. Le 4 mai, la politique de confinement et de couvre-feu très rigoureuse a laissé la place a une nouvelle phase, celle de la distanciation sociale. Cette phase devrait permettre la reprise progressive des activités publiques et privées, de manière différenciée selon la situation épidémiologique.

Cette phase de distanciation sociale se traduit par la mise en place d’un dispositif tricolore sur l’ensemble du territoire national du 4 au 31 mai 2020. Il s’agit d’un système de « signalisation » sur une base géographique, déterminant trois niveaux différents de restrictions : rouge, jaune, vert. Aux restrictions en vigueur au niveau national, s’ajoutent donc des restrictions différenciées selon la couleur adoptée au niveau local. Des protocoles de recommandations ciblées sont promulgués pour chaque secteur d’activité. L’état d’urgence sanitaire vient d’être prolongé par le gouvernement équatorien jusqu’au 15 juin.

Colombie : Confinement prolongé jusqu'au 25 mai

Le confinement décrété au niveau national le 25 mars a été à nouveau prolongé de deux semaines, jusqu'au 25 mai, avec toutefois quelques assouplissements. Le président colombien Ivan Duque se félicité du contrôle de la contagion dans son pays.

Les secteurs de la construction et de l'industrie manufacturière avaient déjà été autorisés à reprendre leurs activités, à condition de mettre en place des protocoles sanitaires. Du 11 au 25 mai, les nouveaux assouplissements concernent notamment la vente en gros de certains produits, comme les véhicules et les meubles. Les enfants de 6 à 17 ans sont désormais autorisés à sortir trois fois par semaine durant une demi-heure. Mais les personnes de plus de 70 ans, jugées population vulnérable, restent confinées jusqu'au 31 mai. Les vols commerciaux, les commerces non essentiels et l'enseignement présentiel, sont suspendus jusqu’à la fin du mois de mai.

Certaines villes comme la capitale, Bogota, où le confinement a été imposé dès le 20 mars, ont en outre mis en place des limitations de circulation par genre, les hommes pouvant sortir les jours impairs, les femmes les jours pairs.

Par ailleurs, la Colombie et le Pérou viennent de créer un comité binational Covid-19 pour protéger les populations indigènes vivant dans les zones limitrophes de la frontière commune aux deux pays en Amazonie.

Brésil : Futur épicentre de l’épidémie ?

Vendredi dernier, le ministre brésilien de la Santé, Nelson Teich, a remis sa démission, seulement un mois après son entrée en fonction, suite à des désaccords sur les mesures de lutte contre le coronavirus avec le président Jair Bolsonaro. Son prédécesseur, Luiz Henrique Mandetta avait lui aussi démissionné pour les mêmes raisons au mois d’avril.

Le président d'extrême droite, qui avait qualifié le Covid-19 de « petite grippe », minimise régulièrement l’épidémie. Il critique ouvertement les mesures de confinement décidées par les États et les municipalités pour tenter de freiner la propagation du coronavirus car il les considère ruineuses pour l'économie nationale : « Le combat contre le virus ne peut pas faire plus de dégâts que le virus lui-même ». Jair Bolsonaro a d'ailleurs encouragé les plus fidèles de ses partisans à défiler dans les rues ces dernières semaines pour protester bruyamment contre le confinement.

La démission de Nelson Teich intervient alors que le Brésil est en train de devenir l’un des principaux foyers au monde de l’épidémie de Covid-19. En effet, le pays de 210 millions d'habitants voit actuellement sa courbe de contamination du Covid-19 progresser à un rythme inquiétant. Dans de grands centres urbains comme Sao Paulo et Rio, les deux principaux foyers de contamination, mais aussi des villes du Nord-est ou d'Amazonie, comme Manaus, les unités de soins intensifs des hôpitaux sont déjà saturées alors que le pic n'est pas attendu avant plusieurs semaines. Le Brésil pourrait devenir en juin le nouvel épicentre de la pandémie de coronavirus.

L'Etat de Sao Paulo vient d’annoncer la prolongation du confinement jusqu'au 31 mai en dépit des pressions du président Jair Bolsonaro.

Bolivie : En phase de « quarantaine dynamique »

Depuis le 11 mai, la Bolivie est entrée dans la phase de « quarantaine dynamique », c’est-à-dire un confinement différencié dans chaque département du pays, en fonction de leur situation sanitaire. Toutefois, les mesures sanitaires exceptionnelles prises par les autorités dans la lutte contre la Covid-19 sont maintenues dans toutes les grandes villes, où la situation sanitaire est la plus préoccupante, jusqu’au 31 mai. Une seule personne (majeure) par famille peut sortir pour réaliser ses courses alimentaires, de 7h à 12h, tout en respectant les restrictions suivantes : Lundi (cartes d’identité terminant par 1 et 2), Mardi (cartes d’identité terminant par 3 et 4), Mercredi (cartes d’identité terminant par 5 et 6), Jeudi (cartes d’identité terminant par 7 et 8), Vendredi (cartes d’identité terminant par 9 et 0). Les sorties sont interdites les samedi et dimanche.

Jusqu’à la fin du mois, les frontières restent fermées, les transports interdépartementaux suspendus et la circulation pour tout transport public ou privé est toujours interdite.

Chili : Pas de confinement national

Il n’existe pas à ce jour de mesure de confinement national pour l’ensemble de la population mais uniquement une mesure de confinement obligatoire qui vise les personnes âgées de plus de 75 ans, en vigueur sur l’ensemble du territoire. Ce sont des mesures locales de confinement et de restriction des déplacements qui ont été adoptées. Le Chili a jusqu'à présent opté pour une stratégie de confinement sélectif face à la pandémie, le limitant aux zones les plus touchées. Un couvre-feu national, s’appliquant également sur l’Ile de Pâques, a malgré tout été instauré de 22h00 à 5h00 du matin.

Après une augmentation des cas de Covid-19, le gouvernement chilien a ordonné le confinement de toute la population de la capitale, Santiago, à partir du 15 mai.

Le Chili est le pays d'Amérique latine ayant fait subir le plus de tests (14.000 par jour et environ 200.000 au total) à sa population pour détecter les personnes atteintes par le nouveau coronavirus. Des douanes sanitaires (contrôles de santé) ont été mises en place dans les points d’accès au territoire chilien (y compris ports et aéroports) et dans l’ensemble des régions (au 14 mai, 123 postes de douanes sanitaires sont en fonctionnement). Les voyageurs doivent présenter un « passeport régional sanitaire ».

 

guillaume flor

Guillaume FLOR

Responsable de l'Édition Lepetitjournal.com de Lima au Pérou. Diplômé en Sciences de l'Information et de la Communication. Depuis plus de 20 ans hors de France : Mexique, Canada, Equateur, Costa Rica, Colombie, Brésil, Espagne et Pérou.
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