Ruban rouge, soirée du henné, or offert aux mariés. En Turquie, superstitions et rites continuent d’accompagner de nombreux mariages, bien au-delà de la cérémonie.


Le mariage, un fait social toujours central en Turquie
En 2024, près de 570 000 mariages ont été enregistrés en Turquie, soit un taux de 6,65 unions pour 1 000 habitants selon les données officielles publiées par l’institut statistique turc (TÜİK), un chiffre qui rappelle que le mariage reste un moment largement partagé et socialement exposé.
Pourquoi ces pratiques persistent
Le mariage reste un moment très public en Turquie, qui engage non seulement deux personnes, mais aussi des familles, des cercles proches, parfois même un voisinage tout entier. Au moment de l’union, des usages continuent d’être respectés, non par croyance affirmée, mais parce que c’est ainsi que le mariage se fait.
Souvent transmis sans être expliqués, ces usages s’inscrivent dans une continuité sociale. Ils rassurent l’entourage, évitent les écarts et permettent au mariage de s’inscrire sans heurt dans un cadre où le regard des autres reste difficile à ignorer.
Le ruban rouge
Le ruban rouge noué autour de la taille de la mariée reste un usage fréquent dans de nombreux mariages en Turquie. Le geste est codifié, visible, souvent accompli par un proche, sans faire l’objet d’une explication particulière au moment de la cérémonie.
Historiquement, ce ruban a été associé à des notions de pureté, de protection ou de transmission familiale. Aujourd’hui, ces références sont rarement formulées telles quelles. Le ruban est le plus souvent maintenu comme un usage hérité, intégré au déroulement du mariage, sans que sa signification soit explicitement rappelée ni revendiquée par les couples.

La kına gecesi
La kına gecesi continue d’être organisée avant de nombreux mariages en Turquie, y compris dans des unions urbaines et contemporaines. Cette soirée, centrée autour de l’application du henné sur les mains de la future mariée, réunit généralement des proches, souvent des femmes, dans un moment qui précède immédiatement le mariage civil ou religieux.
Dans les usages, l’application du henné est liée à une forme de marquage social du passage vers le mariage : il signale que la mariée est engagée dans le processus nuptial et qu’elle change de statut aux yeux de sa famille et de son entourage. Un geste transmis et répété, intégré aux préparatifs du mariage.
Saison des mariages : la "kına gecesi" une tradition turque incontournable
L’or offert aux mariés
Lors des mariages en Turquie, il est courant que les invités offrent de l’or aux mariés, sous forme de pièces, de bracelets ou d’autres petits objets précieux, durant la célébration elle-même. Cette pratique relève d’un usage social où le métal est perçu comme une valeur sûre, immédiatement convertible, et accompagne le couple au début de sa vie commune.
Dans la pratique, les pièces ou bijoux en or sont souvent épinglés aux vêtements du couple ou remis à la fin de la cérémonie. Cette présence matérielle de l’or traduit une forme de soutien collectif, matériel autant que symbolique.
Ce rôle particulier de l’or dans les mariages turcs s’explique aussi par la place qu’il occupe plus largement dans la société : outre les cadeaux lors des événements familiaux comme les mariages, les pièces d’or restent un moyen courant de préserver de la valeur, indépendamment des fluctuations monétaires.
La tradition de l’or en Turquie
Des usages toujours présents autour du mariage
Le ruban rouge, la kına gecesi ou l’or offert aux mariés n’obéissent pas à une logique unique ni à une croyance clairement formulée. Ces pratiques perdurent dans un contexte où le mariage reste un moment collectif, visible, et largement investi par l’entourage.
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