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CARAL, la plus ancienne cité d’Amérique

Par Guillaume FLOR | Publié le 21/01/2022 à 15:04 | Mis à jour le 03/02/2022 à 05:31
Photo : © PROMPERÚ
CARAL, la plus ancienne cité d’Amérique

L'Égypte antique n'a pas été le premier endroit sur terre à construire une pyramide. Il y a plus de 5.000 ans, une ancienne civilisation du Pérou en construisait des comparables, au moins 500 ans avant celles de Gizeh.

Caral est un site archéologique, vestige de l'ancienne civilisation du même nom, situé sur la côte péruvienne, dans la vallée de Supe, à 180 km au nord de Lima. Cette ancienne civilisation qui existait à cet endroit, il y a plus de 5.000 ans, est considérée comme la plus ancienne du continent américain (elle serait la deuxième plus ancienne au monde après celle de Sumer en Mésopotamie). Jusqu'à présent, les archéologues n'ont trouvé aucun autre site en Amérique qui possède des ruines de villes avec des temples, des monuments et des pyramides aussi anciennes.

À la différence des autres civilisations anciennes (Égypte, Sumer, Chine…), celle de Caral présente la caractéristique d’avoir été particulièrement isolée. Mais cela ne l'a pas empêchée de connaître un développement exceptionnel, anticipant de plus de 1.500 ans les autres cultures qui ont émergé ensuite en Mésoamérique. Et Caral n'est pas seulement la plus ancienne civilisation des Amériques, la cité possède certaines des plus anciennes pyramides dans le monde.

 

CARAL, la plus ancienne cité d’Amérique
© GFLOR

 

La construction des pyramides de Caral fait de cette civilisation un mystère

Les archéologues ont trouvé différentes pyramides de différentes tailles à Caral. On en compte sept grandes entourées de plusieurs structures plus petites, totalisant 32 bâtiments. Les bâtisseurs de l’époque ont organisé la ville en deux zones : au nord et au sud. C’est dans la zone supérieure que l’on retrouve les six plus grandes pyramides et un amphithéâtre.

La pyramide principale, en escaliers, également connue sous le nom de « Grande Pyramide », mesure 155 mètres de long, 110 mètres de large et 28 mètres de haut. Elle est accompagnée devant son escalier central d'une structure en cercle de 9 mètres de large. Chaque pyramide de Caral avait un rôle spécifique avec des utilisations différentes dans l'organisation sociale et religieuse des habitants.

Avant toute autre civilisation en Amérique, le développement des populations de cette région du centre-nord du Pérou a été précoce. Entre 3000 et 2500 avant J.C., les bâtiments pyramidaux de Caral étaient déjà en cours de construction et de rénovation, et des congrégations périodiques se tenaient sur ses places à des fins économiques, sociales et religieuses.

 

CARAL, la plus ancienne cité d’Amérique
© GFLOR

 

Une gestion transversale du territoire et des ressources

Dans le bassin de Supe, et dans les zones sous son influence, une économie complémentaire entre pêche et agriculture, articulée par le commerce, a soutenu le système social, favorisé la spécialisation du travail, l'interaction interrégionale, l'accumulation des richesses et le développement. L'échange d'anchois séchés et de crustacés contre des produits agricoles, textiles ou alimentaires, a initié une chaîne commerciale qui, bien qu'elle se soit étendue aux autres régions, a enrichi les villes côtières.

Les habitants de Supe vivaient dans des colonies, d'extension et de complexité diverses, réparties dans la vallée ; dans chacune d'elles, ils ont construit des structures architecturales, résidentielles et publiques. Certaines colonies contiennent des bâtiments monumentaux impressionnants, comme à Caral qui regroupait huit centres de population, dont la ville la plus grande et la plus complexe de l'époque, soigneusement planifiée, avec des bâtiments pyramidaux, de grandes places et divers groupes résidentiels.

 

CARAL, la plus ancienne cité d’Amérique
© GFLOR

 

Les contemporains participaient périodiquement à des activités collectives de production, qui se combinaient avec d'autres, sociales, économiques et religieuses. Ainsi, le tissu de la structure sociale se maintenait et se renforçait dans des événements périodiques : des foires ou dans un cadre festif, des cérémonies, des rites...

La religion était l'instrument utilisé par la classe dirigeante pour renforcer l'identité culturelle et la cohésion sociale. Par la religion, les autorités exerçaient à la fois un contrôle, justifiaient leurs privilèges, maintenaient l'ordre et garantissaient la reproduction du système social.

Les informations étaient enregistrées à l'aide de cordes et de nœuds. Avec la civilisation de Caral, a commencé l'utilisation du « quipu » qui a duré jusqu'à l'Empire Inca, plus de quatre mille ans plus tard. Enfin, la mesure du mouvement des étoiles était représentée dans la construction de grands géoglyphes et d'alignements de pierres, qui ont précédé les chemins de la Pampa de Nasca de plus de trois mille ans.

 

CARAL, la plus ancienne cité d’Amérique
© Alison Ruth Hughes (CC)

 

Caral, patrimoine mondial par l'UNESCO, a maintenant un musée virtuel !

L'entrée du musée virtuel, qui compte 10 salles thématiques, évoque un parcours en spirale qui symbolise un voyage dans le temps vers les origines de la civilisation, du savoir et de la sagesse ancestrale. Vous pourrez y trouver des infographies, des photos, des illustrations, des récréations, des vidéos, des audios et des diaporamas.

Selon Yoshio Cano, architecte en charge de la muséographie de Caral, « Le musée virtuel est un complément à la visite sur place de la Ville Sacrée où l’on peut apprécier la monumentalité de Caral. Avec le musée virtuel, vous avez une vue aérienne et des reconstructions 3D de ce qu'a été cette ville ».

 

 

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Guillaume FLOR

Responsable de l'Édition Lepetitjournal.com de Lima au Pérou. Diplômé en Sciences de l'Information et de la Communication. Depuis plus de 20 ans hors de France : Mexique, Canada, Equateur, Costa Rica, Colombie, Brésil, Espagne et Pérou.
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