Zampoña, Quena et Charango : trois symboles de la musique andine au Pérou

Par Guillaume FLOR | Publié le 21/06/2022 à 17:13 | Mis à jour le 22/06/2022 à 11:29
Photo : © EMUFEC
Zampoña, Quena et Charango : trois symboles de la musique andine au Pérou

Alors que la France célèbre aujourd’hui (21 juin 2022) les 40 ans de la Fête de la musique, intéressons-nous à des instruments qui sont au cœur du folklore péruvien, dont la célèbre flûte de pan.

 

La zampoña, l'instrument de musique andine par excellence

Si la zampoña (ou flûte de pan) est l’instrument clé du folklore péruvien, il est d'origine andine. Il provient des pays qui composent les hauts plateaux andins : l'Argentine, la Bolivie, le Chili, l'Équateur, la Colombie et donc le Pérou. Cet instrument à vent est considéré comme l'un des plus importants et des plus représentatifs de la culture andine. Chaque région a développé sa version en fonction de ses cultures.

Son origine au Pérou remonte à la culture Huari, au 5ème siècle. À cette époque, la flûte de pan était connue sous le nom de « siku » ou « sikuri », et était faite de pierre et d'argile. Certaines études ont révélé qu'elles étaient également fabriquées à partir d'os d'animaux et d'humains. À partir du 17ème siècle, elles ont commencé à être fabriquées à partir de roseau et de bambou, des matériaux utilisés jusqu'à aujourd'hui.

La flûte de Pan est constituée d'un groupe de tubes (comme de petites flûtes) de longueurs et de diamètres différents, disposés en une ou deux rangées verticales. L'une des rangées s'appelle alors la « ira » et la deuxième rangée composée de sept tubes est connue sous le nom de « arca ». Les tubes sont maintenus en parallèle par des cordes de roseau. Ils sont ouverts à une extrémité et fermés à l'autre. En raison de la longueur de chacun de ces tubes et de la technique de soufflage, un son particulier est créé pour obtenir des mélodies incroyables.

De cet instrument musical qui fait la fierté de tous les Péruviens, il en existe de nombreuses variétés dont en voici les principales :

Zampoña antara : une seule rangée de tubes, donc plus facile à jouer.

Zampoña chuli : c'est la plus petite, sa sonorité est assez différente des autres, puisqu'elle émet un son très aigu.

Zampoña malta : c'est la plus populaire parmi les « zampoñistas ». Idéal à jouer et même à enseigner. Sa gamme de notes est parfaite pour les graves et les aigus.

Zampoña toyo : c'est la plus grande de toutes avec des notes très graves. Assez difficile à jouer, il vous faudra beaucoup plus d'air.

Zampoña sanka : elle est deux fois plus grosse que la « malta », avec un son plus profond.

Zampoña chromatique : Elle possède trois rangées de tubes. La troisième rangée permet de profiter de sons moyens que les autres flûtes de pan n'ont pas.

 

Zampoña, Quena et Charango : trois symboles de la musique andine au Pérou
© PROMPERÚ

 

La quena, un instrument ancien du folklore andin qui remonte à l'époque pré-inca

C'est l'un des instruments de musique les plus importants des Andes pour sa valeur et son mysticisme dans les cérémonies, les rituels et les célébrations. Avec plus de 5 000 ans, il est connu comme l'un des instruments à vent les plus anciens de l'histoire, puisque ses origines remontent à l'époque pré-inca. La quena, du quechua « qina », est un instrument à vent biseauté traditionnellement utilisé par les habitants des différentes communautés des Andes centrales.

L'utilisation de la quena se retrouve dans les restes de céramique des cultures pré-incas telles que Nasca ou Mochica. De là, il s'est répandu dans toute la zone centrale des Andes, où il a été joué pour adorer et rendre hommage aux divinités. De plus, c'était un symbole de fête. La quena était utilisée pour les rituels, les cérémonies et les moments importants. Une pratique que l’on retrouve aujourd'hui. La quena est synonyme de fête et de respect.

S’il existe différents types de quenas, ce sont des flûtes qui mesurent généralement 36 cm de long. Elles ont six trous d'un côté et un de l'autre. Au sommet se trouve la buse biseautée en forme de U ou de V. Habituellement, les quenas sont fabriquées à partir de bois de bambou, mais des pièces en céramique élaborées ont également été trouvées.

Selon la taille du tube de la quena, plus de 20 variétés sont connues, telles que shilo, pingollo, kenali, lawata, mahala, pinkillo, chayna, chochola, quena pusi, mama quena, bugle, phusipia, phalawata, flûte chaqallo, ph'alaata, puli puli, pusippiataica, mollo, hilawata, pink'ollo, machu quena, entre autres. Par exemple, le quenacho est l'un des plus grands, car il mesure jusqu'à 120 cm et a été créé pour atteindre les octaves musicales inférieures.

 

Zampoña, Quena et Charango : trois symboles de la musique andine au Pérou
© PROMPERÚ

 

Le charango : la guitare créole des Andes

Cet instrument chargé d'histoire et d'émotions est très particulier. Il s’agit de probablement de l'un des instruments les plus symboliques et représentatifs de la musique andine, car très utilisé en raison de sa sonorité singulière et authentique (très aigue). Étant une modification de la guitare classique, apportée par les Espagnols sur le continent, le charango aurait fait son apparition entre les 16è et 17ème siècle. Des charangos sculptés ont été trouvés dans des églises de Potosí et d'autres régions de Cusco et Puno. Vers la première moitié du 20ème siècle, cet instrument était joué aussi bien dans les régions andines que dans les grandes villes du Pérou.

Il existe différents types de charangos. Le plus connu mesure généralement jusqu'à 37 cm, mais il existe des tailles encore plus petites (walaycho ou shouter) et d'autres plus grandes (ronroco ou medium). Dans la plupart de ses présentations, le charango a cinq paires de cordes. Les tailles, le nombre de cordes, les matériaux et les bois sont en réalité très variés. En raison de sa grande valeur sonore et culturelle, cet instrument est fréquemment utilisé dans la musique folklorique péruvienne, principalement à Cusco, Ayacucho et Puno.

 

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© WaveGlobe

 

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Guillaume FLOR

Responsable de l'Édition Lepetitjournal.com de Lima au Pérou. Diplômé en Sciences de l'Information et de la Communication. Depuis plus de 20 ans hors de France : Mexique, Canada, Equateur, Costa Rica, Colombie, Brésil, Espagne et Pérou.
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